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26 novembre 2014

A Paris, plainte contre le tortionnaire égyptien Al Sissi

Reçu par Hollande avec les honneurs, le dictateur égyptien Abdel Fatah Al Sissi n’en est pas moins visé par des plaintes pour actes de torture et barbarie.

Deux plaintes ont ainsi été déposées mercredi après-midi au Palais de Justice de Paris, alors que dans le même temps le sanguinaire chef de la dictature militaire égyptienne conférait avec son complice François Hollande à l’Elysée.

Les dirigeants français, toute honte bue, font semblant de ne pas être au courant de la terrible répression qui sévit en Egypte depuis le coup d’état de juillet 2013, et qui s’est traduite par l’assassinat de plus de 1.500 personnes désarmées et l’emprisonnement d’au moins 15.000 autres, soupçonnées de sympathie pour le seul président jamais démocratiquement élu en Egypte, Mohamed Morsi.



(Hollande a décidément un faible pour les bourreaux : après Netanyahu, Sissi)

D’ailleurs, la France ne se contente pas de donner un blanc-seing aux bourreaux du peuple égyptien. Elle en rajoute, puisque les entretiens de Sissi avec les dirigeants français portent sur la vente, à l’Egypte, de plus de 3 milliards d’euros d’armements, financés par les pétromonarchies du Golfe, Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis !

C’est pour dire non à l’impunité que MM° Gilles Devers et Hakim Chergui, ont déposé une plainte auprès du parquet de Paris, et une deuxième avec constitution de partie civile, qui entraînera mécaniquement la désignation d’un juge d’instruction.

« Nous représentons deux associations habilitées à se porter partie civile, pour le compte de deux victimes directes des agissements de Sissi, ministre de la Défense lors de la répression sanglante du coup d’Etat de l’été 2013 », a expliqué Gilles Devers, lors d’une conférence de presse devant le Palais de Justice de Paris.

Il s’agit de deux citoyens égyptiens, un avocat arrêté lors d’un sit-in pacifique Place Tahrir, et victime de sévices indescriptibles (torture à l’électricité, viol, passage à tabac …) pendant des heures, avant d’être relâché, moribond, dans les rues du Caire. Cette victime a réussi ensuite à quitter l’Egypte, et se trouve actuellement à Doha (Qatar) où elle est soignée. Le second cas concerne un homme qui, ayant reçu une balle dans le crâne, a miraculeusement survécu, et se trouve lui aussi actuellement à l’étranger, à New York en l’occurrence.



(Gilles Devers, mercredi, au Palais de Justice de Paris)

« Les plaintes désignent nommément Abdel Fatah Al Sissi, en sa qualité de ministre de la Défense, et grand ordonnateur à ce titre de la répression. Elles s’appuient sur le fait que le droit prévoit des cas où les tribunaux français ont ce qu’on appelle une ‘compétence universelle’ pour juger de crimes commis à l’étranger par des auteurs eux-mêmes étrangers, à l’encontre de victimes elles aussi étrangères », a détaillé Gilles Devers, un avocat spécialiste du droit international (on lui doit notamment plusieurs initiatives visant les crimes de guerre israéliens).

Une autre des conditions à remplir pour satisfaire aux exigences de la compétence universelle est que la personne visée se trouve sur le sol français au moment du dépôt de la plainte.

« Ce qui est le cas ce mercredi, avec la venue de Sissi à Paris, et c’est pourquoi c’est bien aujourd’hui que nous lançons la procédure », a poursuivi Gilles Devers. En outre, la compétence universelle des tribunaux français ne vaut que pour une catégorie précise de crimes, « les actes de torture et de barbarie ». Les témoignages des victimes, assistées par les associations Alliance for Freedom and Dignity (AFD) International et Voie Libre, sont de ce point de vue suffisamment accablants pour qu’on soit bien dans le champ de la loi française.

Certes, Abdel Fatah Al Sissi, qui est aujourd’hui chef d’Etat, bénéficie d’une immunité liée à sa fonction officielle, et la justice n’a pas le pouvoir de recourir à des mesures coercitives pour l’amener à répondre de ses actes. Il reprendra donc son avion sans être autrement inquiété.

Mais la lutte contre l’impunité de la clique de criminels au pouvoir en Egypte est néanmoins lancée, et elle ne s’arrêtera pas.

« Le chef de l’Etat bénéficie d’une immunité ; mais pas les autres dirigeants égyptiens impliqués dans les massacres ; et ces derniers savent désormais qu’en venant en France, ils s’exposent à une arrestation dès leur descente d’avion », a conclu Gilles Devers.

CAPJPO-EuroPalestine


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