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15 décembre 2014

Aggravation de la situation des prisonniers palestiniens : Marwan Barghouti monte au créneau

Plus de 70 prisonniers politiques palestiniens ont lancé la semaine dernière une nouvelle grève de la faim, pour alerter l’opinion sur les mesures d’isolement de plus en plus nombreuses et prolongées, et l’arbitraire le plus total des arrestations et détentions pratiquées par les bourreaux israéliens. Marwan Barghouti durcit le ton.


Nahar al-Saadi, Fahd Sawalha and Mahmoud Kleibim, font partie d’une trentaine de prisonniers maintenus en isolement dans plusieurs geôles de l’occupant, et privés de visite, rapporte l’agence de presse palestinienne Ma’an News.

En outre, l’occupant a procédé à au moins 2000 arrestations depuis cet été, kidnappant aussi bien des militants des droits de l’homme que des enfants suspectés d’avoir jeté des pierres, ainsi que d’anciens prisonniers qui avaient été libérés dans le cadre de l’échange avec le soldat israélien Gilad Shalit.

Le nombre de prisonniers palestiniens s’élève donc actuellement à quelque 7000 hommes, femmes et enfants, incarcérés en toute illégalité dans les prisons de l’occupant (interdit par la 4ème Convention de Genève).

L’AVOCATE SHIREEN ISSAWI AU MILIEU DES RATS ET DES CAFARDS



L’avocate et défenseure des droits de l’Homme Shireen Issawi, a quant à elle été kidnappée le 6 mars 2014. Elle est emprisonnée dans des conditions atroces.
Tout d’abord pendant un mois dans le centre d’interrogatoire de la prison de Jérusalem (Al-Moskobiyyeh), célèbre pour la pratique systématique de la torture, où pendant 22 jours d’affilée et durant 16 H par jour, elle a été contrainte de se tenir attachée dans des positions douloureuses qui la font encore souffrir du dos. Et une fois l’interrogatoire terminé, elle était placée en cellule d’isolement .

Les fois où elle a été transportée de la prison au tribunal par les soldats de l’Unité Nashshon, connus pour leur sadisme, elle a été attachée pendant 8 H, par les mains et les pieds à une chaise en fer dans un camion sans ventilation, privée d’eau et de toilettes.Shireen also complained of the cruel transportation from the prison to the court where she is strapped to an iron chair with hands and feet shackled for over 8 hours in a closed bus with no ventilation or access to water or a toilet whilst being taunted by the cruel soldiers of the Nashshon Unit of the occupation.

Elle a ensuite été transférée, toujours illégalement, dans la prison de Hasharon,
u milieu des rats et des cafards contaminant sa nourriture, les gardiens la privant même de ses couvertures, pour qu’elle souffre du froid.

Son crime ? Avoir défendu d’autres prisonniers en tant qu’avocate.(Plusieurs avocats ont d’ailleurs été arrêtés et détenus en même temps qu’elle, en plus de son frère Medhat.

Shireen a entamé plusieurs grèves de la faim. Des promesses delibération lui ont té faites, mais trahies.

Sa mère qui a obtenu l’autorisation de la voir pendant 20 minutes le 24 novembre dernier a indiqué qu’elle était très faible et que les gardiens lui avaient même confisqué son dentifrice.

Il parait qu’elle aurait été à nouveau transférée au centre d’interrogatoire de la Moskobiyyeh.

Le 11 décembre dernier, Shireen s’est vu décerner le prix AlKarama (Dignité) pour sa défense des droits de l’homme, lors d’une cérémonie à Genève. En son absence, ce sont ses parents Layla et Tarek Issawi qui l’ont représentée.

La répression contre les défenseurs des droits de l’Homme n’a jamais été aussi acharnée, témoignent, dans un communiqué, Lawyers for Palestinian Human Rights (LPHR) and Addameer, qui protestent également contre la peine de 9 mois et demi d’emprisonnement et de 2000 euros d’amende, qui vient d’être infligée par un tribunal militaire de l’occupant à Murad Shteiwi pour avoir participé à des manifestations non violentes à Kufr Qaddum contre le vol de terres.

Les missions diplomatiques européennes à Jérusalem et Ramallah ont eu beau protester par écrit contre ce jugement (qui prévoit en outre une peine avec sursis pour le cas où Murad Shteiwi participerait à d’autres manifestions) qui bafoue le droit élémentaire à manifester pour défendre ses droits, Netanyahou n’en a que faire.

MARWAN BARGHOUTI APPELLE A LA RÉSISTANCE

Dans ce contexte, Marwan Barghouti, placé à l’isolement pour la 23ième fois depuis son incarcération à la prison de Hadarim, a appelé à une « résistance globale et par les armes ».

Dans une lettre sortie clandestinement de sa prison, et publiée le mois dernier par le quotidien Al-Quds, le leader palestinien rend hommage à Yasser Arafat, assassiné il y a 10 ans, et cite d’autres leaders palestiniens assassinés par Israel : Ahmed Yassine du Hamas, Abou Ali Moustapha du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Khalil Wazir Abou Jihad du Fatah, Fathi Chiqaqi du Jihad islamique et Raid Karmi des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa.
« La radicalisation dans le discours politique du dirigeant palestinien pourrait s’expliquer par l’escalade de la violence à Jérusalem-Est et dans d’autres parties des territoires palestiniens occupés. "Elle peut aussi s’expliquer par le fait que le leader populaire est presque totalement passé à la trappe dans les efforts en cours du président Mahmoud Abbas pour obtenir la reconnaissance de l’État palestinien. », commente Daoud Kuttab, journaliste palestinien.

« Par son durcissement de ton, ajoute-t-il, Marwan Barghouti a pu revenir à la une des journaux et a pu rappeler à tous son statut de dirigeant tout en gagnant le soutien populaire parmi les palestiniens découragés et déprimés, et qui ne voient aucune solution politique à l’horizon.

SOURCES : Ma’an News, Addameer, www.inminds.com/caged

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine

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