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20 décembre 2014

Jérusalem-Est : Qui va arrêter le nettoyage ethnique ?

Pendant les votes pour la reconnaissance d’un Etat palestinien, Israel met les bouchées doubles concernant la démolition de maisons à Jérusalem Est, ainsi que les expulsions de Jérusalmites, et les arrestations.

Cette photo ne représente pas un quartier de Gaza mais une nouvelle démolition dans le quartier palestinien d’Issawiyeh à Jérusalem, le 1er décembre dernier :



La maison familiale d’ Ishaq Hamdan’s détruite pour la deuxième fois. (Muammar Awad / APA images)

C’est une véritable guerre que mène Israël pour faire disparaître ce quartier qui résiste depuis des années au nettoyage ethnique.

La dernière trouvaille de l’occupant a consisté à en bloquer la quasi totalité des issues, obligeant ses habitants à faire de très longs détours pour se déplacer dans Jérusalem Est. Les jeunes étudiants en dehors du quartier, mettent une heure et demie pour rejoindre leur lycée.

Mais la riposte ne s’est pas faite attendre. Les jeunes ont à leur tour bloqué le chemin qui mène de leur quartier à la colonie de Maale Adumim, gênant les allées et venues des colons, et obligeant l’armée à desserrer l’étau quelques semaines plus tard.

Depuis la longue grève de la faim, en prison, de Samer Issawi, un des leurs, habitant depuis toujours (comme son nom de famille l’indique), dans ce quartier de Issawiyeh, la résistance de la jeunesse s’est organisée de manière spontanée. Et la révolte des pierres contre l’occupant s’est intensifiée après l’assassinat du jeune Muhammad Abu Khudair, brulé vif au début juillet, puis pendant les 51 jours de massacres israéliens à Gaza.

La riposte de l’occupant s’est traduite par des tirs à balles réelles, et des châtiments collectifs à l’encontre des 20.000 habitants du quartier, à coups de gaz lacrymogènes et eaux toxiques déversées partout.

Le 6 novembre dernier la police israélienne a même attaqué au gaz lacrymogène une école pour enfants handicapés (Al-Amal).

Le 13 novembre , elle tirait sur un enfant de 11 ans, qui a perdu l’oeil gauche et subi des interventions chirurgicales pour sauver l’oeil droit.

Mais la résistance ne baisse pas les bras. Sa mobilisation a obligé Israël à suspendre son plan de construction d’une « réserve naturelle » dans le quartier de Issawiyeh. Mais la menace d’un « Parc national » sur les terres d’Issawiyeh et des villages environnants n’est pas levée.

Et une partie du quartier a déjà été expropriée pour y construire une annexe avec dortoirs pour l’université hébraïque voisine. Plusieurs maisons palestiniennes ont été démolies, et quand leurs propriétaires résistent, ou ne peuvent pas payer les amendes que la municipalité de Jérusalem leur inflige, ils sont emprisonnés.

C’est le cas de Hamdan, arrêté il y a quelques mois et condamné à un an de prison et à payer les coûts de démolition de sa maison !

Source : Budour Youssef Hassan, Palestinienne de Jérusalem occupée, pour Electronic intifada. Twitter : @Budour48 (Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

EXPULSION DE JERUSALEMITES

Le cas de Aoud al-Ghoul, Majd Darwish et Saleh Dirbas, trois jeunes Palestiniens jérusalémites, expulsés par l’occupation israélienne de leur ville natale de Jérusalem pour cinq mois, du 30 novembre 2014 au 30 avril 2015, sans la moindre raison, est un exemple de cette pratique. Ils risquent l’emprisonnement si l’un d’eux viole l’ordre reçu leur interdisant de venir dans la ville où ils sont nés et dans leurs maisons.


Les trois jeunes hommes sont des militants de premier plan dans le domaine social et des travailleurs communautaires. Al-Ghoul, coordinateur des programmes pour la jeunesse pour les Health Work Committees à Jérusalem et du réseau Kanaan des organisations de la société civile palestinienne, a récemment présenté devant le Parlement européen à Bruxelles, le 17 novembre, la situation de plus en plus répressive dans la Jérusalem occupée. Il est également intervenu en public à Intal à Bruxelles, le 18 novembre, sur la crise à Jérusalem.

Une pétition a été lancée pour demander à l’Union européenne de faire pression sur Israël pour l’annulation de cet ordre et de mettre fin à l’Accord d’association Union européenne-Israël :
https://www.change.org/p/federica-mogherini-faites-pression-sur-isra%C3%ABl-afin-que-soit-lev%C3%A9-l-ordre-d-expulsion-de-trois-palestiniens-de-j%C3%A9rusalem

Cette expulsion forcée intervient après le retrait des cartes d’identité d’élus au Conseil législatif palestinien, Mohammad Abu Tir, Ahmad Atoun, Mohammed Totah et Khaled Abu Arafah, de même que celui du droit à résidence à Jérusalem de Nadia Abu Jamal, veuve de Ghassan Abu Jamal. L’expulsion tombe aussi peu après la déclaration du Premier ministre de l’occupation, Benjamin Netanyahu, qui veut se donner les forces pour dépouiller les Palestiniens qui possèdent la citoyenneté israélienne et ceux qui possèdent la carte d’identité de Jérusalem de leur citoyenneté et de leurs droits à résidence, si eux ou leurs proches participent à la résistance à l’occupation.

ARRESTATIONS ET DETENTIONS MASSIVES

Rien que pour le mois de décembre en cours, plus de 120 Palestiniens de Jérusalem, dont 30 mineurs, ont été enlevés par les forces d’occupation israéliennes.


Actuellement plus de 35 prisonniers palestiniens sont en isolement carcéral, et 110 entament leur première semaine de grève de la faim


La mise en isolement carcéral est une politique de punition collective, décrite par les prisonniers comme une mort lente, durant laquelle ils passent de longues années isolés du monde, comme dans une tombe.

Rien ne justifiant ce châtiment, sinon la volonté d’humilier les Palestiniens de de se venger de leur résistance, de leur existence.

Ils sont répartis dans les prisons de Megiddo, Ayalon, Rimonim, Eshel et Nafha, et sont souvent incarcérés dans des sections où des criminels israéliens sont également détenus, ce qui les affecte psychologiquement tout en constituant une menace pour leur vie.



Nihad al-Saadi, de Jénine, a commencé sa grève de la faim illimitée il y a un mois, afin de demander la fin de son isolement dans la prison d’Ayalon et que soient autorisées les visites de sa mère.



Il souffre de graves problèmes de santé, et plus d’une centaine de prisonniers palestiniens dans les prisons de Nafha, d’Eshel, du Néguev et de Ramon se sont joints à sa grève de la faim en solidarité, malgré les amendes, l’interdiction des visites familiales et la suppression des allocations financières, qui leur ont été infligées par l’administration pénitentiaire.

CAPJPO-EuroPalestine


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