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20 décembre 2014

Détention au domicile : une nouvelle forme de sadisme contre les enfants palestiniens

Une nouvelle forme de traumatisme est de plus en plus utilisée par l’occupant israélien contre les enfants, notamment ceux de Jérusalem Est : la détention à domicile. L’ONG DCI (Defence Children International) présente le cas de Othman, enfermé chez lui depuis 11 mois !



Il a maintenant 15 ans. Il ne parle et ne sourit pratiquement plus.

Othman est enfermé à son domicile, dans la vieille ville de Jérusalem, depuis 11 mois, parce qu’il est soupçonné d’avoir lancé des pierres contre l’occupant. L’autorisation de retourner à l’école, accompagné par l’un de ses parents vient de lui être "accordée", en attendant qu’il comparaisse devant un tribunal militaire, à une date non déterminée.

Il a été arrêté le 25 novembre 2013, alors qu’il avait 14 ans, en même temps que son frère de 16 ans, Obaid. Des soldats ont fait "incursion" au domicile familial à l’aube, et les ont emmenés au centre d’interrogatoire et de détention de la Mascobiyya.

Obaid est toujours emprisonné 13 mois plus tard. Les deux frères ne se sont pas revus depuis.

"Je ne me suis pas tout de suite rendu compte du traumatisme subi par Othman après ses interrogatoires et son mois d’emprisonnement. Il n’en n’a pas parlé pendant plusieurs mois et c’est donc bien après les faits que nous avons appris que l’interrogatoire a été violent physiquement et qu’il a été menacé de viol. Il ne parlait pas et on ne pouvait l’aider.", raconte le père d’Othman.

Othman, n’est pas le seul dans ce cas. Selon Addameer, 26 enfants au moins ont été contraints à la détention à leur domicile, rien qu’entre juin et septembre dernier, à Jérusalem Est. La plupart avaient entre 12 et 15 ans. En général la détention au domicile était imposée pour quelques semaines, alors qu’Othman la subit depuis plus de 11 mois, dans l’angoisse de savoir ce qui l’attend et combien de temps il va devoir rester dans cette situation.

Quand un enfant est soumis à cette "détention au domicile", sa famille reçoit la visite de soldats de l’occupation deux fois par jour, à n’importe quel moment de la journée pour s’assurer que l’enfant y est bien enfermé.

Cette situation peut avoir de graves conséquences sur la santé mentale des enfants, souligne Hassan Faraj, psychologue qui travaille avec Medecins Sans Frontieres.

“La famille doit jouer le rôle de gardiens de prison, ce qui rend la situation très difficile. De plus les parents et les enfants sont constamment sur leurs gardes puisque l’armée peut débarquer à tout moment".

Dans les cas analysés par DCI, les enfants n’ont pas été inculpés de quoi que ce soit. Ils sont seulement libérés de la prison à condition d’accepter cette forme de détention.

"Dans pratiquement tous les cas, la scolarité de ces enfants est compromise en raison du traumatisme psychologique subi, de l’angoisse qui perdure et qui nuit aux facultés de concentration de l’enfant”, souligne Hassan Faraj.

Source : http://www.dci-palestine.org/documents/child-house-arrests-rise-jerusalem-clampdown

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine


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