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23 décembre 2014

Grève de 6000 travailleurs palestiniens pour dénoncer l’humiliation quotidienne

Plus de 6000 Palestiniens qui vont chaque jour travailler en Israël ont débrayé le 21 décembre, pour dénoncer les conditions humiliantes et épuisantes, qui leur sont imposées par l’occupant israélien aux checkpoints.



Les travailleurs palestiniens doivent passer 8 carrousels métalliques au checkpoint de Sha’ar Ephraim entre la Cisjordanie et Israël, December 22, 2014. (Oren Ziv/Activestills.org)

"C’est une grève d’un genre particulier qui a eu lieu ce 21 décembre aux abords de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie", rapporte Courrier International, citant le journal israélien Yediot Aharonot.

"Quelque 6 000 Palestiniens, qui passent chaque jour la frontière pour aller travailler en Israël, ont débrayé spontanément afin de protester contre "les humiliations quotidiennes qu’ils subissent au point de passage."

Sabri, un Palestinien qui travaille en Israël depuis des années raconte son quotidien : "En ce qui me concerne, quand j’arrive au point de passage, j’entre en enfer. Les gens se bousculent dans ce passage étroit comme des animaux. Ils se mettent à pousser, la pression monte et, souvent, des gens sont blessés et finissent par être emmenés à l’hôpital de Tulkarem en ambulance."

Mais c’est surtout l’attitude méprisante du personnel israélien que les grévistes entendent dénoncer. "Parfois, ils nous traitent sans une once de respect", déplore Azam. Il raconte au journaliste de Yediot avoir dû attendre que des employées terminent de discuter entre elles pour pouvoir passer le contrôle, et que des Palestiniens qui s’impatientaient se sont vu répondre : "Fermez-la !"

Le mouvement de grève s’est déclenché spontanément, ce dimanche. "Je n’ai vu personne s’y opposer, raconte un Palestinien. Nous avons tourné les talons et nous sommes rentrés chez nous."


"Les 1 à 2 H passées à traverser ce checkpoint, sont plus pénibles que toute la journée de travail", déclare l’un des travailleurs au magazine israélien en ligne 972mag.com

"Les milliers de Palestiniens de Tulkarem, Naplouse et Jénine qui franchissent chaque jour à l’aube ce barrage militaire, avec un air hagard, souriaient le lendemain de leur débrayage, avec un sentiment éclatant de victoire : les soldats les traitaient soudainement autrement, affichant même du respect pour les femmes et les personnes âgées", rapporte le journaliste de 97mag sur place le 22 décembre. Et le tourniquet pour une fois fonctionnait normalement :

"Vous voyez, souligne un Palestinien : "si c’était comme cela tous les jours, nous pourrions nous lever à 4 H ou 5 H du matin, au lieu de 2ou 3 H. Vous imaginez la différence ?"

Ceci n’est pourtant pas la première grève pour protester contre ce traitement. Cela fait des années que les Palestiniens sont soumis à ce régime brutal et humiliant. Et quand il y a une amélioration après de massives protestations, elle ne dure guère très longtemps, souligne la rédaction du magazine israélien.

“Nous travaillons toute la journée, rentrons tard chez nous le soir, sans pouvoir voir nos enfants endormis et nous nous réveillons à 2 ou 3 H du matin pour faire la queue au checkpoint", indique l’un des grévistes sans vouloir donner son nom car la veille, un Palestinien de Béthléem ayant donné une interview à une chaîne de Télévision israélienne (Channel 1) a été licencié de son travail à Jérusalem.

Alors que des centaines de milliers de colons israéliens peuvent rentrer en Cisjordanie occupée, et en sortir, tous les jours, sans le moindre contrôle, 40.000 travailleurs palestiniens, ayant obtenu un permis pour travailler en Israël, subissent quotidiennement ce sort.

Ce checkpoint, opéré par une compagnie privée "Blanche neige" !) sous la supervision du Ministère israélien de la défense, est un scandale permanent, et personne ne dit rien !

“Les soldats insultent les personnes âgées, retardent arbitrairement pendant une heure ou plus certaines personnes, sans la moindre raison. Quand vous arrivez vers l’officier, elle décide d’aller se recoiffer, puis elle est occupée au téléphone. Et vous êtes coincé là. Et tout d’un coup, au moment où le rush est à son maximum, ils décident un changement d’équipes, et tout le monde doit attendre."

“Le vendredi, c’est encore pire. Le checkpoint n’ouvre qu’à 5 H du matin, et les travailleurs attendent encore plus longtemps, et ne savent jamais combien de temps cela va durer. Ils s’énervent, se disputent et parfois des personnes sont blessées.
Les ambulances palestiniennes postées à l’extérieur, embarquent au moins une personne par jour à l’hôpital. Il y a même des personnes qui sont mortes dans la file d’attente"
, témoigne le journaliste.

“Et pourtant, chacun de ces travailleurs, a d’abord subi une longue enquête de la part des services de renseignements israéliens, pour pouvoir obtenir un permis de travail en israël. Alors pourquoi en rajouter avec chaque jour de nouvelles trouvailles : vérification d’identité biométrique, fouille des sacs, fouilles corporelles, et tout le reste...", demande Rachel Afek, qui fait partie de "Machsom Watch" (Femmes israéliennes qui font une veille aux checkpoints pour tenter de dissuader encore plus de violence de la part de l’armée d’occupation).

La rédaction de 972.mag indique en conclusion que ni "Blanche Neige", la compagnie de sécurité privée, ni le ministère israélien de la défense, n’ont voulu répondre à leurs questions.

Sources :

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine


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