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1er janvier 2015

Les Palestiniens chrétiens résistent contre l’apartheid israélien

Ben White, dans un article publié par Middle East Monitor, analyse la résistance des Palestiniens chrétiens à l’occupation et à l’apartheid israéliens.

La propagande israélienne, quand elle n’essaie pas d’occulter l’existence de Palestiniens chrétiens, tente d’utiliser ces derniers pour faire croire à un conflit entre eux et les palestiniens musulmans.

Ben White montre comment les Palestiniens chrétiens démentent, par leurs actes, cette propagande mensongère et donne les 3 exemples suivants :


"Le premier : ils sont en train de revenir, et ils essaient de défendre leurs terres – en Galilée et en Cisjordanie. En 1948, Iqrit – près de la frontière libanaise – a été ethniquement nettoyée par les forces israéliennes, ses habitants ont promis qu’ils reviendraient. Cette promesse n’a jamais pu être tenue, et leurs maisons ont été démolies.

Depuis les années soixante-dix, les villageois déplacés « ont recommencé à célébrer leurs cérémonies religieuses dans leurs églises tout en vivant un exil forcé » – et en 2012, « un groupe de jeunes d’Iqrit a pris les choses en main en lançant une action permanente, vivant à l’intérieur de l’église du village. »

Et ce n’est pas que la jeunesse d’Iqrit : en avril, une famille palestinienne chrétienne a tenté de célébrer un baptême dans une église d’al-Bassa, « qui est aujourd’hui la zone industrielle dans le nord de la ville juive de Shlomi », « Nous avons été attaqués par les résidents juifs. Le maire de Shlomi, Gabi Naaman, a présenté cette tentative de baptême pour restaurer et utiliser l’église comme une “intrusion illégale” ».

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Au même moment, à Beit Jala, dans la grande agglomération de Bethléhem, les Palestiniens chrétiens du lieu étaient à l’avant-garde des efforts pour protester contre la politique israélienne de confiscation des terres, notamment en célébrant une messe hebdomadaire sur le site menacé.

Deuxième exemple : les Palestiniens chrétiens de citoyenneté israélienne ont résisté aux efforts renouvelés de l’État pour leur fragmentation et leur division, étant, en tant qu’ « Arabes chrétiens », désignés pour être enrôlés dans l’armée.

Il y a quelques jours seulement, le Premier ministre Netanyahu s’est rendu dans la Haute Nazareth (une ville à majorité juive construite sur les terres expropriées de Nazareth) pour assister au Forum israélien pour le recrutement des chrétiens, un groupe dirigé par le père Gabriel Nadaf.

Plus tôt dans l’année, des représentants d’institutions nationales orthodoxes dénonçaient les tentatives visant à recruter des Palestiniens dans l’armée israélienne, et ils ont insisté sur le fait que « ceux qui appelaient au recrutement et encourageaient la jeunesse chrétienne à rejoindre l’armée d’occupation ne représentaient pas l’église et ne représentaient pas les chrétiens dont la majorité rejette le recrutement militaire dans sa totalité. »

C’est la jeunesse palestinienne en général qui s’est impliquée dans la résistance à la conscription et au service national, un militantisme qui provoqua des mesures répressives de la part de l’État – dont des assignations à résidence pour des messages sur les médias sociaux.

Troisième exemple : les Palestiniens chrétiens se sont aussi impliqués dans l’élaboration de réponses théologiques à l’occupation israélienne, à la fois pour leurs propres communautés, et aussi comme moyen pour communiquer avec les chrétiens d’Occident.

Un exemple frappant en est le document Kairos Palestine, une oeuvre de dirigeants, membres du clergé et théologiens locaux, qui s’adresse aux Palestiniens, aux Israéliens, « frères et sœurs chrétiens dans l’Église à travers le monde », dans un appel à la solidarité.

Kairos Palestine a récemment commémoré le cinquième anniversaire de son lancement par une conférence à Bethléhem, avec, parmi les thèmes, la théologie, un plaidoyer, le travail de la jeunesse, la résistance populaire, le tourisme/pèlerinage, et la solidarité.

Et puis, il y a aussi le travail mené depuis très longtemps par Sabeel, Centre œcuménique de théologie de la libération, et plus récemment, et par l’Église évangélique occidentale, avec la conférence Le Christ au Check-point. Le premier a été établi autour du travail du théologien palestinien Naim Ateek, tandis que la seconde est dirigée et façonnée par le jeune universitaire palestinien chrétien Munther Isaac.

Qu’il s’agisse de chercher à revenir sur leurs terres ou de la préserver de la colonisation sioniste, de résister aux tentatives de diviser et conquérir, ou de déclarer leur résistance communale dans une théologie contextualisée, les Palestiniens répondent à la « crise » de l’apartheid israélien par une myriade de manières. Ainsi ils mettent en évidence à la fois la malhonnêteté de la propagande du lobby pro-Israël, et la véritable nature de la politique israélienne qui considère tant les Palestiniens musulmans que les Palestiniens chrétiens comme une même population colonisée, destinée à être contrôlée, parquée, ou expulsée."

https://www.middleeastmonitor.com/articles/debate/15914-in-the-fight-against-apartheid-christian-palestinians-defy-israels-propaganda

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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