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4 janvier 2015

RWANDA : Israël aussi (et pas seulement la France) a armé les génocideurs

Il n’y a pas que les dirigeants français : Israël aussi a fourni des armes, en 1994, aux auteurs du génocide du Rwanda, au cours duquel près d’un million d’êtres humains, principalement de la minorité Tutsi du pays, ont été massacrés.

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Pour voir ce crime officiellement reconnu, et ses responsables poursuivis, un groupe de citoyens israéliens ont engagé une procédure judiciaire, demandant l’ouverture des archives de l’Etat sur cette affaire, rapporte le quotidien Haaretz.

Les plaignants, dont l’universitaire Yair Auron est le porte-parole, ont été révoltés quand ils ont appris que leur pays –qui prétend incarner la mémoire des 6 millions de juifs victimes du génocide nazi- avait participé au génocide du Rwanda, en vendant des armes au Hutus extrémistes.

Le journaliste du Haaretz Uri Misgav, qui a assisté à une première audience où il était le seul représentant de la presse, rappelle d’abord à ses lecteurs que le génocide du Rwanda a fait près d’un million de victimes en moins de 100 jours, au printemps 1994, ce qui en fait probablement le génocide le plus expéditif de l’histoire humaine. Même les nazis, avec leurs méthodes industrielles, n’avaient pas atteint un tel « rendement quotidien », constate-t-il.

L’implication israélienne dans la tragédie du Rwanda n’est pas un secret absolu : des citoyens israéliens s’étant rendus sur place à l’été 1994 (dans le cadre, ô ironie macabre, de l’installation d’un hôpital pour soigner les survivants !) avaient déjà évoqué la fourniture d’armes aux tueurs ; il s’agissait, notamment, de munitions de calibre 5.56 mm, de fusils et de grenades, prélevés sur des stocks d’armes pris aux armées égyptienne ou syrienne –et donc vraisemblablement de fabrication soviétique, histoire de gêner la traçabilité de leur provenance - lors de la guerre arabo-israélienne d’octobre 1973.

En outre –et c’est ce qui a permis au Pr Auron et à ses amis d’avoir de premiers éléments pour le dépôt de leur requête-, il y a quelques traces documentées de la participation israélienne. En particulier, les déclarations d’un marchand d’armes –dont le nom n’est pas mentionné- se vantant d’avoir eu un rôle au final …. humanitaire ! « Mourir d’une balle dans la tête est quand même moins douloureux que de se faire tuer à coups de machette », déclare ce sinistre personnage dans un document retrouvé par les plaignants.

ET RABIN ? ET PERES ?

A cette époque, Israël était dirigé par Yitzhak Rabin, à la fois chef du gouvernement et ministre de la Défense, tandis que Shimon Peres était son ministre des Affaires étrangères.

Co-titulaire (avec Shimon Peres et Yasser Arafat) du Prix Nobel de la Paix pour avoir conclu en 1993 les « accords d’Oslo ». Rabin a été abattu en 1995 par un extrémiste juif, et il est devenu depuis ce temps une icône intouchable, tant en Israël qu’à l’étranger. Shimon Peres, lui, a exercé ses « talents », contre le peuple palestinien, jusqu’à une date très récente, comme Président d’Israël en dernier lieu. Il est aujourd’hui âgé de 91 ans et continue de servir sur le front diplomatique.

Selon le Professeur Auron, il y a une évidence : il est strictement impossible que les armes livrées aux tueurs rwandais aient pu être expédiées à l’insu et sans le consentement de Rabin et Peres.

Mais comment en rapporter la preuve ? C’est tout le sens de la demande faite au tribunal d’ordonner l’ouverture des archives.

En théorie, dans un Etat prétendument démocratique comme se targue de l’être Israël, c’est possible, puisqu’il y des dispositions prévoyant le droit à l’information des citoyens (en Israël : la Loi sur la Liberté de l’Information).

Sauf que ladite loi ménage aussi la possibilité de verrouiller le système, et à l’Etat de garder ses sanglants secrets quand la divulgation de certains documents « met en danger la sécurité nationale ». Ce tour de passe-passe est bien connu dans un pays lui aussi « démocratique » comme la France, où les avocats de victimes du génocide rwandais se heurtent souvent au « secret défense » qui leur est opposé.

C’est bien entendu ce qu’ont plaidé au tribunal les représentants de l’Etat israélien (ministère de la Défense, Agence de contrôle des exportations d’armes). La juge de Tel-Aviv qui siégeait leur a donné raison.

Yair Auron ne lâche pas pour autant le morceau et il va faire recours devant la Cour Suprême. Il prépare parallèlement une deuxième requête, concernant cette fois le viol, par Israël, de l’embargo sur les exportations d’armes vers l’ex-Yougoslavie, dans les années 1990 également, quand des trafiquants israéliens avaient abondamment fourni la Serbie, et ainsi prêté la main au massacre de milliers de civils en Bosnie-Herzégovine. A suivre donc.

Source : http://www.haaretz.com/news/features/.premium-1.635058

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