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13 janvier 2015

A lire : l’éditorial de Radio-Campus (Lille)

Nous reproduisons ci-dessous un éditorial de Radio-Campus (Lille) remettant quelques pendules à l’heure.

CE MERCREDI 14 JANVIER 2015

A 18H30

C’EST « L’HEURE DE L’METTRE »

Sur RADIO CAMPUS Lille 106,6

En direct et en archives sur www.campuslille.com

Et donc, le peuple existe. On ne peut s’empêcher de penser au frisson qui a du parcourir la brochette de terroristes en costard cravate, ceux du premier rang, lorsqu’ils ont pu mesurer cela : le peuple existe. Ils se sont rassurés, en considérant bien froidement que cette foule était sous contrôle.

La mobilisation de dimanche a désormais quelque chose de sacré, c’est-à-dire d’inopérant. Ce fut un grand moment émotionnel, c’est-à-dire manipulable. On a vu défiler une contradiction majeure : celle d’une foule émue, œcuménique, en attente de paix et de mieux-vivre, défilant derrière les diviseurs en chef de l’Humanité. Comme si l’on pouvait combattre les conséquences en s’en remettant à leur cause.

Et voici les discours du lundi et les signaux du futur : encore plus de guerre, encore plus d’austérité, encore plus de discours colonial et infantilisant envers les dominés. La sacralisation de la liberté d’expression, alors que nous sommes toujours plus bâillonnés. Souvenez-vous, quand Gaza était soumise à cette campagne terroriste innommable, qu’il nous était interdit de manifester… La liberté d’expression, c’est celle du Capital, autorisé à exprimer de toutes les manières son pouvoir, avec des medias aux ordres, des télés abrutissantes, la publicité omniprésente, et qui plongent les peuples dans l’hébétude, le marasme, le dégoût de soi et l’incompréhension du monde.

La République invoquée est une chimère pour tous ceux qui n’ont plus de raison de se battre, aujourd’hui que le boulot manque, ou que le boulot assomme, et que tant de gamins sont livrés à eux-mêmes dans ce tourbillon où les seuls qui ont leur place sont ceux qui ont l’argent. La République, sous le règne de la Marchandise, c’est du bluff, ça ne marche pas, on n’apprend pas la liberté sous les fourches du Marché… Elle est invoquée, la République, laïque, comme une divinité, mais c’est la grande absente pour tous, le totem des seuls bourgeois, le sacré de l’élite, pareil que leur Europe. Et nous on voit tout partir en sucette. On n’y croit pas, désolés…

S’il fallait combattre ce mal qui ronge le pays de Charlie, il faudrait d’urgence construire une autre société, avec de l’espoir et de l’égalité, il faudrait fermer le bec de cet oiseau de malheur qui depuis trop longtemps nous caquette qu’il faut se serrer la ceinture, abandonner la lutte, rentrer dans le rang, se soumettre. Il faudra faire le lien, immédiat, radical, entre la destruction méthodique de ce qui fait corps entre nous, les exploités, et le fascisme qui vient, qu’il soit blonde ou barbu. C’est le même.

S’il fallait combattre l’obscure folie qui avance, il faudrait de toute urgence condamner les dingues et les cyniques, les profiteurs et les calculateurs, ceux-là même qui, au nom ô combien bradé des « droits de l’homme » et de la « démocratie » ont porté la guerre, la désolation et la réaction, sur ces terres inconnues du grand public. Inconnues parce qu’aux heures de grande écoute il n’est pas question de cette famille afghane décimée, de ces enfants irakiens assassinés, du résistant palestinien n’existant que sous le manteau du « terroriste ».

S’il fallait. Il faudrait crier haut et fort que le chômeur musulman, l’ouvrier musulman, l’employé musulman, la femme de ménage musulmane, la lycéenne musulmane, n’ont pas à s’excuser, n’ont pas à se justifier. Il faudrait juste se débarrasser au plus vite de ceux qui ont armé le bras des fanatiques, ceux qui les ont fabriqués, en détruisant la Libye, en détruisant la Syrie, en détruisant l’Irak, avec pour seule invocation ce mensonge ravageur qui tient dans une petite fiole, et pour seul objectif la domination du Pognon sur tous les peuples.

S’il fallait, il faudrait en revenir à cette juste cause de la lutte de classe, même quand l’oppresseur porte le masque de la liberté et l’opprimé, parfois, celui de la religion. Sortir de la version officielle. Sortir aussi de cette paranoïa de confort qui voit du complot partout et qui n’est que paresse de la cervelle embrumée. Voir que ce qui se passe a un sens, et que le voir c’est faire un effort, et voir après que ce qui vient peut être mieux. Se battre enfin.

Alors, tant que c’est permis, ce mercredi, ce sera l’heure de l’mettre. C’est ça le blasphème, le vrai…

(Nous évoquerons, avec elles, le voyage qu’ont effectué Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach, dans un laboratoire de l’OTAN où nos dirigeants soutiennent le nazisme dans sa version cette fois imberbe. Une tournée française de résistants ukrainiens au fascisme (OTAN, UE, Fabius, etc…) succédera à ce voyage. Les infos sont quelque part par-là : https://histoireetsociete.wordpress.com/. Cherchez.)

"l’heure de l’mettre"
radio campus lille 106,6
en direct sur www.campuslille.com

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