Adhésions et dons       CAPJPO-EuroPalestine en faits       Contact 
Vidéos
21 janvier 2015

Tribune d’un Français d’origine algérienne aux Français de toutes origines.

Nous reproduisons ci-dessous la tribune de Ramid Lamrani, publiée sur Médiapart, qui s’adresse aux pouvoirs publics, pour le cas où ils voudraient véritablement s’attaquer aux causes du développement du terrorisme djihadiste en France.

D’un français d’origine algérienne aux français de toutes origines.

21 janvier 2015 | Par Ramid LAMRANI

Notre pays vient de vivre un événement dramatique qui a eu un retentissement international. Il a soulevé notre indignation quasi unanime et fait descendre dans les rues, d’un seul élan, dans un seul mouvement, 4 millions d’entre nous. 4 millions de personnes de tous âges, de toutes origines, confessions et convictions. Une manifestation, un rassemblement, d’une ampleur inconnue depuis près de 70 ans.
Dix-sept de nos compatriotes ont été froidement assassinés. Les commanditaires de ces assassinats, théoriciens, organisateurs et financeurs d’Al Qaïda et ou Daech, fomentent des attentats exécutés par des esprits conditionnés au fanatisme, avec un objectif évident, dynamiter notre cohésion sociale déjà malmenée par la stigmatisation de l’immigration et l’islamophobie ambiante. Et en recherchant, dans les pays musulmans, l’assentiment sinon le soutien des croyants qui ont vu dans les caricatures un blasphème inacceptable.

Pour atteindre cet objectif ce dernier attentat visait deux grands symboles, particuliers à notre République et rarement réunis dans les démocraties.

La liberté d’expression tout d’abord avec les exécutions des dessinateurs, journalistes et collaborateurs de Charlie Hebdo. Liberté d’expression particulière à notre pays (hormis l’Alsace Moselle où l’exception du concordat fait tomber le « blasphème » sous le coup de la loi), et profondément ancrée dans les gènes de notre république.
Laïcité ensuite. Notre spécificité. Conquise de haute lutte à la fin du siècle dernier et inscrite dans la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’État. Une barrière entre le temporel et le spirituel. Laïcité revendiquée par les dessinateurs et journalistes assassinés qui, il faut le dire et répéter, n’épargnent personne dans leurs caricatures.

On peut mettre en doute, s’interroger sur l’impartialité dans le traitement des croyances et religions. Cela peut déplaire, heurter les convictions, blesser les sensibilités, mais il faut l’accepter ou le dénoncer devant les tribunaux.

L’objectif : dynamiter la cohésion sociale.

Dans les attentats de ces dernières années, nos concitoyens de confession juive sont systématiquement ciblés. C’est encore le cas dans la prise d’otage de la supérette casher de la porte de Vincennes et les quatre assassinats.

Les commanditaires tentent de récupérer et importer sur le territoire national le conflit israélo palestinien qui empoisonne depuis des décennies le Moyen Orient.
Les populations musulmane et juive françaises sont les plus importantes d’Europe. Les instances représentatives des français de confession juive donnent la plupart du temps le sentiment de faire corps derrière la politique d’occupation et de spoliation des gouvernements israéliens. Les voix discordantes des militants israéliens pour la paix, en France comme en Israël sont étouffées ou inaudibles. La population de confession ou « d’origine » musulmane soutient dans une écrasante majorité le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même, donc d’un État indépendant et viable dans des frontières sûres et reconnues.

Deux visions, deux positions politiques opposées, que l’on veut réduire à l’expression exclusive de deux parties du corps social. Deux « communautés » que l’on cherche à opposer, que l’on voudrait voir s’affronter.

Prenons garde à ne pas tomber dans le piège de la confessionnalisation de ces désaccords profonds. Refusons les tentatives de réduire à de l’antisémitisme et/ou a du soutien au terrorisme la dénonciation légitime des crimes, spoliations et
humiliations commis contre les Palestiniens.

Les français musulmans ne sont pas des agresseurs de juifs français. Si c’était le cas la conflagration aurait déjà lieu à la grande satisfaction de ceux qui tentent d’allumer l’incendie.

Je dirai ici à un ancien collègue, ex dirigeant dans un grand groupe de communication, qui se reconnaitra peut-être si d’aventure il lit ces lignes : « Te souviens-tu de ce séminaire de négociation, il y a de très nombreuses années dans un village d’Ile-de-France ? Nous avions abordé la situation au Proche-Orient. Je te disais alors que les humiliations que subissaient les Palestiniens engendreraient inéluctablement la haine et le désir de vengeance chez leurs enfants. Développeraient le ressentiment des populations musulmanes, où qu’elles soient. Et que, si Israël poursuivait cette politique, les années et décennies, qui allaient suivre s’annonçaient noires condamnées à la surenchère entre actes de violence d’un côté, provocations et actions punitives démesurées de l’autre ».

Une lumière vacillante est apparue avec les accords d’Oslo, vite soufflée et éteinte par les tenants du jusqu’au-boutisme qui foulent aux pieds les résolutions de la communauté internationale.

Les peuples qui luttent pour leur indépendance, finissent toujours par l’obtenir, même au prix des pires sacrifices et désolations, même s’ils n’y gagnent pas toujours leur liberté.

Mais il n’y a pas de liberté sans indépendance. Comment peut-on prétendre porter l’étendard de l’une en rejetant l’autre ?

Il est temps que cela prenne fin. C’est le préalable à l’apaisement des esprits et à l’espoir d’un début de résolution des conflits qui se nourrissent de, ou exploitent, cette situation. L’injustice vécue ou le sentiment ressenti du « deux poids, deux mesures » dans les relations internationales est un terreau fertile.

Des tentatives d’amalgame entre français musulmans et terroristes sont simples, simplistes, dangereuses.

On entend depuis quelque temps déjà des voix s’élever parmi le personnel politique et médiatique ainsi que chez certains intellectuels, pour interpeler, voire condamner, la « communauté » musulmane et l’enjoindre de clamer haut et fort qu’elle se désolidarise des auteurs des attentats. Qu’elle accepte les lois de la République.

Qu’elle se désolidarise. Le mot est insidieux. Il sous-entend qu’il y a au préalable solidarité. On ne peut se désolidariser que de quelque chose dont on est solidaire. L’injonction, est inacceptable. Voudrait-on dire que 5 à 6 millions de français que l’on qualifie d’autorité de « communauté musulmane » sont par nature solidaires d’assassins ?

On stigmatise les français musulmans en prétextant qu’ils sont communautarisés et on leur reproche en même temps de ne pas s’exprimer en tant que communauté. Trouvez l’erreur.
Y-a-t-il une communauté musulmane en France ? Une population d’origine, de culture ou de confession musulmane, certes oui. Un communautarisme musulman, non.
Faute d’instances laïques représentatives, dont j’imagine que la majorité de celles et ceux d’origine de pays musulmans ne veulent pas, doit on arborer sur la poitrine un croissant jaune sous « Je suis Charlie » pour être visible et clamer « je suis musulman, j’abhorre le terrorisme et le fondamentalisme et j’adhère aux lois de la République » ? Ou doit-on, comme cela a été le cas pour les algériens jusqu’à leur indépendance, détenir des cartes d’identité portant la mention « Français musulman » et introduire un statut spécial de « citoyen de seconde zone » pour satisfaire les nostalgiques de l’Algérie française ?

Les musulmans premières cibles et victimes du terrorisme. Pas en France.
Faut-il rappeler que les premières victimes sont musulmanes ? Syrie, Irak, Afghanistan, Pakistan, Lybie, Nigeria, Somalie, Soudan… la litanie sinistre des victimes s’allonge jour après jour.

Pourtant en France les musulmans, en tant que tels, sont épargnés par les attentats terroristes. Sauf lorsqu’ils sont le symbole d’un des pouvoirs régaliens de l’État, comme à Montauban et Toulouse il y a bientôt 3 ans. La composante musulmane de la population, déjà stigmatisée et suspectée de soutien au terrorisme, est épargnée. Elle est donc de facto complice (…si ce n’est toi, c’est donc ton frère ou quelqu’un des tiens…). La ficelle est grosse, les spécialistes de l’agitation et de la provocation la maîtrise.

En Algérie 200 000 morts pendant la décennie noire. Attentats aveugles et exécutions ciblées se sont succédé contre les intellectuels, les journalistes, les artistes, les représentants des forces de l’ordre, les simples citoyens... . Mais la population, dans sa grande majorité, notamment les femmes, a résisté et mis en échec la stratégie de déstabilisation, par l’endoctrinement sectaire et l’effroi. Stratégie pensée par des idéologues se revendiquant de l’Islam et financée par leurs soutiens des petro monarchies, pour faire aboutir leurs ambitions politiques.

Le parallèle entre l’Algérie des années « pré sanguinaires » et la France est inévitable et instructif.

Ne perdons pas de vue que l’offensive « islamiste » en Algérie coïncide avec la chute du mur de Berlin. La stratégie américaine des années Reagan d’anéantissement de l’URSS par l’épuisement de ses ressources financières, notamment en tarissant durablement ses revenus tirés des hydrocarbures a eu des conséquences désastreuses pour un pays comme l’Algérie. La chute des cours du pétrole a contraint les pouvoirs publics à abandonner les services de base apportés à la population.
La nature a horreur du vide. Dans l’espace délaissé, se sont engouffrés les financeurs d’un Islam rigoriste auquel l’arabisation à marche forcée de l’enseignement a ouvert grand les portes. Faute d’enseignants arabisants autochtones qualifiés, l’Algérie a importé à partir des années 1970 des prédicateurs qui ont eu le temps de travailler le terrain dans les écoles et mosquées, d’organiser des réseaux caritatifs et de s’attirer la sympathie et le soutien d’une partie de la population en comblant les carences sociales d’un État affaibli. Ensuite, de saisir l’opportunité des premières élections libres pour tenter de renverser le pouvoir par les urnes.

L’Algérie était devenue alors le maillon faible d’un Maghreb étroitement contrôlé dans les pays voisins par les pouvoirs en place (monarchies, dictatures). Sa position géo stratégique aurait rapidement entraîné la chute des régimes à l’est, à l’ouest et sans aucun doute au sud.

Est-ce que le pouvoir politique français entre 1990 à 1994 était conscient du risque de bouleversement au sud de la méditerranée ? Est-ce que l’analyse de la situation a été menée avec sérieux ?

En dépit du bon sens nous avons, avec principalement l’Angleterre, l’Allemagne et les USA, accueilli et servi de base arrière aux terroristes. Jusqu’au détournement de l’Airbus d’Air France au départ d’Alger en décembre 1994 et les attentats sanglants à Paris en 1995.

Revenons au parallèle entre les situations.
Une grave faute politique et sociologique a été commise.
Dès la décennie 1970, les cités de banlieues ont concentré les familles issues de l’immigration maghrébine. L’autorité revient au père qui la tient de la tradition mais également de sa capacité à assumer économiquement la vie familiale. Le respect des institutions et les études dans les écoles de la République sont l’alpha et l’oméga, avant la pratique de la religion qui est un acte de foi personnel. La réussite scolaire et les diplômes sont vécus comme une fierté et une garantie d’accès au marché du travail et à l’ascenseur social.

À partir du début des années 80, la précarisation économique de la classe ouvrière à laquelle appartient l’immigration bouleverse l’équilibre traditionnel de la structure familiale. La classique contestation générationnelle, amplifiée par la paupérisation et la fracture numérique, finit par mettre à bas l’édifice construit sur un système de valeurs où dominaient le respect de l’autorité du père et des institutions.

Les pouvoirs publics, par manque de vision politique et d’analyse sociologique ont déserté depuis longtemps les banlieues, les quartiers, où l’on a concentré dans des cités des populations de plus en plus démunies. Ils ont cru acheter une relative paix sociale en laissant des jeunes, discriminés et privés d’accès au marché du travail, développer et vivre d’une économie souterraine et délictueuse qui mène cependant beaucoup d’entre eux entre les murs des prisons.

La visibilité et l’exemplarité de nos parcours professionnels est limitée à nos proches.
Nous sommes pourtant nombreuses et nombreux à être parvenus à trouver un emploi, à occuper des postes dans tous les métiers, toutes les fonctions, à tous les niveaux de responsabilité dans tous les secteurs d’activité économique, des grands groupes internationaux aux PME, les administrations, la santé, la justice, la police, l’armée, la culture… à créer et développer des entreprises, à nous impliquer dans des partis sur tout l’échiquier politique, à accéder à des responsabilités d’élu(e)s. Mais nous avons disparu du radar des banlieues pour nous fondre dans les zones d’habitation et les modes de vie de la classe moyenne française. Pas pour y former une 5ème colonne comme certains illuminés tentent de le faire accroire.

Malheureusement, le contre-exemple immédiatement visible sont ces nombreux jeunes des banlieues et cités qui, diplômés de l’enseignement supérieur (au masculin car les filles, à diplôme équivalent, n’éprouvent guère de difficultés à intégrer le marché de l‘emploi), ne parviennent pour les plus solides d’entre eux qu’à subsister de petits boulots en espérant une convocation à un entretien de recrutement, pour les autres accepter de vivre d’expédients. Preuve pour certains que les études ne mènent à rien, que la France les rejette, qu’il est plus simple et lucratif d’organiser des petits trafics. Ils recherchent alors une appartenance à une identité fantasmée dans le discours radical et dévoyé d’imams importés, aujourd’hui accessible sur internet, ou deviennent perméables au prosélytisme dans l’univers carcéral.

Les foyers allumés que l’on pensait circonscrits aux « quartiers » s’étendent et produisent des métastases. Des bourgs paisibles de province sont touchés. Nous découvrons que près du quart des « djihadistes » sont des jeunes français de souche appartenant souvent aux couches sociales moyennes.

Le gouvernement doit bien sûr tout faire pour prévenir les malheureusement probables tentatives d’attentats et démanteler les réseaux terroristes. En prenant cependant garde de préserver nos valeurs démocratiques et républicaines et ne pas dériver vers un État policier.

Mais cela sera insuffisant si l’État ne réinvestit pas les quartiers en reconstruisant le maillage social, en redonnant un rôle central à l’éducation, avec de véritables moyens pour le corps enseignant, en ouvrant de réelles perspectives à une jeunesse paumée.
C’est un combat qui s’inscrit dans la durée et qui nécessite aussi le soutien de tous.
Il est également impératif de délivrer un message clair à l’ensemble du pays. Quitte à provoquer un débat qui in fine peut s’avérer salutaire. Les français musulmans sont des citoyens comme les autres. Avec les mêmes devoirs et les mêmes droits, dont celui de pratiquer leur culte dans des conditions décentes.

De tout temps, les États agresseurs ont manipulé les opinions publiques afin de les mobiliser derrière leurs actions guerrières.
Dans ce domaine les constructions sophistiquées, vont jusqu’au ridicule. Nous nous souvenons tous de la présentation hallucinante au siège de l’ONU par Colin Powell des » preuves » de la détention par Saddam Hussein d’un armement de destruction massive. L’administration Bush est passée outre l’opposition de nombreux pays et de plusieurs membres du conseil de sécurité, chacun a encore en tête la position de Jacques Chirac et le discours remarquable de Dominique de Villepin à la tribune de l’ONU), et, avec le soutien massif de son opinion publique, a lancé ses troupes à l’assaut de l’Irak, détruisant les structures d’un État dictatorial mais laïque, ouvrant ainsi la boite de Pandore. On en voit les résultats.

De tout temps les vainqueurs réécrivent et falsifient l’histoire à leur profit pour légitimer leurs conquêtes et assoir leur domination.
Nous avons tous des ancêtres plus ou moins proches qui ont souffert dans leur chair des exactions commises au cours de la construction de la France. Hérétiques brûlés vifs, protestants, chouans, passés au fil de l’épée, juifs génocidés, peuples colonisés massacrés et assujettis…

Nous ne demandons pas de repentance. Comment demander aux enfants de se repentir des crimes des parents ? C’est absurde.
Nous demandons la restitution de notre histoire. Dans l’enseignement. Si nous faisons partie de la nation, notre histoire en fait partie.

C’est important, car cela participera à changer le regard d’une partie non négligeable de nos concitoyens sur d’autres concitoyens. Qui parmi nous, issus de l’immigration, n’a pas entendu, de la bouche de collègues ou amis « français de souche » l’amical et sempiternel « toi, tu es différent, tu es comme nous ». Ce qui relègue « les autres » dans un ailleurs non fréquentable. Jusqu’à un ministre de la République qui ose « lorsqu’il y en a un ça va… »

C’est important, car cela mettra fin à la tentative de réhabilitation d’une colonisation soit disant civilisatrice.

C’est important, car chaque individu a besoin, a le droit, de connaître son passé ; il conditionne aussi son présent et celui de l’avenir de la société à laquelle il appartient.
Il est donc du devoir des pouvoirs publics de ne pas laisser la documentation et la littérature historiques entre les seules mains d’éditeurs de sites internet. La manipulation y est trop facile. Les théories du complot y font florès. La génération qui a pris le pouvoir dans la nébuleuse terroriste a compris le bénéfice qu’elle pouvait tirer de la révolution internet. Elle en maîtrise parfaitement l’usage et en a fait un nouvel espace de prédication, de manipulation et de recrutement. Elle a compris également la vulnérabilité des systèmes d’information qui structurent les économies et les dégâts considérables qu’elle peut y provoquer.

La révision et la définition du contenu des programmes d’enseignement de l’histoire doit être confiée aux historiens et chercheurs, notamment celle qui concerne la colonisation de l’Algérie, qui a été française pendant 130 ans, encore occultée pour une grande partie et falsifiée pour le reste dans l’imaginaire collectif. L’enseignement de l’histoire du Moyen-Orient, des accords Sykes-Picot à l’émergence du phénomène djihadiste.

L’histoire des croyances et des religions doit être traitée dans les mêmes conditions. Ce n’est pas attentatoire à la foi. Cela soulèvera des controverses, du moins c’est probable. Mais veut-on d’une société où 30% de la population croit à la théorie créationniste comme c’est le cas dans un très grand pays occidental ? D’une société où le spirituel prend le pas sur le temporel ?

Pour nous, issus de l’immigration il est peut-être temps de rendre à la France ce qu’elle nous apporte et qu’elle nous garantit.
Nous pouvons débattre des différentes façons de le faire, des moyens à mettre en œuvre. L’ouverture de ce débat est de notre responsabilité et de celle des pouvoirs publics. Il peut, il doit être mené en dehors des partis politiques. Ils n’ont aucun crédit auprès des jeunes sensibles aux sirènes du djihad.
Ainsi nous ferons entendre notre voix, pas celle d’une communauté, celle de la France. La vraie."

http://blogs.mediapart.fr/blog/ramid-lamrani/210115/d-un-francais-d-origine-algerienne-aux-francais-de-toutes-origines

CAPJPO-EuroPalestine


Derniers articles dans la même rubrique 0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | ... | 8580