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15 février 2015

Netanyahou défile à Paris pour la liberté d’expression et l’interdit en Israël

Abdallah Abu Rahma, militant du village de Bi’lin, qui est intervenu le 1er novembre dernier sur la scène de "Free Palestine" aux Docks de Paris (voir la vidéo ci-dessous), est menacé d’emprisonnement par Israël, qui veut le réduire au silence en raison de ses manifestations pacifiques contre le mur en Palestine occupée. Voir le communiqué d’Amnesty International.


Le 21 octobre dernier, Abdallah Abu Rahma a été déclaré coupable d’obstruction à l’égard d’un militaire après s’être placé devant des bulldozers de l’armée israélienne transportant des blocs de béton destinés à bloquer une manifestation organisée en mai 2012 pour commémorer la Nakba et pour soutenir les prisonniers palestiniens.
Le 23 prochain, un tribunal militaire israélien prononcera une peine contre lui, après que le parquet ait réclamé contre lui, la semaine dernière, un emprisonnement pour l’exemple.

Amnesty International écrit :

"Ce militant palestinien de premier plan qui prône la protestation pacifique, sera condamné le 23 février par un juge militaire israélien. S’il est incarcéré, Amnesty International le considérera comme un prisonnier d’opinion dont la détention, à vocation punitive, visera à le réduire au silence et à mettre fin à ses manifestations pacifiques dans la Cisjordanie occupée.

Le 8 février, lors d’une audience consacrée à la détermination de la peine, le parquet militaire israélien a avancé que, bien que les accusations à l’encontre d’Abdallah Abu Rahma portent sur des activités non violentes, cet homme devait être envoyé en prison pour « de nombreux mois » afin de transmettre un « message sans équivoque [aux] manifestants [et de leur signifier ainsi qu’ils] étaient absolument tenus d’obéir aux ordres des forces de sécurité [et que] quiconque désobéissait devait s’attendre à être emprisonné [...] ».

Afin d’étayer ses réquisitions en faveur d’une peine d’emprisonnement, il a ajouté qu’il était peu probable qu’Abdallah Abu Rahma abandonne son mode de protestation.

Le 23 février, le tribunal militaire prononcera une peine à l’encontre de cet homme.
Lors du prononcé du jugement, le tribunal aura aussi la possibilité de faire appliquer, comme l’a sollicité le parquet à l’audience du 8 février, deux peines d’emprisonnement avec sursis qui avaient été infligées à Abdallah Abu Rahma en 2010 à la suite de condamnations découlant de sa participation légitime et pacifique à des manifestations contre l’occupation militaire de la Cisjordanie par Israël. Cet homme encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement."*

  • VIDEO DE L’INTERVENTION D’ABDALLAH ABU RAHMA A "FREE PALESTINE", AUX DOCKS DE PARIS, LE 1ER NOVEMBRE 2014 (EXTRAIT) :

Amnesty International appelle à écrire aux autorités israéliennes. En ce qui nous concerne, nous ne dialoguons pas avec l’occupant. Et comme nous tenons pour responsables de cette situation nos dirigeants, qui ne cessent de dérouler le tapis rouge aux représentants de ce régime d’occupation et d’apartheid —qui ne pourrait pas persister sans la complicité de nos gouvernements—, nous vous invitons à écrire au Président français, qui a invité le chef du gouvernement israélien à défiler à ses côtés, à Paris, en faveur de la liberté d’expression.

  • Proposition de message à François Hollande :

Monsieur le Président,

Vous qui ne cessez de manifester votre estime et votre affection — voire votre amour— au chef du gouvernement israélien, au point de le laisser vous dépasser au premier rang de manifestations parisiennes pour la liberté d’expression, pourriez-vous intervenir pour lui demander de faire respecter cette dernière ?

Vous avez sans doute entendu parler, par le biais d’Amnesty International, de ce militant palestinien, Abdallah Abu Rahma, qui sera jugé par un tribunal militaire de l’occupation le 23 février prochain, et contre lequel le gouvernement israélien a demandé une peine exemplaire pour lui faire passer l’envie d’organiser des manifestations non violentes contre le mur à Bi’lin (Cisjordanie occupée) ?

Nous vous remercions par avance d’inciter votre ami Benjamin Netanyahou à cesser de le harceler et de l’emprisonner, pour le réduire au silence.

Recevez, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes salutations distinguées.

Signature

Ville

  • Adresse de l’Elysée :

M. le Président de la République

Palais de L’Elysée

55 rue du Faubourg St honoré

75008 Paris

* Complément d’information donné par Amnesty International :

"Amnesty Internatyional connaît bien Abdallah Abu Rahma, militant politique qui prône publiquement depuis longtemps l’utilisation de moyens pacifiques pour sensibiliser la communauté internationale aux atteintes aux droits humains dont sont victimes les Palestiniens en raison de la construction du mur/barrière israélien. Il est le président du Comité populaire contre le mur à Bilin, un village situé en Cisjordanie, dans les territoires palestiniens occupés. Ce Comité organise des manifestations hebdomadaires contre le mur/barrière de quelque 700 kilomètres qui se trouve pour la plus grande partie en territoire palestinien, séparant ainsi bon nombre de Palestiniens de leurs terres. Depuis 2005, les habitants du village de Bilin organisent avec des sympathisants palestiniens, israéliens et étrangers une manifestation hebdomadaire pour protester contre le mur/barrière et la confiscation de leurs terres. En septembre 2007, la Haute Cour de justice israélienne a rendu une décision ordonnant aux autorités militaires israéliennes de modifier le tracé du mur à Bilin afin que les villageois aient accès à une plus grande partie de leurs terres, mais cette décision n’a pas encore été pleinement mise en œuvre. Le droit de manifester pacifiquement est essentiel pour les Palestiniens des territoires occupés car ils ne disposent d’aucun autre moyen, comme le droit de vote, d’influencer la politique de l’occupant. Cependant, Israël leur oppose souvent une force excessive.

Les Palestiniens de Cisjordanie manifestent également contre d’autres politiques répressives et les pratiques liées à l’occupation israélienne prolongée, y compris l’expansion illégale et constante des colonies dans la région, les démolitions de leurs maisons, les postes de contrôle, le fait de réserver les routes aux colons et d’autres restrictions de la liberté de mouvement des Palestiniens en territoire occupé. Plus d’une dizaine de communautés et villages palestiniens de Cisjordanie parmi les plus touchés par le mur ou les colonies réservées aux juifs, installées sur le territoire palestinien, défilent chaque semaine pour protester contre les politiques israéliennes et leurs conséquences. Parmi eux figurent les villages de Nabi Saleh, Bilin et Kufr Qadum, et les centres urbains d’Hébron et Jérusalem-Est. Des manifestations ont également lieu pour dénoncer l’emprisonnement ou la détention de milliers de militants palestiniens, ainsi que le traitement qui leur est infligé dans les prisons israéliennes, les frappes militaires de l’occupant sur Gaza et les pratiques des forces israéliennes, responsables d’avoir tué ou blessé des Palestiniens lors de rassemblements ou d’attaques."



Abdallah Abu Rahma face à des grenades lacrymogène lancée par les soldats de l’occupation. Photos envoyées à CAPJPO-EuroPalestine par Abdallah.

CAPJPO-EuroPalestine


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