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21 mars 2015

« Nique la France » : Saïdou (ZEP) et Saïd Bouamama relaxés par le tribunal

Poursuivis à l’initiative d’une association d’intégristes chrétiens d’extrême-droite, les militants antiracistes Saïdou et Saïd Bouamama, co-auteurs des textes de « Nique la France », ont été relaxés par le tribunal de Paris.


L’audience avait eu lieu le 20 janvier dernier devant la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de Paris.

Aux termes de 5 heures de débats en présence de nombreux militants antiracistes venus soutenir les deux prévenus, la procureure avait refusé de requérir une condamnation.

Défendus par M° Henri Braun, les prévenus avaient fait citer cinq témoins : Olivier Le Cour Grandmaison, Maurice Rasjfus, Christine Delphy, Rokaya Diallo et Mme Legeorgette, spécialiste en linguistique.

Pour les uns comme pour les autres, c’est la création par le gouvernement Sarkozy de la notion "d’identité nationale" et d’un ministère du même nom, qui a eu pour vocation la division des Français et bafoué le principe d’égalité. C’est dans ce contexte, en 2010, alors que la droite reprenait à son compte des thèses de l’extrême droite, qu’ont été écrits les textes mis en cause par l’Agrif, l’association à l’origine des poursuites.

Les critiques contenues dans leurs textes "Nique la France" s’adressent bien à une France raciste et colonialiste, et non à l’ensemble des Français. Elles ont d’ailleurs été reprises dans des termes similaires, avait fait remarquer la défense, par des chanteurs français comme Georges Brassens, Pierre Perret, et Renaud, sans que ces derniers aient jamais été inquiétés.

Comme quoi, ont affirmé certains, ce ne sont pas les propos eux-mêmes qui gênent la partie civile, mais plutôt les origines de ceux qui les ont prononcés. Situation aussi stupide et ridicule que le fait de considérer comme moins français quelqu’un comme le rappeur Saïdou qui est né en France, de parents français, que des Philippe Seguin ou Ségolène Royal, nés à l’étranger !

"Les Français de souche, cela n’existe pas", a reconnu la procureure. Avant elle Christine Delphy avait fait remarquer que "l’expression, typiquement coloniale, date du temps de l’Algérie française".

Les juges ont donc fait droit à ces arguments, et nous ne pouvons que nous en féliciter en ces temps où la liberté d’expression est tellement malmenée, sous couvert de « lutte contre le terrorisme ».

CAPJPO-EuroPalestine


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