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13 avril 2015

Un crime israélien supplémentaire : le travail des enfants palestiniens dans les colonies de la Vallée du Jourdain

L’ONG Human Rights Watch a publié lundi un rapport accablant sur l’exploitation de la main d’œuvre enfantine palestinienne par les colons juifs de la Vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée.



(Enfant travaillant dans une datteraie de la "Jordan Valley")

Une raison supplémentaire de boycotter les produits de la colonisation, comme ces tristement fameuses dattes Medjoul de la marque « Jordan Valley », puisqu’une partie importante de la production de fruits et légumes des colonies est exportée, vers l’Europe notamment.

En violation du droit international et même du droit israélien, des centaines d’enfants, dont les parents agriculteurs sont privés de ressources du fait du vol de leurs terres par l’occupant israélien, se retrouvent ainsi à suer dans les serres coloniales, parfois dès l’âge de 10 ans, sous des températures dépassant facilement les 40° en été, pour des salaires de misère (de l’ordre de 2 € de l’heure), exposés sans protection à des pesticides toxiques, et dépourvus de couverture sociale, y compris en cas d’accident du travail.


(Enfant dans la palmeraie d’une colonie près de Jéricho)

« Pratiquement tous les enfants palestiniens interrogés par Human Rights Watch ont déclaré qu’ils estimaient n’avoir pas d’autre choix que de chercher du travail dans les exploitations agricoles des colonies de peuplement, pour aider à faire vivre leurs familles », écrit l’ONG dans son rapport titré « Mûrs pour l’exploitation : le travail des enfants palestiniens dans les colonies israéliennes de la Vallée du Jourdain ».

Israël a alloué 86 % des terres de la vallée du Jourdain aux colonies et fournit un accès beaucoup plus généreux à l’eau des nappes phréatiques de la vallée aux entreprises agricoles des colons qu’aux Palestiniens vivant dans la vallée, rappellent les auteurs.

Les enfants que Human Rights Watch a interrogés ont déclaré qu’ils souffraient de nausées et de vertiges. Certains ont affirmé qu’ils s’évanouissaient parfois lorsqu’ils travaillaient en été, par des températures dépassant fréquemment 40 degrés Celsius à l’extérieur et encore supérieures à l’intérieur des serres dans lesquelles de nombreux enfants travaillent. D’autres enfants ont indiqué qu’ils avaient été pris de vomissements, ou avaient eu des difficultés à respirer et des irritations des yeux et de la peau après avoir épandu des pesticides ou avoir été exposés à ceux-ci, y compris dans des espaces clos.

Certains ont fait état de maux de dos après avoir transporté de lourds cageots remplis de fruits et légumes ou porté comme des « sacs à dos » des conteneurs de pesticide.


(VIDÉO DE HUMAN RIGHTS WATCH ILLUSTRANT LE RAPPORT ; EN ANGLAIS)

Le droit du travail israélien interdit de faire porter de lourds fardeaux à des jeunes, de les faire travailler par des températures élevées et manipuler des pesticides dangereux.

Mais lorsque les enquêteurs de Human Rights Watch se sont tournés vers les autorités israéliennes pour leur demander de faire respecter leur propre législation, ces dernières ont eu le culot de répondre … qu’il fallait s’adresser à l’Autorité Palestinienne, laquelle est bien entendu interdite de séjour dans les colonies

Sur les 38 enfants interrogés par Human Rights Watch pour les besoins du rapport, 33 avaient abandonné l’école et travaillaient à plein temps dans les colonies israéliennes. Parmi eux, 21 avaient quitté l’école avant d’avoir terminé les 10 années d’éducation de base qui sont obligatoires aux termes des lois palestinienne et israélienne.

« À quoi bon aller à l’école ? On finira de toute façon par travailler pour les colonies », a déclaré un de ces enfants.

Des professeurs et des proviseurs d’écoles palestiniennes de la vallée du Jourdain ont souligné que les enfants qui travaillent à temps partiel dans les colonies, pendant les weekends et après l’école, étaient souvent épuisés en classe.

L’Union européenne (UE) a fait un petit pas, l’an dernier, en décidant l’exclusion des produits des colonies israéliennes de la liste des biens israéliens auxquels elle accorde un régime fiscal préférentiel, et les États membres de l’UE ont émis des directives dans lesquelles ils conseillent à leurs entreprises de prendre en considération les inconvénients juridiques, financiers et en termes de réputation de leur implication dans le commerce avec les colonies de peuplement, mais sans aller jusqu’à donner instruction aux entreprises de mettre fin à un tel commerce.

Mais tandis qu’on épingle à juste titre et à intervalle régulier des multinationales comme Samsung, Gap, Total pour leur recours, direct ou indirect, au travail enfantin, aucune mesure concrète n’a été prise par nos gouvernants pour sanctionner les violations du droit par Israël.

A nous de le faire, alors, en poursuivant et développant plus que jamais la campagne BDS (Boycott – Désinvestissements – Sanctions ».

Car comme le dit HRW en conclusion de son rapport,
« Les colonies de peuplement sont une source de violations quotidiennes des droits humains, y compris à l’encontre d’enfants. Les autres pays et leurs entreprises ne devraient pas en tirer profit ou les encourager. »

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source : http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/isrpal0415_forUPload_1.pdf

CAPJPO-EuroPalestine


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