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5 mai 2015

Une délégation juive d’Afrique du Sud vient demander pardon à des Palestiniens

Parmi les ruines du village palestinien détruit de Lubya, en Galilée,une délégation de juifs Sud-Africains a présenté des excuses publiques aux réfugiés de Lubya et à leurs familles pour leurs dons qu’ils ont fait au Fonds National Juif (JNF), qui ont servi à planter une partie de la forêt qui recouvre désormais les restes du village, au bénéfice d’Israël.


Ce village a été vidé de ses habitants les 16 et 17 juillet 1948. Sur les vestiges du village palestinien détruit, le JNF a fait planter la forêt "Afrique du Sud" qui fait partie de la grande forêt Lavie. Sur une autre partie du village, le kibboutz Lavie a été créé dès 1949.

Cette recomposition géographique fait partie du plan israélien de négation de l’existence Palestinienne antérieure, et vise à masquer les crimes perpétrés lors de la NAKBA.

« Nous sommes ici en tant que juifs Sud-Africains qui reconnaissons que la Nakba a eu lieu [...] Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous nous engageons à défaire le "verdissement" opéré par le JNF comme un acte d’effacement", a déclaré Shereen Usdin, porte-parole de la délégation sud-africaine. "Les juifs Sud-Africains comprennent l’importance de la lutte commune", a ajouté Usdin, avant d’appeler les "Juifs du monde entier à venir ici et à reconnaître la Nakba."

Cette initiative conjointe d’une délégation sud-africaine et des représentants des personnes déplacées de Lubya s’est déroulée en présence de deux associations, Zochrot - une ONG israélienne travaillant à la sensibilisation de la Nakba - et l’Association pour la Défense des Droits de l’homme des personnes Déplacées (ADRID).

La centaine de participants a commencé par une visite guidée par les deux associations, parcourant des chemins encombrés des pierres des murs écroulés des maisons. En arrivant dans ce qui fut le cimetière, Muhamad prend la parole pour évoquer le souvenir de son père qui, peu de temps avant de mourir à 83 ans, l’avait fait appeler à son chevet en pleine nuit pour lui demander "ne nous ont-ils rien laissé, même pas un dunum de terrain ?". Il a alors parlé des expulsions et des dépossessions qui ont eu lieu pendant la NAKBA. « Nous voulons que les gens sachent la vérité sur ce qui a eu lieu en 1948. Cette étape de reconnaissance est très importante."

Plus loin à l’endroit où était l’école des représentants des réfugiés placent un panneau indiquant son emplacement.



La cérémonie a été ouverte par Nayef Hujji, un représentant des personnes déplacées de Lubya. Saluant les participants et les organisations présentes, il a également accueilli le groupe de juifs d’Afrique du Sud, en leur disant : « Vous êtes venus à la maison, donc s’il vous plaît sentez-vous à la maison."

Hujji a évoqué l’appel lancé par les réfugiés palestiniens pour le droit au retour et a salué les descendants des réfugiés de Lubya qui ont fait le déplacement en provenance du Danemark et de la Suède pour assister à l’événement.

Pour les Palestiniens et les Israéliens présents, l’événement est un symbole du processus nécessaire pour aller de l’avant dans le conflit. "Nous n’avons pas de problème avec les juifs vivant dans ce pays. Nous voulons la coexistence [...] Mais la coexistence ne peut advenir que si le racisme est vaincu", a déclaré Wakim Wakim, à la tête de ADRID. Amaya Galili de Zochrot a réitéré l’appel de l’organisation pour « la société civile juive israélienne assume la responsabilité de la Nakba palestinienne et prenne une part active à redresser les torts du passé."

Les membres de la délégation sud-africaine ont lu et remis un engagement, qui a été signé par plus de 200 Juifs d’Afrique du Sud, aux représentants des réfugiés Lubyan.

Cet engagement condamne trois activités principales du JNF :

  • L’administration de la terre par la constitution de registres et de fichiers documentés sur tous les villages de Palestine repérés bien avant la guerre de 1948 dans le but de détruire à la fois la mémoire physique et la preuve de l’existence de ces villages ;
  • l’appropriation des terres passant sous un contrôle exclusivement juif, tant pour la propriété que pour l’utilisation ;
  • la participation active dans la campagne pour « judaïser » le Néguev par le déplacement forcé des habitants bédouins de leurs terres.

L’engagement inscrit une promesse de solidarité avec les descendants des habitants des villages touchés tout en notant qu’un tel acte de déplacement de population contrevient à la Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies et est une entreprise qu ’« aucune société morale ne peut tolérer."

La cérémonie a pris fin avec le chant de l’hymne national palestinien dans la lumière déclinante. L’initiative réalisée porte un poids particulier en raison de l’histoire nationale des Sud-Africains et l’aura de Nelson Mandela planait au-dessus d’eux.

Pour les participants, cette cérémonie représente la première des nombreuses initiatives qui doivent être prises dans ce sens, et que finalement des excuses officielles d’Israël pour la Nakba doivent avoir lieu. Jusque-là, les communautés juives du monde entier feraient bien de suivre l’exemple du groupe sud-africain. Comme Muhammad de ADRID déclaré : "Nous voulons la réconciliation. Mais avant de la réconciliation, nous avons besoin de connaître la vérité ".


(Traduit par Marie Moudrer)

Source : http://972mag.com/s-african-jews-in-lubya-were-here-to-acknowledge-the-nakba/106213/


APPEL A UN RASSEMBLEMENT A PARIS POUR COMMEMORER LA NAKBA, ET RAPPELER QU’ELLE SE POURSUIT A CE JOUR :

LE SAMEDI 16 MAI DE 15 H A 19 H

PLACE SAINT-MICHEL

(MÉTRO ET RER SAINT-MICHEL )

MERCI NOTER LA DATE ET FAIRE CIRCULER L’INFORMATION !

CAPJPO-EuroPalestine


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