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15 juin 2015

Torture : le gouvernement israélien veut imposer l’alimentation forcée des prisonniers

Le gouvernement israélien a ajouté dimanche une nouvelle forme de torture à son arsenal de répression des prisonniers palestiniens : l’alimentation forcée de ceux d’entre eux en grève de la faim, comme c’est le cas, depuis 41 jours lundi, de Khader Adnan. Nous appelons à un rassemblement samedi à Paris pour la libération de Khader Adnan et tous les prisonniers politiques palestiniens.



Décrivant, avec leur obscénité habituelle, la grève de la faim comme « une action antisémite », ou encore « une forme d’attentat suicide » et carrément « une menace existentielle » pour Israël, Benjamin Netanyahou et son équipe vont présenter la proposition de loi aux parlementaires d’ici quelques semaines.

L’alimentation forcée de prisonniers est une torture, reconnue comme telle par l’Assemblée Médicale Mondiale depuis 1975, et les médecins qui y apportent leur concours, comme c’est le cas de médecins militaires américains dans le bagne de Guantanamo, sont des tortionnaires.

Le cas de Khader Adnan illustre l’étendue du système israélien d’apartheid, et de ses lois réservées aux « indigènes », les Palestiniens en l’occurrence.

Boulanger habitant Jénine, père de 6 enfants, Khader Adnan est actuellement, et pour la 10ème fois de son existence, placé en détention administrative : c’est-à-dire, une incarcération sans limite de durée, sans jugement, sans mise en examen, et sans même signification à la personne des motifs ayant conduit à son arrestation.

C’est pour protester contre ce système fasciste qu’Adnan avait mené en 2012 une première et très longue grève de la faim, non seulement pour son propre sort, mais plus généralement pour celui des centaines de Palestiniens victimes de la détention administrative.

La grève, qui s’était étendue progressivement à 2.000 prisonniers palestiniens, avait permis, au prix d’immenses sacrifices, à Khader Adnan d’être libéré, tandis que devant le retentissement international de l’affaire, Israël promettait de réduire fortement sinon de supprimer la pratique de la détention administrative.

Mais il ne faut jamais croire aux promesses des dirigeants israéliens : la détention administrative n’a jamais cessé, au point qu’on a aujourd’hui plus de détenus de ce type –environ 500 sur les 6.000 Palestiniens dans les prisons israéliennes- qu’en 2012, et que des libérés sont systématiquement ré-arrêtés quelque temps plus tard, comme Khader Adnan.

Ces derniers, démunis de tout, abandonnés par les gouvernements prétendument démocratiques comme celui de Hollande-Valls, n’ont pas d’autre moyen que la grève de la faim pour affirmer leur dignité d’être humain.

  • APPEL A RASSEMBLEMENT CE SAMEDI 20 JUIN

À PARTIR DE 14 H A BEAUBOURG (PLACE EDMOND MICHELET)

POUR DEMANDER LA LIBÉRATION DE KHADER ADNAN ET DE TOUS LES
PRISONNIERS POLITIQUES PALESTINIENS

  • POUR RAPPEL :

Ancien prisonnier politique Palestinien, Khader Adnan, qui a été enlevé et emprisonné pendant plus de 6 ans par Israël, sans la moindre inculpation, a de nouveau été arrêté et incarcéré en "détention administrative", et poursuit depuis plus d’un mois une grève de la faim totale.

Khader Adnan est connu pour être le père des grévistes de la faim et le symbole de la résistance et ténacité palestinienne. En 2011, il fut enlevé et enfermé sans plainte ni procès, ni date de libération, dans le cadre du système israélien illégal de détention administrative.

Sa grève de la faim qui s’étala sur 66 jours durant l’année 2012 (la plus longue de l’histoire palestinienne à l’époque), permit sa libération et inspira plus de 1600 autres prisonniers palestiniens à suivre son exemple.

Depuis sa libération, Khader Adnan a été la voix des prisonniers politiques palestiniens, défendant sans relâche leurs droits, et il représente, de ce fait, une épine dans le flanc de l’occupation. Depuis ses années étudiantes en 1999, il a fait plusieurs allers et retour dans les prisons de l’occupant en raison de son engagement politique contre l’Occupation.

Il a passé plus de 6 ans de sa vie enfermé dans les geôles de l’occupant, sans pour autant avoir jamais été formellement inculpé de quoique ce soit, ni même avoir pu bénéficier d’un quelconque procès.

Khader Adnan est père de six enfants. Les plus jeunes sont des triplés âgés de moins de deux ans : Ali, Hamza et Mohammed. Son autre fils agé de trois ans se nomme Abd-Al-Rahman. Ses deux filles sont Maali, l’aînée de 7 ans, et Besan, 5 ans.

Khader Adnan est titulaire d’un diplôme en Mathématiques et dirige une pâtisserie dans la ville d’Arrabah, près de Jénine, en Cisjordanie. Sa femme Randa qualifie leur mariage de partenariat : « Khader n’est pas seulement mon mari. C’est un compagnon de lutte. J’ai participé aux manifestations avec lui et, ensemble, nous soutenons les familles des prisonniers.
Je n’ai jamais considéré ça comme un fardeau ou quelque chose d’épuisant mais plutôt comme un atout. " « Il m’a toujours aidé à m’occuper des enfants, à changer leurs couches et accomplir des tâches que certains hommes n’envisageraient jamais de faire. Lorsque j’étais enceinte des triplés, Khader était celui qui nettoyait la maison et accomplissait tous les efforts pour me maintenir heureuse et me permettre de me sentir à l’aise. »

Le jeudi 8 juillet 2014, alors qu’il retournait chez lui pour prendre le repas de l’Iftar* en famille après le jeune du Ramadan, il fut enlevé à un checkpoint temporaire que l’Occupation avait illégalement mis en place à proximité de sa ville, et pendant qu’Israël commençait ses bombardements intensifs sur Gaza. Il fut incarcéré en détention administrative pour 6 mois sans charge ni procès. Lorsqu’en janvier 2015, l’Occupation renouvela sa condamnation en y ajoutant 4 mois de détention administrative, Khadar Adnan entama une grève de la faim d’une semaine pour protester, en annonçant au préalable la durée de la grève.

Et lorsqu’en mai 2015, cette détention administrative arriva à son terme et qu’il fut à nouveau condamné à 6 mois de détention administrative, Khadar Adnan commença une grève de la faim illimitée le 6 mai 2015.

Il est à noter que la grève de la faim de Khader Adnan est totale. Contrairement à de nombreux grévistes de la faim avant lui, il refuse vitamines et autres compléments alimentaires et ne peut donc pas rester en vie bien longtemps.

Un rapport indique qu’au 35ème jour de sa grève de la faim, il fait déjà l’expérience de plusieurs comas intermittents, d’une perte de poids vertigineuse et d’une diminution de son rythme cardiaque.

Sa mère raconte : « nous discutions de la question avant qu’il ne soit à nouveau arrêté en juillet dernier. Je lui ai dit, s’il te plaît, s’ils t’arrêtent à nouveau, ne fais pas de grève de la faim. ». Il est resté silencieux mais m’a lancé un regard qui m’a percé le cœur tel une balle, comme pour me demander de respecter sa décision et de ne pas m’attendre à le priver de la seule arme qu’il aurait. »

Sa femme est inquiète concernant le manque d’action sur le terrain : « La dernière fois [qu’il a effectué une grève de la faim], les manifestations sérieuses sur place n’ont commencé qu’après le 45ème jour de sa grève de la faim et que son état fut proche de la mort. »
Nous ne pouvons pas attendre aussi longtemps cette fois-ci ». Elle encourage vivement les Palestiniens, et le mouvement de solidarité global, à se mobiliser pour la cause des prisonniers. « Ceux qui croient en cette cause devraient affronter les autorités et descendre dans la rue même si ça signifie se faire arrêter. La liberté a un prix. »

Le père d’Adnan pense que l’un des facteurs qui contribue à un tel silence est la peur. Pas la peur d’Israël, mais celle de l’Autorité Palestinienne : « L’Autorité Palestinienne considère mon fils comme une menace parce que Khader est favorable à toute forme de résistance, alors que l’Autorité Palestinienne est favorable à toute forme de banalisation » déclare-t-il.

De la même façon, d’autres régimes Arabes ont également ignoré la détresse des grévistes de la faim comme ils l’ont fait autrefois. Lors de la dernière grève de la faim de Khader Adnan, Syed Hassan Nasrallah a porté son attention sur le silence des régimes Arabes. « Si Khader Adnan était un citoyen israélien, les gouvernements Arabes interviendraient au plus haut degré. »

Khader Adnan est actuellement à l’hôpital pénitencier de Ramla, décrit par les patients comme un « abattoir » en raison des conditions dont souffrent les patients. L’hôpital pénitencier est situé dans la ville palestinienne d’Al-Ramla qui a subi un nettoyage ethnique, et est à proximité de la ville de Lydda (Lod) tristement célèbre suite au massacre commis par les sionistes en 1948 et provoquant la mort de 450 hommes, femmes et enfants Palestiniens ainsi que 70 000 d’entre eux violemment expulsés de leurs maisons.]

« J’aimerais que vous sachiez, déclarait Khader Adnan le 4 juin dernier, que je ne me suis pas engagé dans un combat personnel pour la liberté. Mon combat est celui de tous les détenus palestiniens qui aspirent à la liberté et la dignité. Ils sont le symbole de l’honneur, de la liberté et de la dignité dans cet univers... Luttant pour la cause la plus noble que le monde ait jamais connu depuis des décennies.. quand notre terre et nos lieux sacrés furent spoliés.

La rétention administrative est simplement l’une des politiques les plus abjectes que notre peuple ait jamais vu. L’Angleterre porte la responsabilité d’avoir initié cette politique criminelle, mais cela ne justifie pas l’usage de cette détention par l’Occupation à l’encontre de notre peuple, dont la place n’est pas dans ces prisons mais dans nos maisons avec nos familles sur notre terre natale.

Du fond du cœur, j’exprime ma gratitude pour votre soutien et votre solidarité.
Cette grève de la faim continuera jusqu’à ce que nous obtenions nos libertés, InchAllah. »

La détention administrative est une pratique utilisée par Israël pour emprisonner les Palestiniens de façon indéfinie sans charge ni procès. Elle est contraire au droit international. Par exemple, le détenu administratif Mazen Natsheh a été emprisonné cumulativement à près de 10 ans sans charge ni procès. Les ordres de détention sont justifiés sur la base « d’informations secrètes » qui n’ont jamais besoin d’être donné ni au détenu ni à son avocat.

La détention administrative est souvent utilisée arbitrairement pour emprisonner les Palestiniens alors qu’il n’y a aucune preuve pour émettre un jugement ou une sanction, comme dans le cas de 8 ministres Palestiniens.

Israël a en moyenne émis plus de 2000 ordres de détention chaque année (2007-2011). Aujourd’hui, il y a plus de 400 prisonniers administratifs. La plupart d’entre eux ont été transférés de la Cisjordanie vers Israël en infraction avec l’Article 76 de la 4ème Convention Genève.

CAPJPO-EuroPalestine


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