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17 juillet 2015

Non à l’exécution de Mohamed Morsi et des autres condamnés à mort égyptiens !

Des rumeurs circulent indiquant que l’ancien président de l’Egypte, Mohamed Morsi, pourrait être exécuté le matin du jour de l’Aïd. L’ancien président tunisien Moncef Marzouki a lancé un appel sur sa page Facebook pour alerter le monde afin de ne pas laisser faire l’exécution de l’ancien chef d’Etat égyptien Mohamed Morsi. Cet appel est notamment adressé au Pape François ainsi qu’au Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon.

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"Cette initiative arrive à un moment où des rumeurs persistantes relayées par la presse anglophone ou arabophone font état de l’imminence d’une mise à mort de l’ex-président égyptien, le seul à avoir été élu démocratiquement. Plusieurs sites internet dont celui de la chaine Al Jazeera ou le "Middle East Eye" rapportent l’information selon laquelle les autorités du Caire s’apprêteraient à accélérer la procédure de mise à mort de dizaines d’accusés le matin du jour de l’Aïd qui devrait avoir lieu vendredi 17 ou samedi 18 juillet.", écrit l’observatoire qatari.

"Engagé dans cinq procès, Mohamed Morsi a été pour la première fois condamné à mort le 16 mai dernier dans le dossier dit "des évadés de prison", une obscure affaire dans laquelle la justice lui reproche d’avoir quitté sa cellule lorsque le pays était plongé dans sa période révolutionnaire de janvier 2011. Confirmée par le mufti du pays, cette sentence qui a aussi été infligée aux principaux cadres des Frères musulmans peut être appliquée à tout moment. Sur d’autres procédures comme celles dites "de l’espionnage en faveur du Qatar", Mohamed Morsi risque également des peines maximales.

Même si aucune déclaration officielle n’est venue confirmer cette information, un faisceau d’indices indique que cette hypothèse est plus que plausible. Il y a d’abord le fait que la dictature égyptienne semble de plus en plus déterminée à éradiquer les Frères musulmans du paysage national. Cette volonté date du coup d’Etat de juillet 2013 et du massacre de Rabi’a al adawiya perpétré le 14 août 2013 au cours duquel 800 opposants ont été éliminés en une seule journée. Comme le rappelle le journaliste Alain Gresh, ce "mercredi noir" du Caire "restera sans doute dans les annales comme le plus grand massacre de manifestants commis en un jour par des forces de répression depuis celui de Tiananmen, en juin 1989, à Pékin".

Cette stratégie d’éradication s’est poursuivie dans le temps avec les procès de masse où plusieurs centaines d’opposants ont été condamnés à la peine capitale jusqu’à la liquidation de treize membres des Frères il y a quelques jours. Cette détermination à écraser toute parole contestataire est même inscrite dans les gênes du pouvoir égyptien puisque dans la foulée du coup d’Etat, l’un des généraux de la police déclarait dans une interview donnée au journal Le Monde : « Nous sommes 90 millions d’Égyptiens et il n’y a que 3 millions de Frères musulmans. Il nous faut six mois pour les liquider ou les emprisonner tous. Ce n’est pas un problème, nous l’avons déjà fait dans les années 1990. »

Profitant de l’émoi général suscité par l’assassinat du procureur dont certains observateurs attribuent la paternité au pouvoir lui-même qui en a fait la justification à une accélération de la répression, Abdel Fettah Al Sissi semble engagé dans une fuite en avant qui répond à un objectif clair. Il lui faut noircir la confrérie quitte à lui attribuer la responsabilité directe des violences qui déchirent le pays tout en l’assimilant à l’Etat islamique qui a ces derniers jours multiplié les attaques sanglantes dans le Sinaï. Dans ce double mouvement d’une diabolisation de la confrérie et de l’amalgame avec Daesh, le régime, aidé par des médias aux ordres, souhaite non seulement radicaliser une partie de l’opinion qui lui est aveuglément dévouée et rendre impossible l’émoi de solidarité qui pourrait émerger en faveur de l’ex-chef d’Etat et de son organisation.

Cette attitude a même poussé les autorités égyptiennes à condamner à mort des personnalités connues pour leur engagement contre le Coup d’Etat et résidant à l’étranger comme le cheikh Youssouf Al Qaradawi, réfugié au Qatar et président de l’Union mondiale des Oulémas.

Les conséquences d’une telle exécution seraient incalculables. Elle donnerait le signal d’un nouveau cycle de violences dont personne ne peut prédire l’issue. C’est peut être d’ailleurs le dessein du régime : pousser à la radicalisation l’organisation des Frères musulmans en accentuant la répression et en pendant son leader. Ce serait le meilleur moyen pour se retourner auprès des capitales occidentales en prétendant qu’il est temps d’en finir avec une organisation sectaire qui pratique un terrorisme qui n’a rien à envier à celui de Daesh.

Nul doute que cette machine à manipulation pourrait tourner à plein régime dans certains pays. Hormis la Turquie, le Qatar et quelques pays d’Afrique ou d’Europe du Nord, peu risquent de s’émouvoir réellement de cette descente aux enfers que semble adopter le Raïs égyptien. Pire, certains pays du Golfe, connus pour leur aversion envers les Frères musulmans et fers de lance de la Contre-Révolution souhaitant mettre un terme à la parenthèse des "Printemps arabes", pourraient même féliciter Le Caire pour son geste. C’est le cas des Emirats arabes unis qui demeurent les principaux bailleurs de fonds du régime putschiste et qui rejoindraient Israël dans la satisfaction de voir la confrérie décimée."

Source : http://www.observatoire-qatar.com/actualites-du-qatar/item/431-l-ancien-president-egyptien-mohamed-morsi-pourrait-etre-execute-le-jour-de-l-aid

- Pour rappel, le communiqué d’Amnesty International :

L’ancien président destitué Mohamed Morsi et 100 autres personnes ont été condamnés à mort samedi 16 mai à l’issue d’une procédure manifestement inique. Détenu au secret pendant des mois sans surveillance judiciaire, Mohamed Morsi n’a pas été représenté par un avocat durant les investigations.

Les autorités égyptiennes doivent soit le libérer immédiatement, soit le rejuger devant un tribunal civil en respectant toutes les garanties d’équité. Toute procédure pénale doit être conforme au droit égyptien et aux normes internationales.

Les autorités doivent abandonner les charges d’évasion de prison en janvier 2011, car Mohamed Morsi se trouvait alors en détention administrative, au titre de pouvoirs d’exception et sans ordonnance judiciaire.

Les autorités égyptiennes privilégient actuellement la peine de mort pour éliminer l’opposition politique. La plupart des personnes condamnées à mort par des tribunaux depuis juillet 2013 sont des partisans de Mohamed Morsi. Le deal semble être le suivant : soutenez Morsi et vous serez condamné à mort ou à des années derrière les barreaux. Au contraire, l’Égypte doit garantir l’indépendance et l’impartialité du système judiciaire et traduire en justice tous les responsables présumés de violations flagrantes des droits humains.

Le tribunal a recommandé de condamner à mort Mohamed Morsi et 105 autres accusés, dont de hauts responsables des Frères musulmans, déclarés coupables d’avoir orchestré des évasions massives de prison durant la « Révolution du 25 janvier », avec l’aide du Hamas et du Hezbollah.

Mohamed Morsi a été renversé par un gouvernement soutenu par l’armée le 3 juillet 2013 et maintenu en détention au secret en compagnie de plusieurs de ses proches conseillers pendant des mois, dans des conditions s’apparentant à des disparitions forcées.

Il purge déjà une peine de 20 ans de prison, prononcée en avril 2015 à l’issue d’un procès inique, dans l’affaire des affrontements meurtriers qui avaient eu lieu non loin du palais présidentiel en décembre 2012.

AGISSEZ CONTRE LA PEINE DE MORT !"

Amnesty international

CAPJPO-EuroPalestine


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