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14 août 2015

Merci le blocus : la mortalité infantile repart à la hausse à Gaza

Le taux de mortalité infantile dans ce camp de concentration à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza a recommencé à grimper, pour la première fois après 50 ans de déclin continu, rapporte l’agence des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).



Le nombre d’enfants décédant avant l’âge de 1 an –ce qui est la définition de la mortalité infantile- avait connu une amélioration constante dans la deuxième partie du XXème siècle, passant de 127 pour 1.000 naissances vivantes en 1960, à 20,2 en 2008.

Mais pour l’année 2013, il est remonté à 22,4 pour 1.000.

Cela est encore plus frappant pour le sous-ensemble concerné par la mortalité dite néo-natale, qui couvre les décès survenant entre la naissance et le 28ème jour de vie. Pour ce segment, la hausse est de 70% : 12 pour 1.000 en 2008, 20,3 pour 1.000 en 2013.

« Les progrès observés dans la lutte contre la mortalité infantile ne connaissent généralement pas de retour en arrière. Il semble qu’on soit en présence d’une situation inédite en la matière. Les seuls exemples comparables qui me viennent à l’esprit sont ceux de pays africains affectés par la pandémie de Sida », déclare le Dr Akihiro Seita, chef des programmes sanitaires de l’UNRWA.

L’agence considère que le blocus israélien imposé aux 1,8 million d’habitants de Gaza depuis 8 ans est le facteur causal le plus évident du dé-développement observé.

Dans une interview à Electronic Intifada, le Dr Belal Dabour, qui exerce à Gaza, souligne d’abord que la mortalité infantile dépend « d’une série de facteurs, qui sont à l’œuvre avant la naissance de l’enfant, et avant même la grossesse de la mère ».

L’augmentation résulte « d’une quasi-décennie de siège, comprenant le honteux calcul de calories (quantité de calories alimentaires autorisées par l’armée israélienne à entrer dans le territoire, NDLR), les obstacles à la circulation, la pauvreté, la dépendance de l’aide alimentaire, les coupures de courant, le déversement des eaux usées dans les rues, sans parler des destructions de maisons par les guerres, qui conduisent les populations à survivre dans des abris insalubres », détaille-t-il.

On se retrouve donc avec des futures mères qui ont eu une adolescence malsaine et par voie de conséquence des grossesses elles-mêmes délicates ; les chances de survie des nouveau-nés s’en trouvent d’autant réduites, poursuit le Dr Dabour.

HAUSSE DE LA MORTALITE MATERNELLE, AUSSI

Parallèlement, la mortalité maternelle (soit le décès durant la grossesse ou à l’accouchement) a quasiment doublé entre 2014 et 2015, toujours selon l’ONU.

On le doit aux effets de la terrible agression israélienne de l’été 2014, pendant laquelle, selon une compilation du quotidien britannique The Guardian :

17 hôpitaux, 56 dispensaires de santé et 45 ambulances ont été détruits ou sévèrement endommagés, les dommages matériels représentant plus de 50 millions de dollars. 16 chauffeurs d’ambulances ont été tués, et 83 autres grièvement blessés.

Aujourd’hui, tandis que plus de 100.000 personnes sont toujours logées dans des abris de fortune, 90 % de la ressource en eau est impropre à la consommation humaine.

Et la situation ne peut que s’aggraver tant qu’il ne sera pas mis fin à l’impunité israélienne.

(extraits d’un article de Maureen Clare Murphy pour Electronic Intifada ; traduction CAPJPO-EuroPalestine)

https://electronicintifada.net/blogs/maureen-clare-murphy/infant-mortality-soars-gaza-after-eight-years-israeli-siege?utm_source=EI+readers&utm_campaign=d5c2b0557f-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_e802a7602d-d5c2b0557f-260782621

CAPJPO-EuroPalestine


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