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20 novembre 2015

Journée internationale de l’enfant : lettre à l’UNICEF sur la détention et la torture des enfants palestiniens

Pourquoi l’UNICEF n’intervient pas pour la libération de 5 enfants palestiniens détenus depuis mars 2013, en toute illégalité, dans les prisons israéliennes, après y avoir été battus et torturés, et accusés sans preuves d’avoir jeté des pierres sur une route ?


Chère Frances et toute l’équipe UNICEF,

Vous êtes l’écho des enfants les plus vulnérables au monde, un immense merci
pour votre grand et infatigable travail.

Ma famille et moi nous vous écrivons au sujet des 5 enfants palestiniens connus comme " les garçons de Hares"" emprisonnés par Israël en mars 2013 pour un crime qu’ils n’ont jamais commis.

Ma famille et moi nous vous prions instamment d’ user de votre pouvoir et de votre influence pour demander avec insistance la libération immédiate d’ ALI SHAMLAWI, MOHAMMED KLEIB, MOHAMMED SULEIMAN, AMMAN SOUF et TAMER SOUF.

Nous sommes très préoccupés par le sort de ces jeunes garçons qui sont tous en âge scolaire et ont été arrêtés et détenus sur accusation "d’attentat meurtrier par jet de pierres", alors qu’il n’y a aucune preuve, aucun témoin oculaire, aucune plainte enregistrée à la police.

Les garçons ont été torturés et battus en prison et ils sont menacés d’internement à vie. Les "Hares Boys" ont été incarcérés un mois après la publication d’un rapport UNICEF sur les enfants dans les prisons militaires israéliennes, rapport qui conclut aux " mauvais traitements d’enfants palestiniens confrontés au système de détention militaire qui semble courant, systématique et institutionnalisé".

Les abus physiques, verbaux et psychologiques envers les enfants palestiniens emprisonnés sont considérés non répréhensibles dans le système israélien.

Les "Garçons de Hares" passent en audience au tribunal militaire près de la ville de Mejdo, jeudi 26 novembre 2015.

Aucun enfant ne devrait être jugé par un tribunal militaire. Nous en appelons d’ urgence à l’UNICEF pour qu’ elle réagisse concrètement et envoie une délégation en Israël et exige
des autorités israéliennes un jugement équitable, conforme aux lois internationales, et qu’aucun aveu obtenu sous la torture ne puisse être pris en considération. Il faut qu’ Israël respecte le droit international et les droits des prisonniers, en particulier ceux des enfants.

Israël bafoue les conventions d’ONU sur le Droit des Enfants qui stipulent qu’en dessous de 18 ans on a affaire à un enfant. Israël traite et juge des enfants comme des adultes ; des enfants de 9 ans sont arrêtés régulièrement et non pas exceptionnellement, en criminalisant des générations entières et dans l’intention d’ éliminer les protestataires.

Contrairement à la manière dont sont traités les Palestiniens, les agresseurs israéliens qui ont
commis des crimes, tels que brûler vifs des nouveaux-nés et des familles entières n’ ont pas été emprisonnés, ni accusés "d’attentat meurtrier", ni qualifiés de terroristes.

Aucun des noms de ces criminels n’ a été mentionné et leurs maisons n’ont pas été détruites.

L’arrestation, la détention ont des effets particulièrement graves sur la santé mentale et physique des enfants. En dépit de cela, la loi militaire israélienne n’accorde aucun droit spécial pour le traitement des enfants.

Dans le monde entier, les enfants sont jugés par des tribunaux pour mineurs, alors que les enfants palestiniens le sont dans des tribunaux militaires pour adultes.

Grand merci à vous pour avoir pris le temps de lire ce message et d’ agir immédiatement ! La Justice pour les "Hare Boys" et leur avenir sans entrave future est vitale pour eux, leur famille, et tout être humain qui a une conscience sur cette planète. Nous attendons votre réponse."

Avec nos meilleures salutations,

Elsa Collins, Alan Collins et les familles


(Traduit par M-N L.)

  • Sur les 700 enfants arrêtés par l’occupant israélien depuis le début octobre en Cisjordanie occupée, 400 sont toujours détenus illégalement. Ils ont entre 11 et 17 ans, et sont souvent en détention administrative (sans inculpation, ni procès).

Ils sont répartis dans les prisons de Etzion, HaSharon, Ofer, Megiddo et Givon, indique Addameer.

Ils sont souvent gardés jusqu’à 48 H dans des centres d’interrogatoire, sans nourriture, ni boisson, battus et insultés.

CAPJPO-EuroPalestine


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