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14 janvier 2016

À Crémisan, l’armée israélienne interdit à des évêques l’accès au mur d’annexion

Les évêques de la Coordination Terre Sainte ont été empêchés par l’armée israélienne de se rendre le 10 janvier sur les lieux de la construction d’un nouveau tronçon du mur de séparation, dont le tracé divise des terres palestiniennes chrétiennes, rapporte le journal La Croix.


Au cours de leur séjour, du 7 au 14 janvier, la coordination des conférences épiscopales pour le soutien de l’Église en Terre Sainte, mandatée par le Saint-Siège, devait notamment se rendre sur les lieux où l’armée israélienne est en train d’ériger un nouveau morceau du mur de séparation, près de Bethléem (Autorité palestinienne). Mais les soldats les ont empêchés d’accéder au chantier, considéré comme « militairement stratégique », ont rapporté par la suite des membres de la délégation.

Celle-ci est composée d’évêques européens, nord-américains et sud-africains, ainsi que de laïcs et de prêtres représentants des organisations catholiques.

Interrogé par La Croix, l’évêque d’Evry (Essonne), Mgr Michel Dubost, seul Français de la Coordination Terre Sainte, a évoqué des menaces « presque physiques ».

« On nous a intimé de partir presque en nous touchant, nous avons finalement fait demi-tour », raconte-t-il. « Avec les autres membres de la délégation, nous avons pu prier ensemble un Notre Père alors que les soldats se dirigeaient vers nous, cela a été un moment fort ».

Politique du fait accompli

Le tracé de ce nouveau tronçon coupe de fait les terres d’une soixantaine de familles chrétiennes à Beir Ona, dans la vallée de Crémisan. Cette zone agricole fait l’objet depuis plusieurs années de vives tensions entre elles et l’État d’Israël, qui affirme la nécessité d’annexer ces lieux pour y construire un mur censé le protéger des attaques palestiniennes.

En juillet, un tribunal israélien a donné son feu vert à la construction de ce tronçon. Mais les familles palestiniennes ont déposé un recours. Alors que la décision définitive du tribunal israélien était encore attendue, l’armée a confisqué les terrains, arraché les oliviers et repris les travaux quelques semaines plus tard.

La délégation a malgré tout pu se rendre sur une zone récemment défrichée par les bulldozers israéliens et constater de loin l’avancée des travaux. « Nous sommes arrivés jusqu’à un endroit où se trouve un pont qui fait désormais office de frontière » entre la partie palestinienne de Bethléem et des alentours et les colonies israéliennes non loin de là, raconte Mgr Dubost, interrogé depuis la Jordanie où la Coordination s’est rendue ensuite.

« Comme souvent, les Israéliens mènent une politique du fait accompli, alors qu’un recours avait été déposé », poursuit-il.

Il y a quelques semaines, la Commission pour la planification locale de Jérusalem a déposé un plan pour la construction de près de 900 nouveaux appartements pour l’expansion vers le Sud de la colonie de Gilo, près de Bethléem, soit en direction de la vallée de Crémisan.

Pour le site terrasanta.net, ce projet d’urbanisme affaiblit l’argumentation sécuritaire avancée par Israël pour justifier la construction du mur. « La vallée de Crémisan doit rester du côté israélien pour permettre de construire de nouvelles maisons », affirme-t-il.

« Nous avons rencontré l’un des propriétaires expropriés, qui est très remonté : il a déjà tellement perdu », relève l’évêque d’Evry. « Le moral des chrétiens palestiniens n’est pas bon, beaucoup estiment que la seule solution est l’émigration. Ils se sentent abandonnés de tous, car l’attention internationale se concentre désormais dans la région sur la Syrie et l’Irak ».

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Monde/A-Cremisan-l-armee-israelienne-interdit-a-des-eveques-l-acces-au-mur-de-separation-2016-01-12-1403440

CAPJPO-EuroPalestine


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