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20 janvier 2016

Hommage à la photographe franco-marocaine Leila Alaoui

Leila Alaoui*, qui est morte lundi suite à l’attentat de Ouagadougou, était parmi nous à Paris, lors de la présentation à la librairie Résistances, du livre "IDBIHI" sur les mémoires des OS maghrébins de Renault. Nous publions quelques lignes de Youssef Haji, l’un des auteurs du livre, qui lui rend un tendre hommage.


"La dernière fois que j’ai vu Leila Alaoui c’est à Résistances, elle est venue avec Aziz et Christine, ses parents, pour nous retrouver autour de mon livre IDBIHI. Voici des bribes de textes pour elle, jeune, libre et amoureuse des gens debout contre les machines de guerres et d’occupation.

Chère Leila,

Mostafa Idbihi t’a porté petite dans ses bras. Maintenant c’est toi qui porte les images des anciens OS, migrants et autres déplacés. Frêle comme un oiseau aux ailes de papillon, tu nous a reçus à la maison de la photo comme des étoiles joyeuses par ta rencontre. Nous avons comme toi la respiration difficile, nous nous accrochons comme toi à un nuage de passage, au souffle d’une gazelle et un rire d’un Chibani dans le Foyer de Montreuil.

Tu sortiras radieuse de ce gris pour te retrouver autour d’autres images qui défient l’obscur et la brutalité des lâches. Avec ces mots nous échangions, Idbihi et moi, hier avec Leila, sa famille et ses amis.

Sombre jour pour nous. Voilà, tu as décidé de ne plus nous revoir dans ce bas monde. Tu as juste accepté d’ouvrir les yeux pour faire un sourire à ton frangin Soulayman, avoir des nouvelles de tes parents Christine et Aziz. J’ai l’impression que tu n’avais aucun désir de revenir dans un monde dominé par les marchands d’armes, des lâches et des faiseurs de guerre.

Les anciens OS de Renault, tes amis du foyer de Montreuil et les migrants du quartier l’Océan à Rabat vont te retrouver dans les sourires de nos enfants et dans le vol des oiseaux aux ailes de papillons.

Allah Yerehma"

Youssef Haji.

  • La jeune photographe de 33 ans est décédée d’un arrêt cardiaque lundi soir dans la clinique de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, où elle avait été transportée après avoir été blessée lors de l’attaque djihadiste menée vendredi soir contre un hôtel et un café, qui a fait 30 morts. Elle se trouvait, avec son chauffeur, Mahamadi Ouédraogo, qui a été tué, à bord d’une voiture prise pour cible par les assaillants.

Amnesty International, pour laquelle Leïla Alaoui était en reportage à Ouagadougou, a expliqué que l’aggravation de son état de santé n’avait pas permis son évacuation. Des critiques ont toutefois été émises par des proches de la photographe sur la manière dont la France avait réagi après l’attentat, indique l’AFP : « Les autorités françaises ne se sont manifestées que le lundi vers 14 heures ou 15 heures pour la voir à l’hôpital » alors que « j’avais appelé personnellement le consul dimanche matin », a déclaré son frère Soulaymane, interrogé depuis Ouagadougou par l’AFP. Il a déclaré avoir été accueilli à l’aéroport burkinabé par des représentants de l’ambassade du Maroc, qui « étaient les seuls à être là ». Lla mère de la photographe, s’est également émue de l’attitude des autorités françaises alors que sa fille était hospitalisée.

CAPJPO-EuroPalestine


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