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24 janvier 2016

Quand Israël restitue les corps des victimes à leurs familles, c’est dans un état catastrophique

La famille palestinienne de Bassim Salah a attendu un mois que les Israéliens lui rendent son corps. Quand ils l’ont fait, il a fallu retarder le rituel funéraire, la dépouille, gelée, ne pouvant être enterrée dignement.


C’est honteux, c’est inhumain et bien entendu cela n’a aucun rapport avec la sécurité de qui que ce soit. Mais cela ne choque pas Manuel Valls, ni Laurent Fabius, pas plus que Hollande et le reste de son gouvernement, qui se taisent à ce sujet, n’ouvrant la bouche que pour exercer le chantage à l’antisémitisme.

Bassim Salah, 38 ans, a été tué fin novembre à Jérusalem par des policiers israéliens alors qu’il agressait l’un d’eux au couteau... selon la police.

"Son cadavre, comme celui de dizaines d’autres auteurs ou auteurs présumés d’attaques, est devenu l’objet d’une macabre confrontation, par-delà la mort, entre l’affliction et le sens du sacré chez les proches, et les calculs sécuritaires et politiques chez les Israéliens.", écrit l’AFP

Le frère de Bassim Salah, Saad, a fixé en photo sur son portable la vision d’effroi qui a saisi les siens quand, soulagés de pouvoir enfin entreprendre leur travail de deuil, ils ont récupéré son corps via le Croissant rouge palestinien.

Pendant un mois, sa famille, qui vit à Naplouse en Cisjordanie occupée, avait réclamé ses restes, alors que selon la tradition musulmane, les corps sont enterrés juste après le décès. "On voulait seulement l’enterrer. Enterrer un mort, c’est l’honorer", dit Saad.

Mais il a fallu encore retarder son enterrement, car sa dépouille était figée dans une posture incongrue, apparemment après être restée dans la chambre froide d’une morgue. Il a fallu "laisser fondre le bloc de glace pendant une journée", raconte son frère.

Jusqu’à 56 corps dans les morgues

Israël qui avait d’abord déclaré confisquer définitivement les corps des victimes palestiniennes, a dû faire marche arrière face à l’indignation et la mobilisation des Palestiniens. Netanyahou s’est donc "contenté" de retarder la restitution des dépouilles, parfois jusqu’à plus de trois mois.

Au plus fort des confiscations, Israël a retenu 56 dépouilles, selon la campagne palestinienne qui s’est créée sur le sujet. Puis, entre fin décembre et début janvier, des dizaines de corps ont été rendus.

Abdallah Abou Hilal, docteur au centre médical d’Abou Dis près de Jérusalem, a vu défiler les corps pétrifiés par la glace. La dépouille de Mazen Aribeh, abattu à 37 ans, "était tellement congelée qu’on a dû s’y mettre à vingt pour la transporter", dit-il à l’AFP.

"A voir l’état des corps, des têtes, les Israéliens doivent jeter les corps dans les réfrigérateurs sans la moindre précaution", ajoute-t-il.

Israël détient encore dix corps de Palestiniens, tous de Jérusalem-Est.

Même quand il restitue les corps, Israël pose ses conditions. Certains enterrements doivent avoir lieu de nuit, avec un nombre limité de personnes.

Des familles en deuil ont rapporté avoir dû verser des milliers de shekels de caution (1000 shekels = 250 dollars), non restitués si les funérailles ne satisfaisaient pas aux exigences israéliennes. Ce dépôt de garantie a laissé à certains Palestiniens l’impression de payer pour la dépouille de leurs enfants.

A Jérusalem-Est, Mohammed Aliane, attend toujours le corps de son fils Bahaa, 22 ans, tué après avoir tué avec un autre Palestinien trois personnes mi-octobre. Israël a détruit la maison familiale et garde son corps.

Mais son père jure qu’il tiendra bon. "Mon fils, je ne l’enterrerai ni de nuit, ni contre une caution, ni en dehors de Jérusalem".

http://www.rtbf.be/info/dossier/perspectives-dans-le-conflit-israelo-palestinien/detail_entre-israeliens-et-palestiniens-le-conflit-au-dela-de-la-mort?id=9193994

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