Adhésions et dons       CAPJPO-EuroPalestine en faits       Contact 
8 février 2016

Démolitions massives de maisons palestiniennes en Cisjordanie

L’armée israélienne a démoli la semaine dernière 23 maisons palestiniennes dans deux villages des collines au sud d’Hébron, laissant 100 personnes sans abri. Un crime de guerre caractérisé contre lequel aucune sanction n’a été prise par nos gouvernants. Plus que jamais : boycott de cet état criminel !



Une Palestinienne assise sur les ruines de sa maison en Cisjordanie après sa destruction par les forces israéliennes d’occupation le 2 février. C’est l’une des plus de vingt maisons démolies par les forces israéliennes d’occupation à Jenbah, dans les collines au sud de Hebron, qui ont laissé 100 personnes sans abri. Wisam Hashlamoun APA images

Breaking the Silence, le groupe israélien d’anciens soldats, a décrit ces actions d’hier comme la plus grosse démolition depuis dix ans en Cisjordanie occupée.

D’une superficie d’un peu plus de quarante huit km carrés (30 miles carrés), cette zone comprend une douzaine de villages où les Palestiniens vivent depuis des générations. Les habitants de cette région résistent depuis des années aux efforts d’Israël pour les chasser. Pendant ce temps, Israël a permis aux colonies juives d’y proliférer. Ce groupe de villages, appelé Zone de Feu 918 par Israël est connu par les Palestiniens sous le nom de Masafer Yatta.

Il est prévu de raser vingt autres maisons et bâtiments de la zone incessamment, mais des avocats des villages ont obtenu d’un tribunal une injonction de surseoir aux démolitions encore quelques jours. Les habitants vivent sous la menace d’expulsion forcée depuis 17 ans.
En 1999, l’armée israélienne a émis ses premières ordonnances d’évacuation des villageois. Après que l’Association pour les Droits Civiques en Israël et l’avocat Shlomo Lecker aient saisi la Cour Suprême d’Israël, les habitants ont été autorisés à rentrer chez eux à condition qu’ils s’engagent dans un processus d’arbitrage avec les autorités israéliennes d’occupation.

Conclusion unilatérale

Après le début des négociations, Israël a proposé un transfert des villageois dans une autre zone, ce qu’ils ont refusé. L’Association pour les Droits Civiques en Israël et l’avocat Shlomo Lecker ont relancé une démarche contre tout transfert forcé. Lundi, Israël a mis fin unilatéralement à la médiation en cours.

Si elles sont menées à bien, les démolitions laisseront plus de 1 000 personnes de huit autres villages sans abri, selon le groupe israélien de défense des droits humains B’Tselem.
Israël prétend que cette zone est essentielle à l’entraînement des forces militaires israéliennes.
Masafer Yatta est dans la zone C qui représente approximativement 60% de la Cisjordanie et qui est sous contrôle militaire et civil israélien total, selon les termes des accords d’Oslo de 1993.

Le droit international interdit le transfert forcé ou le déplacement d’une population autochtone par une puissance occupante.

Au cours de l’année 2015, Israël a démoli 521 structures en zone C et à Jérusalem Est, occasionnant le déplacement de 636 personnes, selon OCHA, le groupe de suivi de l’ONU.
Une grosse majorité de ces démolitions a été effectuée au motif que les Palestiniens n’avaient pas le droit de construire. Entre 2010 et 2014, seuls 1,5% des demandes de permis de construire ont été approuvées par les autorités israéliennes d’occupation en zone C.

Les villages de Masafer Yatta sont appauvris et Israël refuse de leur permettre de se raccorder à l’eau et à l’électricité. Ils sont totalement dépendants de panneaux solaires ou de génératrices communales et les enfants doivent parcourir près de 10km (6 miles) sur un terrain rocailleux pour atteindre l’école la plus proche.

Israël a émis des ordonnances de démolition de 15 citernes, 19 toilettes et fosses septiques construites avec une aide du gouvernement du Royaume Uni. Selon le Guardian, l’armée avait marqué les maisons des villageois la nuit précédente. Les habitants ont été réduits à deviner ce qui les attendait en entendant des soldats parler hébreu. Mardi, après les démolitions, les villageois ont extrait des meubles des ruines de leurs maisons et monté des tentes, indique le Guardian.

D’autres familles ont emporté leurs affaires dans des grottes qui serviront d’abris.

Khalil Mousa est né en 1942 à Khirbet al-Markaz, un des villages que l’armée israélienne veut déplacer. Il a dit à B’Tselem, qu’en dépit des difficultés de vie dans ce village pauvre et isolé, « les familles travaillent la terre et élèvent des moutons et nous avons ici un petit village parfait ».
« Notre mode de vie est primitif et difficile, mais nos liens à ce lieu sont forts et nous n’en avons pas d’autre » a ajouté Mousa. « Nous sommes liés à la terre et aux troupeaux qui sont notre moyen de subsistance ».

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2016/02/07/la-plus-grosse-demolition-israelienne-de-la-decennie-laisse-100-personnes-sans-abri/

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine à partir d’un texte de Electronic Intifada

CAPJPO-EuroPalestine
CAPJPO-EuroPalestine


Derniers articles dans la même rubrique 0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | ... | 8240