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3 avril 2016

Rossignol, Badinter : les « féministes » racistes et misogynes sont de sortie

La haine des femmes musulmanes et la négrophobie ont encore frappé fort ce week-end, en provenance d’une ministre inculte, Laurence Rossignol, rapidement relayée par la milliardaire misogyne Elisabeth Badinter.

Sous prétexte de « débat sur la mode islamique » Laurence Rossignol, ministre des « Droits des Femmes » entend décider à la place des femmes musulmanes comment celles-ci doivent s’habiller.



(Laurence "Fashion" Rossignol)

Comme l’écrivent les initiateurs d’une pétition demandant des sanctions contre la ministre, Mme Rossignol réduit les femmes musulmanes « à des poupées de porcelaine nécessitant une aide extérieure pour savoir ce qui est bon et moins bon ».

« Que les goûts vestimentaires de Laurence Rossignol et consorts les amènent loin de la mode islamique est une chose, qu’ils érigent leurs préférences en norme absolue et indépassable en est une autre. Qui sont-ils pour dicter aux femmes leurs codes textiles ? », poursuivent les auteurs de la pétition (pour signer celle-ci : https://www.change.org/p/tousuniscontrelahaine-du-gouvernement-que-laurence-rossignol-soit-sanctionnée-pour-ses-propos-racistes)

Non contente d’étaler son islamophobie, Laurence Rossignol, qui était interviewée à la radio RMC, y a ajouté une pincée de négrophobie. Quand l’animateur de l’émission Jean-Jacques Bourdin lui fait observer que l’achat de vêtements « islamiques » résulte généralement d’une démarche volontaire de la part de cette clientèle, elle répond en effet : "Mais bien sûr il y a des femmes qui choisissent, il y a des nègres afro… des nègres américains qui étaient pour l’esclavage". Propos décousus et aberrants, mais qui ne cachent pas le racisme de leur auteure.



(L’objet de la haine des Rossignol, Badinter et compagnie)

Devant le tollé provoqué par la ministre, l’establishment politico-médiatique a été rapidement mobilisé pour la protéger.

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Citons, parmi les soutiens à Rossignol, le « millionnaire de gauche » Pierre Bergé, dont la misogynie n’est plus à démontrer. « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? » déclarait déjà ce pathétique individu lors de la campagne pour le mariage homosexuel.

Le micro a bien sûr été complaisamment tendu à la « féministe » Elisabeth Badinter, une femme qui revendique ouvertement son islamophobie.

Rappelons que Mme Badinter est l’héritière de Marcel Bleustein-Blanchet, un des créateurs du marché de la publicité en France, autrement dit une industrie où l’instrumentalisation, quand ce n’est pas l’avilissement du corps féminin, a toujours sévi.


Après avoir exprimé son accord « sur le fond » avec la ministre, Elisabeth Badinter, « plus militante que moi tu meurs », préconise carrément le boycott des enseignes qui ont des vêtements islamiques à leur catalogue. « Je pense que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes », déclare-t-elle au journal Le Monde.

Le gouvernement va-t-il pour autant la poursuivre pour discrimination à raison de la religion ? On peut en douter.

  • Nous reproduisons ici cette lettre ouverte à la ministre des familles blanches, de l’enfance catho-laïque et des droits des islamophobes

    Madame la ministre,

Dire que vous êtes la ministre des droits des femmes... Pardon : "Ministre des Familles (ça se veut inclusif), de l’Enfance et des Droits des femmes". Mais que pouvait-on attendre d’une membre d’un gouvernement qui vient, en 2016, confirmer les stéréotypes que nous femmes, nous coltinons depuis des siècles en donnant la charge des Droits des femmes au ministère en charge des Familles et de l’Enfance ? Ainsi, nous avons la trilogie femme épouse mère. L’égalité femme-homme se porte très bien au pays des droits de l’Homme (les femmes sont paraît-il incluses dedans). A votre place je m’indignerais d’abord pour ce retour en arrière.

Donc, Madame la ministre, vous vous octroyez le droit de faire référence, de manière très négative et assumée, à l’histoire de l’esclavage. Dois-je vous rappeler que cette histoire n’est pas la vôtre et qu’en tant que ministre de la République, en dehors de faire en sorte que l’histoire de l’esclavage soit enseignée correctement, vous n’avez nullement le droit de l’instrumentaliser à des fins politiciennes, et moins encore à des fins racistes, en opposant des minorités visibles. Sachez qu’en tant que Noire musulmane et voilée, je trouve indécente votre comparaison des femmes voilées à ces "nègres" dont vous parlez qui auraient été "pour l’esclavage". A vous entendre il y a donc des nègres qui étaient pour cette négation absolue de leur être, cette sur-exploitation, cette extermination par le travail et les sévices, légitimée par une stigmatisation de leur couleur de peau...

Laissez-moi vous apprendre qu’aucun-e Noir-e ne pouvait être pour ces crimes contre l’humanité. Il est vrai qu’il y a eu des "nègres de maison" qui, pour moi, ont fait ce qu’ils ont pu pour survivre à l’horreur, ont négocié comme le font souvent les dominé-e-s face aux violences qu’ils et elles subissent, des petits droits pour respirer un peu et rendre un peu moins atroces leurs conditions de vie. Des femmes l’ont fait et le font encore parce qu’il n’est pas simple de consacrer sa vie à la résistance, et que subir de constantes violences peut donner envie de caresser son bourreau dans le sens du poil – ou pousser du moins à s’y résigner.

Sachez que tou-te-s les esclaves ont résisté, à leur manière, comme ils et elles le pouvaient, souvent au prix de leur vie. Oui, mourir a pu être vu comme préférable, pour elles et eux, au supplice que certains de vos semblables (politiciens blancs) – leur avaient infligés. Quand vous subirez ce qu’ils et elles ont subi, nous pourrons juger de votre réaction et là seulement, vous aurez le droit d’émettre un avis sur la question. Vous comprendrez bien, madame Rossignol, que la négresse musulmane et voilée que je suis vous emmerde.
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Mais si vous avez pu dire en toute tranquillité vos horreurs et les assumer sans honte le lendemain, c’est bien parce que vous êtes sûre qu’insulter les musulmanes et les Noir-e-s de France ne coûte absolument rien. Vous êtes sûre de pouvoir continuer d’occuper votre poste de ministre malgré des injures racistes d’une violence inouïe, qui heurtent une partie non négligeable de la population française. Manque de bol, je ne tends pas mon autre joue, et je suis loin d’être seule dans ce cas. J’aurais même tendance à chercher des gants de boxe pour me défendre car j’en ai marre de recevoir des coups sans que jamais celles et ceux qui les donnent soient puni-e-s. Sachez-le donc, madame la ministre : la négresse musulmane et voilée que je suis vous emmerde.

Cela dit, j’emmerde également notre Président de la République – et s’il veut me déchoir de ma nationalité française pour outrage à sa fonction, je l’emmerde doublement. J’emmerde ce président qui laisse faire et dire de pareilles immondices, qui laisse une ministre de la République blesser, heurter, choquer, provoquer les musulmanes voilées et les Noir-e-s de ce pays. Une ministre censée défendre les droits des femmes, et qui vient taper sur des femmes parce qu’elles sont musulmanes, et parce qu’elle sait qu’il n’y aura certainement aucune conséquence, ni politique ni judiciaire... Comment respecter un monarque qui prétend diriger une grande démocratie et qui, même dans la condamnation, fait dans le deux poids deux mesures ?

Plus largement, mes cher-e-s responsables politiques, vous qui avez tout privatisé, vous qui avez économiquement tout déréglementé au nom de la sacro-sainte loi du libre marché, et qui là tout à coup devenez interventionnistes pour vous mêler (et vous indigner) de ce que des boutiques (libres de leurs stratégies commerciales) décident (librement) de proposer comme vêtements à leurs clients (libres de les acheter ou pas), vous aussi, je vous emmerde. Et vous aussi, Pierre Bergé, patron d’Yves-Saint Laurent, qui soutenez cette croisade contre la "mode islamique", je vous emmerde.
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Je vous emmerde car vous ne faites pas de la politique noble. Et quand pour une fois pendant ce quinquennat le gouvernement parle des vrais problèmes des habitant-e-s de ce pays, par exemple l’emploi, qu’est ce qu’on gagne ? La loi El Khomri, qui, comme jadis le CPE, est combattue par tout le monde, y compris les étudiant-e-s. Têtus et bornés, vous ne savez pas écouter celles et ceux qui vous ont élus, celles et ceux que vous êtes censés servir. Vous n’en faites qu’à vos têtes, et votre orgueil aura raison de vous. Faut-il rappeler à monsieur Hollande que la courbe du chômage n’a guère été renversée ? Que la promesse des "récépissés" contre le contrôle au faciès a été jetée à la poubelle, et que le ministère de l’Intérieur va même jusqu’à contester l’existence même de ces contrôles au faciès ? Qu’il va jusqu’à faire appel contre une condamnation judiciaire de contrôles discriminatoires avérés ? Que la promesse du droit de vote des étranger-e-s elle aussi a été enterrée, et qu’à la place nous avons eu droit à des projets de "déchéance de nationalité" ?

Quant à ce premier ministre qui entretient et attise la haine contre les musulman-e-s, et qui n’a aucune gêne à se déclarer "lié de manière éternelle" à un Etat colonial (Israël), il va de soi aussi que je l’emmerde.

J’emmerde par ailleurs tous les responsables politiques et toutes les féministes qui gardent le silence parce que c’est sur des musulmanes qu’on tape. Par leur silence ils sont aussi responsables que vous, madame Rossignol, qui tentez de vous faire un nom sur notre dos. J’ai une pensée aussi pour Jean-Jacques Bourdin : lui qui aime se montrer bourru, batailleur, inquisiteur, sans concessions face aux hommes politiques, et qui a laissé passer sans un mot vos propos orduriers, je l’emmerde.

Je pense pour finir aux paroles si justes de Kery James : "C’est vous qui avez décidé de mêler votre histoire à la nôtre"... "Nous devons vivre ou mourir ensemble"... Madame Laurence Rossignol, vous sortez les musulman-e-s du « nous », et en faisant cela vous ne respectez même pas vos propres initiatives : la campagne nationale appelant à s’unir contre le racisme ne signifie donc rien pour vous ? Cela ne vous pose-t-il pas problème que la devise de la France ne soit qu’un slogan creux sans aucune substance mais que vous continuez de vider ?

Soyez assurée, madame la ministre, que la négresse musulmane voilée que je suis vous emmerde.

Par : NDELLA PAYE

Source : LMSI.net

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