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6 mai 2016

A Rafah, le sol se dérobe sous les pieds des Palestiniens (Vidéo)

Reportage de l’AFP sur la destruction de la ville de Rafah au sud de Gaza, par injection d’eau de mer dans le sous-sol.

"Dans le sud de la bande de Gaza, on ne parle que de lui : ce tuyau souterrain qu’emploierait l’Egypte pour inonder la frontière, parachevant le bouclage de l’enclave et ajoutant à l’enfermement palestinien un terrible dommage écologique et économique.

Cette conduite, personne ne l’a vue et l’Egypte n’en a jamais confirmé l’existence. Mais les Palestiniens, officiels et anonymes, n’ont aucun doute : les effondrements de terrain et les énormes cavités constatés ces derniers mois dans le paysage semi-désertique sont provoqués par cette mystérieuse canalisation dans laquelle les Egyptiens détourneraient l’eau de la Méditerranée pour la déverser dans la zone tampon.

Sous une serre de plastique parmi les cratères qui se forment à vue d’oeil, quelques Palestiniens tentent d’écoper les mares d’eau qui se sont formées au fond d’un tunnel.
Commercial ou militaire, Le Caire ne fait pas de distinction. Depuis 2013, son armée a détruit des centaines de tunnels.

La mise en eau de la zone tampon serait responsable en grande partie de nombreux effondrements de tunnels qui, depuis janvier, ont tué au moins 15 Palestiniens, dont 11 combattants du Hamas.

Le Caire refuse de commenter les travaux de son armée le long de la frontière, se bornant à dire qu’ils ne visent pas à nuire aux Palestiniens.

Les défenseurs des droits de l’Homme affirment que, côté égyptien, plus de 3.000 familles ont été expulsées de force et des milliers d’habitations sacrifiées à la création de la zone tampon.
Le silence égyptien ne fait que renforcer le soupçon et la rumeur côté palestinien d’où on ne voit plus rien en Egypte qu’une étendue vide où se dresse, seul, un campement militaire.

L’impact n’est pas seulement commercial ou militaire. "Ce n’est que le début et c’est déjà une catastrophe", s’alarme Oussama Abou Nogira, un ingénieur chargé de la Santé et de l’Environnement à la mairie de Rafah.

La nappe phréatique, déjà polluée à 97% et dangereuse à la consommation, pourrait devenir définitivement inutilisable dès cette année, selon les autorités palestiniennes, alors que l’accès à l’eau potable est un problème majeur de santé publique.
Un tiers des réserves d’eau du gouvernorat de Rafah, sa réserve agricole et un important réseau d’infrastructures se trouvent au plus près de la frontière. Le réseau électrique, routier et de traitement de l’eau menace de s’écrouler comme un château de cartes, selon M. Nogira.

"Le gouvernorat de Rafah, qui compte 230.000 habitants, va devenir invivable", s’émeut-il.
Depuis plusieurs mois, dit-il, "la terre est imbibée d’eau salée. La production de concombres est passée de huit à trois tonnes". Le problème, c’est qu’avec l’enfermement de Gaza, "on n’a nulle part ailleurs où aller".

Source AFP

CAPJPO-EuroPalestine


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