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22 mai 2016

Quand Lieberman fait concurrence à Valls

La visite d’allégeance que Manuel Valls a commencée ce week-end au pays de l’apartheid n’a franchement pas fait recette : le Premier ministre a beau dire et redire son « attachement éternel » à Israël, et répéter qu’il n’est pas question pour la France de reconnaître un Etat de Palestine, la presse locale s’intéresse plus aux marchandages concernant le retour au gouvernement d’Avigdor Lieberman.

Dimanche soir, les tractations entre Netanyahou et Lieberman, qui dirige Yisrael Beitenu, une formation d’extrême-droite non membre de la coalition gouvernementale actuelle, n’avaient pas encore abouti.


Mais on en connaissait les principaux termes : en échange de son entrée dans la majorité parlementaire (Yisrael Beitenu a 6 députés sur 120 à la Knesset), Lieberman s’est vu promettre le ministère de la Défense, dont le titulaire, Moshe Ya’alon, a préféré claquer la porte lui-même avant de se faire éjecter. Ya’alon, un militaire de carrière qui a beaucoup de sang sur les mains (ancien membre des équipes qui ont supervisé le massacre de Sabra et Chatila à Beyrouth en 1982, par exemple), pose maintenant au libéral, voire à l’humaniste.

INSTAURATION DE LA PEINE DE MORT... SAUF POUR LES JUIFS !

Une des autres conditions posées par Lieberman, un sinistre voyou que même Sarkozy refusait en son temps de rencontrer, a fait quelque peu jaser ceux qui s’acharnent à présenter Israël comme « la seule démocratie du Moyen-Orient » : il s’agit de l’instauration de la peine de mort pour terrorisme, étant bien entendu qu’en aucun cas elle ne pourrait être prononcée contre un individu identifié comme juif.

Un procureur général à la retraite, Yehuda Weinstein, s’est permis une critique : des dizaines d’Etats ont aboli la peine capitale au cours des dernières décennies, et Israël serait au contraire le seul à la « rétablir ».

Belle hypocrisie ! D’abord, parce qu’y compris d’un point de vue strictement formel, la peine de mort peut déjà être prononcée par un tribunal israélien, pourvu qu’il s’agisse d’un tribunal militaire (la juridiction dont relèvent précisément … les Palestiniens).

Mais surtout, parce que depuis toujours, l’Etat d’Israël, sa police et son armée ont pratiqué, exécutions extra-judiciaires et exécutions sommaires de Palestiniens.

Le vertueux Monsieur Weinstein ne trouve rien à redire à cela.

Le ministre Naftali Bennett, dirigeant du parti Habayit HaYehudi (le « Foyer Juif »), déjà membre de la coalition gouvernementale dirigée par le Likoud, a pour sa part salué l’arrivée probable de Lieberman. « C’est formidable ! Nous allons avoir le gouvernement le plus à droite qu’Israël ait jamais eu » s’est-il exclamé.

Et Valls dans tout çà ? Sa visite en Israël n’a pas d’autre objet que de lécher les bottes de Benjamin Netanyahou, puisqu’elle suit de quelques jours seulement le voyage du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, qui a déjà exprimé la position du gouvernement français à ses interlocuteurs israéliens. Alors, vu que sa popularité dans l’Hexagone est en chute libre, il n’y aurait pas un petit strapontin pour lui aux côtés de Lieberman, Bennett, et toute la clique ?


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