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26 mai 2016

L’ONG Israélienne B’Tselem se décide à boycotter l’armée d’occupation

L’ONG israélienne B’Tselem, dont l’objet est de dénoncer les violations des droits des Palestiniens et d’accompagner leurs plaintes, a décidé de mettre fin à toute relation avec l’armée d’occupation, et ainsi servir quelque peu de caution aux crimes de cette dernière.



(Sawsan Ali Dawud Mansur avait 17 ans. Abattue lundi par des militaires qui ont ensuite prétendu que la jeune fille voulait les attaquer au couteau)

B’Tselem a été créée il y a 25 ans, et avait jusqu’à présent, encouragé le dépôt de plaintes auprès de l’armée israélienne, en aidant les victimes palestiniennes à constituer les dossiers (rapports des victimes elles-mêmes, de témoins, images, etc.)

Mais l‘organisation a fini par conclure que cette collaboration était moralement inacceptable, parce que l’armée ment tout le temps, et qu’en conséquence, continuer à « jouer le jeu » avec elle revenait à fournir une caution à ses menées criminelles.

Les mécanismes d’enquête interne de l’armée israélienne sont une plaisanterie de mauvais goût, estime B’Tselem, et il est temps d’arrêter cette sinistre comédie.

Dans un communiqué diffusé mardi, B’Tselem refuse donc de servir plus longtemps de « machine à laver » l’occupant militaire des territoires palestiniens de Cisjordanie.

« Nous sommes progressivement arrivés à la conclusion que le système d’enquête interne de l’armée est ainsi conçu qu’il interdit que justice puisse être rendue à ses victimes. Pire, le simple fait que ce système existe n’est qu’un vernis pour accréditer l’idée que l’Etat de droit et la justice sont respectés », écrivent les auteurs du communiqué.

Au cours des 15 dernières années, B’Tselem a porté un total de 739 plaintes concernant des Palestiniens tués, blessés, utilisés comme boucliers humains, ou dont les propriétés avaient été détruites ou saccagées par l’armée d’occupation.

Dans 70 % des cas, aucune enquête n’a jamais été ouverte. Et au final, seules 3% des plaintes ont donné lieu à des mises en cause de militaires, le nombre de sanctions, même minimales, contre les auteurs, se comptant sur les doigts de la main !

« En somme, pendant des années, nous avons contribué à diffuser, auprès de la population palestinienne, le message qu’il était possible d’obtenir justice et réparation, et qu’il était par conséquent utile de porter plainte contre l’armée lorsque des violations étaient flagrantes et documentées », commente à l’agence Ma’an Iyad Haddad, chercheur de terrain pour B’Tselem.

« Nous avons eu tort. Car ce faisant, nous renforcions la crédibilité d’un système incapable de donner des résultats et un quelconque semblant de justice aux victimes », ajoute-t-il.

Karim Joubran, directeur de la recherche de terrain de B’Tselem, a fait part de sa « honte » pour la collaboration passée, ajoutant que les procédures revenaient à infliger une « double peine » aux victimes palestiniennes, les plaignants se faisant très souvent maltraiter par les « enquêteurs » de l’armée, pour un résultat finalement nul.

« On est devenus des sous-traitants de l’occupation », a sévèrement résumé Yael Stein, un autre des responsables de B’Tselem, au cours d’une conférence de presse présentant la décision de rompre avec ces pratiques.

Et maintenant ? « Nous allons consacrer nos ressources à développer une campagne en direction du public israélien, visant à dépouiller le système de sa prétendue crédibilité, a indiqué Hagai Elad, le directeur exécutif de l’ONG.

B’Tselem est déjà dans la mire du gouvernement d’extrême-droite qui dirige Israël, et cela ne va pas s’arranger avec l’arrivée en renfort d’Avigdor Lieberman, nouveau ministre de la « Défense ». Ce dernier, avant de revenir aux affaires, a récemment qualifié B’Tselem de « traitres » et de « terroristes », auxquels il fallait réserver le même sort qu’à la résistance palestinienne.

Des projets de loi sont d’ailleurs à l’examen du parlement pour interdire, ou a minima étouffer financièrement, celles des ONG israéliennes qui critiquent l’occupation.

Mais pour Hollande/Valls, Israël reste bien "la grande démocratie du Proche-Orient", et son armée "la plus morale du monde".

Source : Ma’an

CAPJPO-EuroPalestine


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