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14 juin 2016

Pendant l’Euro 2016.... à Gaza

Pendant qu’on nous ordonne de faire la fête partout dans le monde pour célébrer l’Eurofoot 2016, et se rendre aux nombreuses compétitions, les footballeurs de Gaza nous décrivent leur amertume d’être enfermés dans Gaza depuis 10 ans, avec des infrastructures sportives régulièrement détruites par Israël.



Pas question de pouvoir voyager, ni pour les professionnels ni pour les amateurs ou les fans palestiniens : blocus oblige ! Blocus et punition générale pourquoi ? Parce qu’un parti qui ne plait pas à Israël a remporté démocratiquement des élections en 2006 ?

Pas question de s’entraîner normalement non plus : Israel détruit systématiquement les infrastructures sportives palestiniennes : Rien à voir avec la sécurité, évidemment, mais il ne faudrait quand même pas que des Palestiniens se fassent connaître pour leurs exploits sportifs !

En six ans et 3 bombardements massifs de l’armée israélienne sur la bande de Gaza, 5 stades importants de Gaza ont été détruits ou fortement endommagés.

Et rien qu’au cours des derniers massacres de l’été 2014, Israel, qui a tué 32 sportifs palestiniens, a complètement détruit 40 infrastructures sportives (stades, clubs, salles…), soit plus de 3 millions de dollars de perte.

Parmi les infrastructures visées en 2014 (et l’on ne nous dira pas que les drones israéliens tant vantés pour leur précision, ne l’ont pas fait exprès), on compte : le comité olympique palestinien, l’union du football, le stade de Yarmouk, le stade de Rafah, l’Union du club de Shujayea, le club de Deir Albalah, le club des jeunes de Rafah, le « sports city », et le club Al-Hilal.



Le mois prochain, après de gigantesques efforts en l’absence de matériaux de construction (puisqu’Israel ne les laisse entrer qu’au compte-gouttes), et une aide financière du Qatar, le grand stade "Palestine", détruit par Israel le 19 novembre 2012, ré-ouvrira ses portes, après reconstruction.

Mais la plupart des stades ont encore besoin d’être remis en état, et d’être mis aux mêmes normes que les stades internationaux.

Et quand les destructions ne suffisent pas, Israël empêche les sportifs de Gaza de rencontrer ceux de Cisjordanie, scindant ainsi l’équipe nationale de foot palestinienne qui ne peut jamais jouer ensemble.

Ce qui n’est pas propre au foot, comme en ont fait une nouvelle fois l’expérience, en mars dernier, les 103 coureurs de marathon de Gaza auxquels Israel a interdit de de participer au marathon international palestinien, qui se s’est déroulé récemment à Bethléem, en Cisjordanie.

Et il est souvent arrivé que des sportifs professionnels qui se présentent à la frontière d’Erez, gardée par Israël, pour tenter d’aller jouer en Cisjordanie occupée, se fassent arrêter et disparaissent dans les geôles de l’occupant, ni vu, ni connu.

Ce fut le cas de Mahmoud Sarsak en 2009, talentueux joueur du club Rafah, qui a été détenu sans inculpation ni procès pendant 3 ans, avant que sa longue grève de la faim (92 jours) alerte le reste du monde sur son sort.

Et depuis longtemps, pas question non plus de passer par l’Egypte, la dictature en place veillant à collaborer assidûment à ce que le blocus de Gaza soit parfaitement hermétique.

Gaza n’est qu’à quelques heures d’avion de la France, et les Palestiniens eux aussi aiment le foot, mais aucun d’entre eux ne fera partie des 2,5 millions de fans qui vont participer à l’Euro de football.

Ils resteront dans leur prison à ciel ouvert... aux bombardements israéliens, dont les missiles s’abattent à tout moment, sans prévenir, sur les agriculteurs, les pêcheurs, les hôpitaux... et les stades.


Par Ola Atallah

(Traduit en anglais par Yousef Aljamal, et en français par Khadija B., pour CAPJPO-EuroPalestine)

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