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3 novembre 2016

Le boycott de Hewlett-Packard (HP) s’amplifie dans le monde entier

Déjà dénoncé à de nombreuses occasions pour son implication dans le contrôle et la répression des Palestiniens, HP est en train de devenir la cible d’une campagne mondiale de boycott et de désinvestissement. Plusieurs pays annoncent même une semaine internationale d’action et d’information sur la participation d’HP à l’occupation et à la colonisation israélienne du 25 novembre au 3 décembre prochain.


Le géant étatsunien des technologies de l’information Hewlett-Packard se vante d’avoir “une présence massive” en Israël, avec près de 6000 employés, et il est l’un des principaux fournisseurs de technologies de l’information à l’appareil militaire israélien.

HP fournit des systèmes de traitement de l’information au Ministère de la Défense, il fournit et gère des serveurs informatiques pour l’armée, et administre l’infrastructure IT (Information Technology) pour la marine, participant ainsi au blocus de Gaza. Son contrat de 5 ans, passé en 2011 avec le ministère de la défense israélien garantit la fourniture et la gestion de tous les ordinateurs et serveurs du ministère et de l’armée pour un montant de 90 millions de dollars.

La société EDS Israël, désormais mieux connue sous le nom de HP Enterprise Services Israel, a fourni et installé le “Basel System”, c’est-à-dire un système de contrôle d’accès et d’identification biométrique (reconnaissance faciale et des paumes des mains) [1]. Il a fait son apparition pour la première fois en 2004 au checkpoint de Erez, le point de passage entre Israël et la Bande de Gaza, et il est actuellement aussi opérationnel dans plus de 20 checkpoints israéliens en Cisjordanie occupée.



Un Palestinien utilise le scanner biométrique au checkpoint de Qalandia – Photo AP

Outre qu’il sert à contrôler et à limiter la liberté de mouvement des Palestiniens, il sert aussi à mettre en œuvre le système de ségrégation et à collecter des données biométriques aussi bien que toutes sortes de données personnelles sur les Palestiniens.

CONTRATS AVEC LES PRISONS

Depuis 2007, HP fournit et gère aussi des systèmes informatiques et des imprimantes au service israélien des prisons.

ET DANS LES COLONIES

HP a installé un centre de recherche et développement dans la colonie israélienne de Beitar Illit.

Il a fourni des systèmes de stockage de données à la colonie de Ariel, qui est désignée dans une publication du groupe comme “la capitale de la Samarie” (ce qui est la terminologie utilisée par Israël pour désigner la partie nord de la Cisjordanie occupée), “au cœur d’Israël”. La carte incluse dans cette publication montre le territoire israélien s’entendant du Jourdain à la Méditerranée, sans aucune trace de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza.

Un récent rapport du groupe “Public Knowledge Workshop”, une ONG en faveur de la transparence, met en évidence le fait que – si on fait abstraction du Ministère de la Défense – “HP a plus de contrats conclus sans mise en concurrence avec le gouvernement israélien qu’aucune autre entreprise privée”.

La campagne de boycott d’HP établit un lien avec le boycott de la firme Polaroïd durant le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Cette autre société américaine qui avait développé une technologie de photographies à développement instantané, fournissait ses services pour les tristement célèbres passeports intérieurs ("pass") servant à contrôler et limiter les déplacements des noirs en Afrique du Sud.

Ce qu’avait découvert Caroline Hunter, à l’époque chimiste chez Polaroïd, et qui avait été licenciée pour avoir dénoncé cette collaboration.

La campagne de boycott de Polaroîd avait duré 7 ans avant d’être couronnée de succès, rappelle Anna Baltzer, une des organisatrices de la campagne anti-HP aux États-Unis, qui a participé à cette vidéo :

Le groupe “Palestinian Youth Together for Change” (La jeunesse palestinienne unie pour le changement), a lancé la campagne “Mutharkeen” (“ceux qui font bouger les choses”) et a déjà contribué à une prise de conscience, en multipliant les présentations à de nombreux groupes, aux étudiants et à des universités à Gaza et en Cisjordanie, ainsi qu’en Israël, où le système d’identité biométrique fourni par HP permet de faire la différence entre Juifs et non Juifs parmi les citoyens israéliens, ouvrant ainsi la porte aux multiples discriminations institutionnalisées entre les uns et les autres...

Ce groupe palestinien récolte les signatures de personnes qui s’engagent à boycotter HP, un boycott qui est défini comme “le rejet de la fragmentation géographique et morale imposée par la colonisation sioniste, et de la suppression de notre identité collective palestinienne”.

Le boycott de HP est aussi devenu une priorité pour le groupe BDS-Italie, qui mène campagne pour qu’un maximum d’organisations prennent l’engagement de débarrasser leurs bureaux de tout équipement fourni par HP. Le syndicat italien “Unione Sindacale di Base” a récemment approuvé à l’unanimité la campagne BDS et a appelé ses 250.000 membres ainsi que ses bureaux à ne plus acquérir aucun produit HP.

Le “Forum Italien de l’eau”, l’ONG “Un ponte per” et le syndicat COBAS ont pris des engagements similaires.

C’est également le cas de la “Palestine Solidarity Campaign” britannique qui a recueilli plus de 18.000 signatures de personnes s’engageant à ne plus acheter de produits HP.

Dans le passé, il est arrivé que HP cède à une pression venue de l’extérieur. En 1989, en raison de la montée en puissance des campagnes anti-apartheid, HP a pris ses distances avec l’Afrique du Sud. Et en 1996, HP s’est retiré de la Birmanie, à la suite d’une loi adoptée par le Massachusetts prévoyant que le gouvernement éviterait, lors de la passation de marchés publics, d’acheter à des compagnies qui faisaient des affaires dans ce pays.

En 2014, l’Église Presbytérienne des États-Unis a adopté une résolution par laquelle elle décidait de désinvestir de HP en raison de son rôle dans l’occupation de la Palestine. Avant ce vote, HP avait tenté de limiter les dégâts en adressant une lettre à l’église dans laquelle le groupe affirmait que son système de contrôle biométrique réduit les “frictions” dans les checkpoints israéliens !

HP, qui se targue de respecter les droits de l’homme dans sa "charte d’éthique", n’a pas réservé de suite à une demande de commentaires à propos de cet article, fait remarquer l’auteur de cet article, Stephanie Westbrook, américaine qui vit à Rome, et qui écrit de nombreux articles sur la Palestine. (On peut la suivre sur Twitter : @stephinrome), dont celui-ci publié par Electronic Intifada et traduit en Français par Luc Delval sur www.pourlapalestine.be

On peut trouver de nombreuses données factuelles concernant HP et sa collaboration avec l’occupation israélienne sur le site de “Who Profits” , et sur ;

pour accompagner la semaine d’action internationale de boycott d’HP.


CAPJPO-EuroPalestine


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