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26 juin 2016

Soutien aux militants BDS qui passent en procès jeudi à Toulouse !

Europalestine apporte son soutien total à Bernard, Jean-Pierre, Loïc et Yamann convoqués au tribunal de Toulouse le 30 juin. Merci à toutes celles et ceux qui peuvent se rendre au tribunal jeudi d’y être dès 13 H.



Photo CAPJPO-EuroPalestine prise lors de l’audience du 9 décembre 2015

Ils sont poursuivis pour "entrave à l’exercice normal d’une activité économique » pour avoir distribué des tracts BDS à Toulouse, après dénonciation de deux organisations pro-israéliennes dont la LICRA locale.


Merci à tous les militant(e)s et sympathisant(e)s qui le peuvent à se libérer ce jeudi de se rendre au tribunal de Toulouse (Métro/tram Palais de Justice) à partir de 13 H

  • Pour exprimer vous aussi votre soutien : Pétition

https://www.change.org/p/madame-la-ministre-de-la-justice-christiane-taubira-bernard-jean-pierre-lo%C3%AFc-et-yamann-doivent-%C3%AAtre-relax%C3%A9es?recruiter=419031746&utm_source=share_for_starters&utm_medium=copyLink



Première manifestation dynamique le 9 décembre dernier, alors que les officines israéliennes avaient demandé le renvoie de l’audience cf : http://www.europalestine.com/spip.php?article11321

RONNIE KASRILS LE DIT ET LE REDIT : « Opposez-vous aux tentatives d’interdiction du BDS »



Ronnie Kasrils au concert "Free Palestine" organisé par CAPJPO-EuroPalestine le 1er novembre 2014

Vétéran de la lutte anti apartheid, interviewé ce mois-ci par Adri Nieuwhof, il qualifie de "grotesques" les tentatives d’interdire la campagne internationale BDS.

Pendant des décennies, Kasrils a lutté contre l’apartheid en tant que membre du Congrès national africain (ANC) et du Parti communiste. Il a participé à des opérations de la branche militaire de l’ANC, Umkhonto we Sizwe (Fer de lance de la nation). Après la chute de l’apartheid, il a servi comme vice-ministre dans plusieurs gouvernements.

Kasrils est né à Johannesburg en 1938, petit-fils d’immigrants juifs de Lituanie et de Lettonie qui ont fui les pogroms tsaristes pour l’Afrique du Sud à la fin du 19e siècle.

Il explique que le boycott a contribué à l’abolition du régime d’apartheid sud-africain.

« Le BDS a rendu les Blancs en Afrique du Sud vraiment furieux. Mais vous les avez épuisés avec le BDS. Il est arrivé un moment où ils ne pouvaient plus le supporter, et ils ont voulu que ça change ».

"La décision de la banque britannique Barclays de se retirer d’Afrique du Sud en 1988, – après une présence de plus de 150 ans –, « a été la dernière goutte qui a fait déborder le vase ». Mais il rappelle que le militantisme pour le boycott de l’apartheid sud-africain a commencé par un boycott des fruits par les consommateurs, comme les oranges, les raisins et les pommes Outspan. Puis dans les années 1970, Peter Hain en Grande-Bretagne a commencé à perturber les matches sportifs. Avec un groupe, il est descendu sur un court de tennis à Bristol et il a bloqué l’équipe d’Afrique du Sud. « Cela s’est propagé comme une traînée de poudre et est parvenu à d’autres pays ». Le boycott était ouvert à une interprétation créatrice et il est devenu un moyen important pour toucher et attirer les populations.

Puis, des régimes de retraite d’Églises et des syndicats à travers le monde en sont venus à se désinvestir d’entreprises sud-africaines ou d’entreprises qui avaient investi en Afrique du Sud. Ce qui a eu un gros impact.

En 1985, en Amérique, les travailleurs de Kodak ont pris conscience de l’ampleur de la souffrance imposée aux Sud-Africains noirs. Le peuple afro-américain a été pour beaucoup dans la mobilisation anti-apartheid. Grâce à ses sénateurs et représentants au Congrès, le lobby noir a commencé à faire peser une pression énorme sur les entreprises et les banques. La Chase Manhattan a été la première banque à rompre ses liens avec l’Afrique du Sud.

« Israël, déclare Kasrils, est un pays qui présente les pires formes d’injustice, de meurtres, qu’on a vues depuis très longtemps. Il est de ces pays qui, à propos, sont souvent désignés comme fascistes ».

Il s’est rendu en Israël et en Palestine à plusieurs reprises et il confirme que le terme d’aparteid s’applique bien à Israel :

"La définition de l’apartheid fait mention d’actes inhumains commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci. Vous devez mettre en application cette définition pour établir si Israël est en train de mettre en œuvre un apartheid.
Tout Sud-Africain qui s’est engagé dans la lutte pour la liberté et qui s’est rendu en Palestine et en Israël dit, « C’est comme l’apartheid », poursuit Kasrils. « La séparation des populations, les mesures utilisées, ces files d’attente aux check-points, l’humiliation, sont comme l’apartheid. »

L’archevêque Desmond Tutu et de nombreuses autres personnes ont dit qu’en réalité, c’est même pire que l’apartheid : « Nous avons rarement vu l’apartheid larguer des bombes sur les gens ou pénétrer dans les ghettos noirs avec des chars d’assaut et des tirs d’artillerie lourde comme à Gaza. En Afrique du Sud, nous avons vu des massacres atroces et nous avons eu des situations où l’état d’urgence a été déclaré, où le mouvement du peuple noir a été contrôlé, avec des sièges comme à Soweto. Cela durait quelques semaines. Pas année après année comme en Cisjordanie ou à Gaza », se souvient Kasrils.

Beaucoup de gens doutent qu’Israël changera et qu’il respectera les droits du peuple palestinien, mais ils ont tort, estime Ronnie Kasrils, car "La seule façon pour que les juifs d’Israël puissent être sûrs de vivre en sécurité, c’est qu’ils reconnaissent les droits de leurs semblables, ceux du peuple palestinien ».

"Il a été un temps où les gens sentaient qu’il pourrait y avoir une fin à l’apartheid en Afrique du Sud, poursuit Kasrils. L’État blanc avait été très fort. Il a eu d’énormes ressources, et le soutien de l’Occident, notamment de ces mêmes pays qui soutiennent Israël aujourd’hui.
Il s’en est allé à vau l’eau, parce que les gens en Afrique du Sud ont été déterminés. Pour réaliser un changement, il faut l’unité, la détermination, de bons dirigeants, la bonne stratégie, une vision pour l’avenir. Finalement, le résultat pour une juste cause est certain, quel que soit le temps qu’il faut. L’Afrique du Sud a prouvé cela."

Publié par : http://www.france-irak-actualite.com/2016/06/ronnie-kasrils-opposez-vous-aux-tentatives-d-interdiction-du-bds.html

CAPJPO-EuroPalestine


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