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7 septembre 2016

Jean-Marc Rouillan condamné pour délit d’opinion

La « justice » de notre Etat policier a condamné mercredi l’ancien membre du groupe Action Directe Jean-Marc Rouillan à 8 mois de prison pour « apologie du terrorisme ».


Né en 1952, Jean-Marc Rouillan a passé près de 25 ans en prison, de 1987 à 2012, et il a été depuis cette date en liberté conditionnelle seulement.

Il avait été condamné notamment pour le meurtre, au milieu des années 1980, du patron de Renault, Georges Besse, et celui d’un militaire responsable des ventes d’armes françaises à l’Irak de Saddam Hussein, le général René Audran.

Le régime de liberté conditionnelle imposé à Jean-Marc Rouillan est lui-même aberrant, puisqu’il lui est interdit de s’exprimer sur les faits ayant entrainé sa condamnation, le privant donc de la possibilité même de se livrer à une évaluation critique de ses actions passées, qu’il a déjà si chèrement payées.

En fait, l’Etat exige de lui, comme au Moyen-Age, qu’il fasse acte de repentance.

Et comme Rouillan s’y refuse, dès qu’une occasion se présente pour le tourmenter, l’Etat saute dessus.

L’affaire dont le jugement a été rendu mercredi concernait des propos tenus en février dernier par Jean-Marc Rouillan à une radio locale de Marseille, sur les attentats terroristes du Bataclan, perpétrés par des émules de Daech en novembre 2015.

Dans cette interview, Rouillan, qui se réclame toujours du communisme révolutionnaire, condamnait sans ambages l’Etat Islamique qu’il qualifait « d’ennemi », et il se gardait bien de saluer les attentats.

Mais il avait le malheur de parler du « courage » des jeunes auteurs de la tuerie, qui allaient eux-mêmes à la mort -un seul y a échappé- en se lançant dans le massacre.

Au procès pour « apologie de terrorisme » qui s’est tenu au mois de juin à Paris, Jean-Marc Rouillan était d’ailleurs revenu sur l’emploi de ce terme, dont il reconnaissait le caractère inapproprié.

« Je ne suis pas un sanguinaire. Je vois bien les ravages dont ils sont capables, je n’ai aucune compassion pour eux. Mais c’est vrai, j’aurais dû dire ‘déterminés’ au lieu de ‘courageux’ », avait-il expliqué à la barre.

Pour autant, le tribunal de Paris a jugé que Rouillan avait fait preuve « d’empathie » avec les auteurs, et l’a condamné à 8 mois de prison, ainsi qu’au versement de 300 euros de dommages et intérêts à chacune des 30 victimes d’attentats qui s’étaient portées partie civile.

« En fait, c’est la personnalité de Jean-Marc Rouillan et non ses propos qui lui ont valu d’être accusé puis condamné », commentait mercredi à l’énoncé du jugement son avocat M° Christian Etelin.

Rouillan, qui a pour le moment conservé son statut –très contraignant- de liberté conditionnelle, va sans doute faire appel de ce jugement qui illustre bien, comme le déclare son avocat « l’état régressif de la liberté d’expression dans lequel nous avons sombré ces derniers temps ».

CAPJPO-EuroPalestine


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