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19 septembre 2016

BDS : Israël menacé d’exclusion de la FIFA, selon Haaretz

L’étau se resserre autour de l’apartheid israélien dans le domaine du football, estime le quotidien Haarez, qui prédit une exclusion de la fédération israélienne lors de la prochaine réunion de la fédération internationale (la FIFA) au mois d’octobre.



La « neutralité sportive », époque Platini-Blatter

La suspension de la Fédération Israélienne, pleinement complice du régime colonial d’occupation des territoires palestiniens, avait déjà été demandée par la délégation palestinienne au congrès mondial de mai 2015 à Zürich.

Le dossier palestinien d’accusation ne laissait pas de place ou doute : sont là pour le prouver ces footballeurs palestiniens empêchés de pratiquer leur sport, arrestations arbitraires (celle de Mahmoud Sarsak et bien d’autres encore), assassinats et mitraillage volontaire dans les jambes de sportifs, destructions de stades, sans que la Fédération israélienne lève bien sûr le petit doigt.

Mais par un tour de passe-passe, et tandis que le représentant d’Israël jouait les sainte-nitouches devant les congressistes réunis à Zürich, la demande palestinienne avait été retirée de l’ordre du jour dans un brouhaha général. Le patron de la fédération palestinienne, Djibril Rajoub, sans doute écoeuré, avait lui aussi baissé les bras devant cette violation flagrante du règlement de la FIFA.

Et les dirigeants israéliens, qui avaient pu compter sur l’expertise en magouillage des dirigeants de la FIFA (entre autres le Suisse Sepp Blatter, le Français Michel Platini ou cet autre Français moins connu qu’est Jérôme Valcke, tous virés depuis pour leurs tripatouillages financiers respectifs), s’estimaient tirés d’affaire.

Faux, estime le journaliste du Haaretz Rogel Alpher.

Et on le doit à l’une des accusations portées par la Fédération Palestinienne, qui avait, moins que d’autres violations du droit, retenu l’attention jusqu’à présent.

En l’occurrence, la présence dans les championnats nationaux israéliens, de clubs de foot ayant leur siège dans les territoires illégalement occupés de Palestine, les tristement célèbres colonies.

Il s’agit entre autres d’une succursale du Beitar de Jérusalem, le Beitar Giva’t Zeev, qui opère en 3ème division du championnat israélien.


Les autres clubs israéliens implantés en Cisjordanie occupée représentent les colonies de Ma’aleh Adumim, Kiryat Arba (colonie des plus virulentes, à la lisière de Hébron-al Khalil), Bikat Hayarden (dans la vallée du Jourdain), et Ariel.

Et sur ce point, le règlement de la FIFA est formel : pas de place pour des clubs d’une puissance occupante sur le territoire d’un pays occupé. En intégrant la Fédération Palestinienne dans ses rangs en 1998, la FIFA a d’ailleurs clairement stipulé que celle-ci avait bien le monopole de juridiction sur toute la Cisjordanie (ainsi que les autres territoires envahis en 1967 : Jérusalem-Est, bande de Gaza), rappelle Rogel Alpher.

La FIFA a d’ailleurs été confrontée récemment à une situation en partie similaire. Il s’agit de la Crimée, occupée puis rapidement annexée à la Russie en 2014. La FIFA a estimé que l’annexion russe était illégale, et elle a donc interdit aux clubs de Crimée, une région qu’elle considère comme faisant toujours partie de l’Ukraine, de participer aux championnats de la Fédération de Russie.

Et puis, il y a quelques jours, souligne Alpher, pas moins de 66 députés du Parlement européen ont écrit au nouveau patron de la FIFA, Gianni Infantino, pour souligner l’illégalité israélienne et demander qu’il y soit mis fin. Parallèlement, une pétition en ligne exigeant l’expulsion d’Israël de la FIFA a recueilli des centaines de milliers de signatures.

Le régime israélien a bien une porte de sortie, c’est celle qui consisterait à « rapatrier » les clubs des colonies dans des installations situées à l’intérieur des frontières d’Israël internationalement reconnues (celles prévalant avant l’invasion de 1967).

« Perspective peu envisageable : Netanyahou préférerait sans doute avaler une gélule de cyanure plutôt que de céder », écrit le journaliste.

« Alors, conclut-il, Israël doit se préparer à être suspendu de la FIFA, ce qui aura des conséquences globales dramatiques : hors de la FIFA, finie la Coupe du Monde, l’Euro, et toutes les compétitions européennes au niveau des clubs »

La FIFA continuera-t-elle dans le « deux poids, deux mesures », avec une main de fer pour la Russie et un gant de velours pour Israël ?

On verra si la prédiction optimiste d’Alpher se réalise, en espérant que les nouveaux dirigeants de la FIFA, une institution dont la réputation est en lambeaux après une série de scandales, seront plus honnêtes que leurs prédécesseurs.



Stade de Gaza détruit par Israël

Source : http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.742507?v=A50F3CB214C9E8A9D606CE11EF512A33

CAPJPO-EuroPalestine


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