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28 septembre 2016

Non, Shimon Peres n’était pas un homme de paix

Les hommages gouvernementaux et médiatiques se succèdent, ce mardi, à l’annonce du décès du dirigeant israélien Shimon Peres, dans sa 93ème année. Chacun y va de ses trémolos sur « Shimon », censé représenter le « camp de la paix » israélien, par opposition aux « faucons » qui dirigent le pays.

C’est de l’enfumage.

Au cours de sa très longue carrière, terminée en apothéose comme Président de l’Etat d’Israël, Peres n’a jamais dévié d’un pouce du projet sioniste de conquête et de destruction de la Palestine.

« L’homme de paix » ne manquait ni de talent, ni d’entregent en matière de militarisme. Dans les années 1950, il joua par exemple un rôle-clé dans l’acquisition de la technologie d’origine française qui allait permettre à Israël d’introduire l’arme atomique au Moyen-Orient (sans jamais l’avouer, soit dit en passant).


A la différence d’un grand nombre de dirigeants politiques israéliens, Shimon Peres n’avait pas fait préalablement carrière dans l’armée.

Mais cela ne le rendait pas plus pacifiste pour autant. Aucun problème, pour lui, de faire partie de coalitions gouvernementales avec des criminels assumés, comme le terroriste du groupe Stern Yitzhak Shamir devenu Premier ministre dans les années 1980, ou le tristement célèbre Ariel Sharon lors de la terrible vague de répression du peuple palestinien (plusieurs milliers de morts) au début des années 2000.


Lorsqu’il devient lui-même temporairement Premier Ministre –épisode rare, pour l’individu, qui n’était pas très populaire dans l’opinion publique israélienne-, Peres montre que lui aussi sait jouer les « durs ». On lui doit notamment le massacre de Cana, une localité du sud du Liban, où 106 civils, réfugiés placés sous la protection de l’ONU, furent massacrés par les bombardiers de Tsahal.

Jamais hostile à la colonisation des territoires palestiniens, malgré des légendes sur ce point diffusées à l’international, Peres a bien servi jusqu’à ses derniers jours, dans une astucieuse répartition des rôles, en vendant une image floue de « colombe », tandis que ses collègues (Netanyahou, Lieberman, etc) revendiquent leur rôle de brutes.

  • Pour rappel la lettre de Mordechai Vanunu demandant au Comité du prix Nobel de la paix de retirer son nom de la liste des candidats.au Comité du Prix Nobel, intitulée : "Je ne saurais figurer sur une liste de lauréats incluant quelqu’un tel que Shimon Peres"

Jérusalem-Est occupée, le 1er mars 2009,

Chers membres du Comité du Prix Nobel de la Paix (Oslo),

Je suis Mordechaï Vanunu ; j’ai été nominé à plusieurs reprises à la candidature au Prix Nobel de la Paix. C ’est également le cas, en cette année 2009.

Par la présente, je demande au Comité de retirer mon nom de la liste des candidats, cette année. Je ne saurais en effet figurer sur une liste de lauréats incluant quelqu’un tel que Shimon Peres. Il s’agit, en effet, de l’homme qui a présidé de A jusqu’à Z à la politique d’armement nucléaire israélien.

Peres a créé, puis développé, le centre de production d’armes atomiques de Dimona, en Israël. Exactement comme l’a fait le Dr. Khan au Pakistan, Peres a été l’homme derrière la prolifération d’armes atomiques vers l’Afrique du Sud et d’autres pays. Il a aussi été, à titre d’exemple, à l’origine du programme de tests d’armes nucléaires en Afrique du Sud, à partir de 1978.

C’est ce même Peres qui a ordonné que je sois kidnappé à Rome, en Italie, le 30 septembre 1986, et qui a diligenté le procès secret qui m’a condamné pour espionnage et trahison à dix-huit années de prison de haute sécurité, dans un isolement total, en Israël.

Jusqu’à ce jour, il persiste à s’opposer à ma liberté et à mon élargissement, ce, en dépit du fait que j’ai effectué la totalité de ma condamnation, soit dix-huit ans d’incarcération.

Pour toutes ces raisons, je ne veux pas être nominé et je n’accepterai aucune nomination.

Je dirai « Non » à toute nomination de cette nature, aussi longtemps que je ne serai pas libre, c’est-à-dire, aussi longtemps que je resterai contraint à ne pas quitter le territoire israélien.

  • VIDEO DE SON "ACCUEIL" A PARIS A L’OCCASION DE L’INAUGURATION D’UNE "ESPLANADE BEN GOURION" PAR DELANOE

CAPJPO-EuroPalestine


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