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24 décembre 2016

Le droit des Palestiniens réaffirmé à l’ONU : mais Israël ne connaît que la force

En dépit des pressions et menaces israéliennes, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a voté vendredi une résolution confirmant l’illégalité la plus totale de l’occupation et de la colonisation de la Palestine.



(Salle du Conseil de Sécurité de l’ONU, cyniquement appelée "le machin" par un célèbre politicien français)

L’accouchement de cette résolution s’est fait aux forceps. Mercredi encore, le texte élaboré avec la collaboration de l’Autorité Palestinienne, pourtant des plus timides, devait être présenté au Conseil par l’Egypte, l’un des 15 membres de cet organe, qui est en quelque sorte le « gouvernement » de l’ONU.

Mais Netanyahou a appelé son larbin égyptien, le dictateur Sissi, et ce dernier a docilement remis la proposition dans sa poche.

Il s’est alors produit un mini coup de théâtre : 4 autres membres du Conseil de Sécurité –la Malaisie, le Sénégal, le Venezuela et la Nouvelle-Zélande- ont estimé que si l’Egypte se défaussait, eh bien ils reprendraient le texte et le soumettraient au vote.

Ce qu’ils ont fait vendredi. Et là, nouvelle mauvaise surprise pour Israël, les Etats-Unis n’ont pas sorti leur traditionnel véto, pour la première fois depuis plusieurs décennies en matière de résolutions critiquant Israël.

La résolution 2334 a alors été adoptée par 14 voix (dont celle de la France), 1 abstention (celle de la représentante d’Obama), et 0 voix contre.

Est-ce pour autant que le droit international va prévaloir, et qu’Israël va être contraint de reculer, ne serait-ce qu’un tout petit peu (la résolution adoptée se contentant curieusement d’exiger qu’il démantèle les colonies construites … depuis 2001, alors que toutes celles installées depuis l’occupation de 1967 sont clairement définies comme illégales par de multiples déclarations antérieures de cette même ONU) ?

Nullement, et les protagonistes de ce « succès », à commencer par Obama qui aura attendu d’être sur le point de quitter la Maison-Blanche le mois prochain pour jouer au brave après 8 ans passés à soutenir et financer l’armée israélienne, le savent parfaitement.

Car la résolution, adoptée « sous le régime du chapitre 6 », pour reprendre le jargon de machinerie onusienne, ne prévoit aucun mécanisme de sanctions si Israël n’obéit pas.

Les dirigeants israéliens se sont d’ailleurs empressés de dire qu’ils se torchaient avec le papier de l’ONU, et qu’ils continueraient de plus belle l’apartheid et l’assassinat du peuple palestinien, tout en abreuvant d’injures la terre entière

C’est vrai, le gouvernement israélien ne supporte pas la moindre critique de sa politique, même celles qui ne produisent pas d’effet.

Mais il n’y a que l’imposition de sanctions concrètes qui feront reculer l’Etat-voyou. C’est tout le sens de la campagne internationale BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) que nous développerons et amplifierons plus que jamais en 2017.

Un dernier mot, enfin, sur François Hollande, dont le représentant à l’ONU a voté la résolution. Hollande avait promis, avant d’être élu président en 2012, de reconnaître l’Etat de Palestine. Sa majorité parlementaire s’est d’ailleurs prononcée en ce sens il y a plus de deux ans. Mais Hollande, l’homme méprisable qui avait publiquement encouragé Netanyahou à massacrer Gaza en 2014, n’a pas pour autant tenu sa promesse. A quelques mois de la fin de son mandat et alors qu’il a renoncé à tenter de se faire réélire, peut-être Hollande voudra-t-il imiter Obama, et faire preuve lui aussi d’un « courage » de la 25ème heure. A suivre.

CAPJPO-EuroPalestine


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