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30 décembre 2016

2016, année record des démolitions de maisons palestiniennes

Israël a démoli plus de maisons palestiniennes en 2016 qu’en aucune autre année depuis que les Nations-Unies ont commencé à recenser cette catégorie spécifique de crimes de guerre, selon un rapport de l’ONU publié cette semaine.



Cette campagne de démolitions a privé de toit près de 1.600 Palestiniens des territoires occupés de Cisjordanie, et affecté directement l’’existence de 7.000 autres, selon le bureau des Nations-Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA).

Dans la plupart des cas, la démolition intervient pour « défaut de permis de construire », sachant que depuis 50 ans, l’occupant palestinien n’en accorde quasiment pas aux Palestiniens –dont la population grandit évidemment au fil des ans-, et quasiment toujours aux colons juifs.

Le rapport de l’OCHA documente aussi les restrictions à la circulation des populations palestiniennes assiégées et occupées.

Par exemple, le nombre d’obstacles installés par l’armée en Cisjordanie a augmenté de 5% par rapport à 2015.

A mi-décembre 2016, on en comptait pas moins de 472 sur ce territoire grand comme un département français, dont 44 étaient des check-points gardés 24 heures sur 24 par des soldats, 52 autres check-points à temps partiel, 180 monticules de terre, 72 fermetures de routes et chemins par blocs de béton, et 124 grilles fermées en permanence. La grille est l’instrument de choix pour empêcher un agriculteur palestinien de se rendre de son domicile à ses terres cultivables.

Il faut ajouter à ce total un nombre indéterminé de « check-points volants », dont l’existence rend les déplacements des Palestiniens encore plus aléatoires, même après pris en compte les obstacles permanents.

Le rapport de l’OCHA mentionne séparément l’existence de 110 obstacles israéliens déployés dans la zone H2 occupée en permanence à Hébron (al-Khalil), où quelques centaines de colons squattent les maisons palestiniennes sous la protection de milliers de militaires.

Dans le grand camp de concentration à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza, les autorisations d’entrée en Israël (pour soins médicaux, ou pour rejoindre la Cisjordanie et de là la Jordanie, par exemple) n’ont jamais été aussi réduites : 531 personnes par jour en moyenne au cours de l’année 2016, pour une population de 2 millions de personnes.

L’autre sortie de Gaza, via le terminal de Rafah au sud de la bande, n’est guère plus favorable, du fait du blocus impitoyable également imposé par la dictature égyptienne du général Sissi, complice à 100% d’Israël dans la destruction du peuple palestinien : à peine 3.000 passages par jour en 2016, contre 25.000 en moyenne sous la présidence de Mohamed Morsi en 2012/2013, avant le coup d’Etat qui renversa le seul président égyptien jamais élu démocratiquement.

Et puis, plus de 2 ans après le terrible massacre opéré par Israël contre Gaza à l’été 2014, plus de 50.000 Gazaouis n’avaient toujours pas retrouvé de domicile.

Enfin, si l’année 2016 a été moins meurtrière que les précédentes, l’OCHA a quand même recensé 109 Palestiniens tués par l’armée, la police ou des civils israéliens, et 3.247 blessés, majoritairement en Cisjordanie et Jérusalem occupés.

CAPJPO-EuroPalestine


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