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5 janvier 2017

Le tueur Elor Azria, digne représentant de la société israélienne (vidéo)

L’annonce du verdict de culpabilité « d’homicide involontaire » rendu mercredi par un tribunal militaire à l’encontre du soldat franco-israélien Elor Azria (Azarya) a déclenché une émeute à Tel-Aviv où des centaines de voyous de la LDJ, de la Familia (les supporters fascistes du club Beitar Jerusalem) et de l’organisation raciste Lehava ont frappé des journalistes, insulté les juges, et menacé de mort le patron de l’armée qui avait autorisé les poursuites.


(les soutiens d’Azria à la sortie du tribunal)

Mais ce ne sont là que broutilles, estime l’éditorialiste du Haaretz Yossi Verter : les émeutiers ont pu être contenus, et quelques uns emmenés au poste de police.

Le plus grave, dans cette affaire, c’est le soutien publiquement apporté par la classe politique à l’assassin.

Sans surprise, les membres du gouvernement, Netanyahou en tête, ont apporté leur soutien à l’accusé et à sa famille, et entamé immédiatement une campagne pour obtenir sa grâce, avant même de connaître le quantum de la peine (le système judiciaire israélien fonctionne de ce point de vue comme le système anglo-saxon ; la déclaration de culpabilité ou innocence intervient dans un premier temps ; le montant de la peine est prononcé ultérieurement ; et c’est le Président de l’Etat, Reuven Rivlin, qui est seul habilité a accorder des grâces ; rappelons qu’Azria n’a pas fait un jour de prison depuis mars dernier ; il est simplement consigné dans sa caserne, et bénéficie de permissions régulières pour rentrer à la maison).

Même la politicienne de l’opposition Shelly Yacimovich, du Parti Travailliste, s’est jointe à la campagne pour la grâce d’Azria. C’est pour le moins curieux, constate le journaliste Barak Ravid, quand on sait que cette même Yacimovitch s’était opposée avec véhémence à toute libération anticipée de l’ex-Président Moshe Katsav, qui s’est tout de même farci 5 années de prison sur 7 pour un crime (viol d’une collaboratrice) qu’il avait reconnu et pour lequel il avait exprimé son remords.

Azria coupable ? Bien sûr. Mais tous les gouvernements israéliens de ces cinquante dernières années, et tous les citoyens israéliens qui ont voté pour eux, sont responsables, par l’atmosphère qu’ils ont créée, du crime perpétré en mars dernier à Hébron, conclut le journaliste.

MENACES DE MORT CONTRE LE TEMOIN PALESTINIEN


Imad Abu Shamsiyya, l’activiste palestinien qui avait filmé le crime d’Azria (Azarya), n’a cessé de recevoir des menaces de mort, depuis qu’un tribunal a reconnu le soldat coupable d’homicide involontaire. « Ta mort est maintenant inévitable », lui-a-t-on dit.

Au cours d’un meeting de protestation tenu à al-Khalil/Hébron, où l’on craint qu’au final le tueur israélien ne fasse même pas un jour de prison, Abu Shamsiyya a déclaré à l’agence Maan qu’outre les centaines de menaces reçues des colons, assorties de tentatives de corruption pour qu’il retire son témoignage, des membres de la famille d’Azria sont carrément venus à son domicile pour lui promettre le pire s’il ne renonçait pas. Abu Shamsiyya, comme un certain nombre d’autres volontaires palestiniens, avait reçu une caméra de l’association israélienne B’Tselem, afin de pouvoir documenter les innombrables agressions perpétrées par les colons et l’armée d’occupation.

La vidéo de l’exécution perpétrée par Azria en mars dernier étant devenue vitale, le tribunal militaire israélien qui a jugé le soldat aurait eu beaucoup de mal à écarter ce document comme instrument de preuve, malgré toutes les pressions subies, y compris de la part des voyous au pouvoir comme Netanyahou, Lieberman ou Naftali Benett.

Pour empêcher le témoin de s’adresser à la presse internationale mercredi, jour où le procès a été rendu, l’armée israélienne a encerclé le domicile d’Abu Shamsiyya à Hébron, interdisant aux journalistes de lui poser des questions.

PROCES EN TROMPE L’ŒIL, DECLARE UN MINISTRE PALESTINIEN

Pour le ministère palestinien des Affaires étrangères, le procès d’Elor Azria (Azarya) est pour une large part une hypocrisie, d’abord en raison de la légèreté de la peine à laquelle le soldat peut s’attendre (reconnu coupable « d’homicide involontaire » alors que le monde entier l’a vu s’approcher tranquillement d’Abdelfatah al-Sharif qui gisait inanimé au sol, armer son fusil d’assaut et l’exécuter à bout portant), ensuite et peut-être surtout parce que ce procès occulte la culture générale d’impunité que s’accorde la puissance occupante.

Chauffée à blanc par la direction politique du pays, de larges secteurs de l’opinion publique juive israélienne estiment qu’un Palestinien commettant, ou tentant de commettre une attaque contre un juif « doit être exécuté sur le champ, même s’il a été capturé et qu’il ne constitue manifestement pas ou plus une menace ».

CAPJPO-EuroPalestine


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