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18 janvier 2017

Sanglante opération de nettoyage ethnique dans le sud d’Israël (photos, vidéo)

Une terrifiante opération de destruction d’un village palestinien a fait au moins deux morts, mercredi, à Umm al-Hiran, dans la région du Neguev (sud d’Israël).



Avant l’aube, plusieurs centaines (jusqu’à un millier selon certains témoignages) de policiers du régime d’apartheid ont investi le village, accompagnés de bulldozers pour le démolir.

Umm al-Hiran fait partie de ces dizaines de villages palestiniens, notamment bédouins, dits « non reconnus » : ses habitants ont la qualité de citoyens israéliens, et ils paient des impôts, mais le village n’étant « pas reconnu », ce dernier n’a droit à aucun service public : ni adduction d’eau, ni électricité, ni routes, ni écoles publiques !

Et n’étant pas « reconnu », bien qu’habité par les autochtones depuis des générations (bien avant la conquête israélienne de 1948), les permis de construire lui ont toujours été refusés.

Plus de la moitié des 160.000 Bédouins Palestiniens du Neguev subissent un tel régime, mais ils résistent à la pression gouvernementale qui voudrait les envoyer dans des bidonvilles urbains, laissant leurs terres à la colonisation juive du pays.

C’est exactement ce qui se passe à Umm al-Hiran. En 2013, le gouvernement a ordonné l’expulsion de ses habitants et la destruction du village, afin de faire place à l’installation d’une nouvelle colonie juive dénommée « Hiran » (pas besoin de changer de nom, il suffit de gommer ce qui sonne arabe), financée par le Fonds National Juif (KKL), un des principaux organismes coloniaux du sionisme.



Les derniers recours devant la « justice » israélienne ayant échoué, le gouvernement a ordonné le raid.

Alertés de la brutalité de celui-ci, plusieurs députés arabes israéliens sont accourus sur les lieux et ont tenté, sans succès, d’infléchir la position des policiers. Ils ont été à leur tour sévèrement battus, notamment le député Ayman Odeh, qui a reçu une balle (recouverte de caoutchouc) en pleine tête, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.

Plus grave, l’opération a fait deux morts, un résident palestinien de 47 ans, Yacoub Moussa al-Qi’an, et un policier israélien de 37 ans, Erez Levy.


Selon la police israélienne, les policiers ont tiré sur la voiture d’al-Qi’an alors que celle-ci leur fonçait dessus, tuant le « terroriste » après qu’il avait renversé Erez Levy. Pour faire bonne mesure, al-Qi’an, professeur de mathématiques, est décrit sans la moindre preuve comme « sympathisant de l’Etat islamique », ayant « une mauvaise influence sur ses élèves » !

La version officielle israélienne est cependant contredite par plusieurs témoins de la scène, pas seulement des villageois, qui évoquent un assassinat de sang froid de l’enseignant palestinien, mais aussi par le militant juif israélien Kobi Snitz, ainsi que par les éléments recueillis par le journaliste du Haaretz Almog Ben Zikri.

Ce dernier a eu accès à une vidéo de la police, tournée depuis un hélicoptère, où l’on voit et où l’on entend clairement, raconte-t-il, les forces de l’ordre ouvrir un feu nourri en direction du véhicule d’al-Qi’an, alors que celui-ci roule au pas (« à allure très faible », dit-il précisément). Et ce n’est qu’après plusieurs secondes de tirs nourris que le véhicule, dont le conducteur touché a apparemment perdu le contrôle, fait une embardée et touche le policier.

Haaretz n’a pu conserver qu’une image fixe de la vidéo (ci-dessous),

car la police a rapidement supprimé la première séquence de son compte youtube, pour la remplacer par une nouvelle version, laquelle ne commence que lorsque le véhicule ne roule plus au pas !

Le raid sanglant sur Umm al-Hirab s’inscrit dans le cadre d’une accélération des démolitions de maisons palestiniennes non seulement en Cisjordanie occupée mais aussi à l’intérieur des frontières dites « reconnues » d’Israël. Il y a quelques jours, une douzaine de constructions ont ainsi été rasées dans le village palestinien israélien de Qalanswe, toujours au nom de « défaut de permis de construire », lesquels sont systématiquement refusés par les tenants de l’apartheid.

Pendant ce temps, les colons de « l’avant-poste » (terme désignant des colonies non « légalisées » par l’occupant) d’Amona, en Cisjordanie occupée, sont toujours à la même place. Et il y a fort à parier que Netanyahou, aux prises avec une série de scandales de corruption l’impliquant directement, aura à cœur de détourner l’attention de l’opinion publique juive locale, en multipliant les actions de violences spectaculaires contre « les Arabes ».

CAPJPO-EuroPalestine


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