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19 janvier 2017

Tzipi Livni serait interceptée en Belgique pour crimes de guerre lors de sa venue la semaine prochaine

L’ancienne ministre israélienne Tzipi Livni vient à Bruxelles le 23 janvier prochain pour participer à une conférence au Parlement européen. alors qu’un collectif de victimes a déposé une plainte contre elle en Belgique, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la bande de Gaza. Et le Parquet fédéral a confirmé qu’elle serait interceptée par la police judiciaire fédérale pour être auditionnée suite à cette plainte", annonce l’Association Belgo-Palestinienne.



Communiqué de presse de l’ Association Belgo-Palestinienne

Ce lundi 23 janvier 2017, Madame Tzipi LIVNI, ancienne ministre des Affaires étrangères d’Israël, vient à Bruxelles pour participer à une conférence au Parlement européen. *

Elle était ministre des Affaires étrangères au moment de l’opération militaire israélienne « Plomb Durci » dans la bande de Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009.

En date du 23 juin 2010, un collectif de victimes avait déposé plainte en Belgique entre les mains du Procureur fédéral contre certains responsables civils et militaires israéliens de l’époque, dont Madame Tzipi LIVNI, du chef de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la bande de Gaza.

Les plaignants ont logiquement demandé cette semaine au Procureur Fédéral l’arrestation de Madame Tzipi LIVNI à sa descente d’avion lors de son arrivée en Belgique le 23 janvier prochain.

Le Parquet fédéral a confirmé que Madame Tzipi LIVNI serait interceptée par la police judiciaire fédérale lors de son séjour en Belgique pour être auditionnée suite à la plainte déposée contre elle et qu’il y réservera les suites utiles et nécessaires.

Pour rappel, pendant les trois semaines de l’opération militaire « Plomb Durci », 1.500 tonnes de bombes ont été larguées depuis les airs sur les quartiers résidentiels dans la bande de Gaza et des dizaines de milliers d’obus d’artillerie ont été tirés à partir des chars d’assaut, détruisant des milliers de maisons, mais aussi des hôpitaux, des écoles et des mosquées. Les statistiques établies par diverses ONG – et reprises par les Nations Unies – estiment le nombre de victimes palestiniennes, sur 23 jours d’offensive, entre 1387 et 1434, dont 960 civils, plus de 410 enfants et une centaine de femmes. Le nombre de personnes blessées est estimé à 5303, dont beaucoup resteront handicapées jusqu’à la fin de leurs jours. Outre le caractère délibéré de certaines attaques contre des civils, les troupes israéliennes ont également utilisé des armes dont l’usage ou les conditions d’utilisation sont condamnés par le droit international, comme le phosphore blanc, pyrophorique à l’impact, mais également gravement cancérigène à moyen et à long terme.

Le Rapport de la Mission d’établissement des faits de l’Organisation des Nations Unies sur le conflit de Gaza, commandé et avalisé par l’ONU, mieux connu sous le nom de « Rapport Goldstone », énonçait ainsi : « Il est nécessaire d’enquêter sur les personnes soupçonnées de violations graves et, s’il y a lieu, de les poursuivre si l’on veut garantir le respect des droits de l’homme et du droit humanitaire et prévenir la création d’un climat d’impunité. Les États ont le devoir, en vertu du droit international, d’enquêter sur les allégations de violations. »

La décision finale de déclencher l’opération « Plomb durci » a été prise le vendredi matin 26 décembre 2008, lors d’une rencontre entre le Ministre de la Défense Ehud Barak, le chef d’Etat major Gabi Ashkenazi, le chef des services de sécurité Shin Bet/Shabak Yuval Diskin et le chef du renseignement militaire Amos Yadlin. Plusieurs heures plus tard, le Ministre de la Défense Ehud Barak s’est réuni avec le Premier Ministre Ehud Olmert et la Ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni pour une dernière réunion, durant laquelle le trio a donné ses ordres aux forces aériennes de lancer l’offensive.

Lors de l’opération « Plomb durci », les déclarations de certains représentants politiques ou porte-paroles de l’armée sont accablantes. A ce sujet, le Rapport Goldstone indique : La Mission a aussi relevé avec inquiétude les déclarations publiques de représentants d’Israël, y compris de hauts responsables militaires, selon lesquels les attaques contre la population civile et la destruction de biens civils sont des moyens légitimes de parvenir aux objectifs militaires et politiques d’Israël. La Mission estime que de tels propos, outre qu’ils minent tout le régime du droit international, sont incompatibles avec l’esprit de la Charte des Nations Unies et méritent par conséquence d’être formellement dénoncés.

Tzipi Livni, ancienne ministre des Affaires étrangères, et à ce titre responsable des décisions prises pendant l’ « Opération Plomb durci » au même titre qu’Ehud Olmert et Ehud Barak, déclarera « qu’il ne sera pas fait de quartier ». Cette expression, utilisée dans un tel contexte, est constitutive, à elle seule, de crime de guerre, conformément à l’article 136quater, § 1er, 28° du Code pénal belge.

Tzipi Livni déclarera également, le 19 janvier 2009, lors d’une interview sur la chaîne israélienne Channel 10 News : « Israël demonstrated real hooliganism during the course of the recent operation, which I demanded ».Traduction libre : « Israël a fait preuve de réel hooliganisme durant la récente opération, comme je l’ai exigé ».

L’usage disproportionné de la force est donc sans conteste une doctrine planifiée et endossée par les Forces de défense israéliennes. La responsabilité des auteurs présumés identifiés dans la plainte doit être analysée au crible de cet aveu.

Le 10 mars 2010, le Parlement européen a adopté une résolution demandant l’application des recommandations du rapport Goldstone. La résolution appelle les États membres et la Haute Représentante pour les Affaires étrangères à demander publiquement la mise en œuvre des recommandations du rapport Goldstone et « l’établissement des responsabilités pour toutes les violations du droit international, y compris les cas allégués de crimes de guerre ». Finalement, la résolution enjoint les États de l’Union européenne à adopter une « position commune ferme » concernant la suite à donner au rapport Goldstone et demande également que le blocus de Gaza soit levé, le qualifiant de « contraire au droit humanitaire international ».

Il se fait que c’est précisément lors de sa venue au Parlement européen que Madame Tzipi LIVNI sera arrêtée par la police judiciaire fédérale ce 23 janvier 2017."

Madame Tzipi osera-t-elle se rendre en Belgique dans ces conditions et la justice belge tiendra-t-elle ses engagements ?

Contacts presse :

Pour le français : Pierre Galand, Président de l’ABP, Président de OMCT – Europe, Coordinateur général du Tribunal Russell sur la Palestine, ancien-sénateur – Tél : 00 32 475 55 87 54

Pour l’anglais : Frank Barat, coordinator of Russell Tribunal on Palestine. – Tel : 0032 487 15 20 06

Pour le néerlandais : Ludo De Brabander : 0473 51 64 62

Pour l’arabe : Mohamad Raja’i Barakat : Expert en relation euro-arabe – 0472 68 17 76

CAPJPO-EuroPalestine


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