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22 janvier 2017

Milliers de manifestants contre la destruction du village bédouin d’Umm al-Hiran

Des milliers de manifestants ont envahi samedi les rues de la ville d’Arara, au Nord d’Israël, pour protester contre les démolitions de maisons dans les villages bédouins du Nord d’Israël et notamment celui d’Umm al-Hiran où un Palestinien, Yakub Abu al-Kiyan, a été tué mercredi , et un député blessé.




Les manifestants ont bloqué la circulation ainsi que l’autoroute 65, faisant front au jet de grenades assourdissantes et gaz lacrymogènes de la police.

Arborant des drapeaux palestiniens et des photos de Yakub al-Kiyan, ils scandaient des slogans tels que "Unis contre le racisme et les destructions du gouvernement", et "Erdan est un criminel de guerre, en référence au ministre israélien de la "Sécurité publique" Gilad Erdan.

Les manifestants ont marché de la ville d’Arara vers les maisons qui ont reçu des ordres de démolition. Ces démolitions qui s’enchaînent, puisque une semaine avant celles d’ Umm al-Hiran, c’était la ville de Kalansua qui était visée au centre d’Israël.

Plusieurs députés de la liste arabe ont pris la parole, dont Ahmed Tibi qui a exigé la démission du ministre Gilad Erdan, responsable de la mort de Yakub et des affrontements.

Il a également réclamé que le corps de la victime soit restitué sans conditions à la famille.

Le gouvernement a en effet le culot d’exiger de la famille que l’enterrement de la victime se fasse de nuit, dans une autre ville que la sienne, et en présence de moins de 50 personnes, ce que la famille a refusé. Et elle continue à réclamer le corps sans conditions, malgré les pressions subies :

La communauté palestinienne d’Israël a effectué une grève de 3 jours après l’assassinat de Yakub et la démolition des maisons d’Umm al-Hiran.

Ayman Odeh, également député, et tête de liste de la Liste Unie, qui a été blessé par la police mercredi sur les lieux du crime, a rappelé la version réelle des faits, et rappelé que le conducteur de la voiture attaquée par la police ne constituait aucune menace pour quiconque quand on lui a tiré dessus.


"Umm al-Hiran est détruit afin qu’une communauté exclusivement juive, qui conservera le nom de Hiran, puisse être construite sur les ruines des maisons de ces familles", commente le Journaliste Jonathan Cook qui est basé à Nazareth..

"Israël n’a jamais inscrit Umm al-Hiran dans un plan d’aménagement du territoire, de sorte que maintenant la localité peut être déclarée “illégale” et ses habitants considérés comme des “squatteurs” et des “intrus”. Ces familles sont donc, pour la deuxième fois, la cible d’un nettoyage ethnique, non pas en période de guerre, mais en temps de paix et par leur propre État. Et elles sont loin d’être les seules. Des milliers d’autres familles, et leurs villages, subissent le même sort. La vérité, c’est que rien n’a changé depuis les années 1950. Israël continue à se conduire comme si la loi martiale s’imposait toujours à ses citoyens palestiniens. C’est toujours un “État juif”, c’est-à-dire un État où les droits des Juifs prévalent toujours face à ceux qui Palestiniens, théoriquement eux aussi “citoyens”. Et il traite toujours les non-Juifs comme une menace, comme un ennemi.

Israël n’est pas un État normal. C’est une ethnocratie, et elle est dirigée par une variante du nationalisme ethnique qui a déchiré l’Europe il y a un siècle. Ayman Odeh est un leader qui fait campagne pour la paix et l’égalité entre les citoyens Juifs et Palestiniens. Aujourd’hui, il a reçu la réponse [de l’État juif]. La place qui lui est réservée est d’être meurtri, ensanglanté et brisé, rampant dans la poussière. Tel est le langage d’un “État juif”", écrit Jonathan Cook.

Sources : Maan News et Haaretz

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