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31 janvier 2017

Une grosse claque pour le laboratoire israélien Teva

Le laboratoire israélien Teva a subi lundi une grosse claque aux Etats-Unis, où un tribunal a invalidé les brevets censés protéger le médicament-vedette de la firme, Copaxone*, de la concurrence de produits génériques.



Teva, largement subventionné par le régime d’apartheid (c’est la grande entreprise israélienne qui a le régime fiscal le plus favorable du pays, avec un impôt sur les bénéfices de 5% seulement), se présente comme le champion mondial des génériques, synonymes, dans la promotion qu’il en fait, de médicaments moins chers pour le malade et/ou l’assurance maladie.

C’est loin d’être toujours le cas, car dans un certain nombre de pays et pour certains produits, les génériques, que ce soient ceux de Teva ou d’autres fabricants, ont des prix presque aussi élevés que ceux de la molécule originale.

Mais là n’est pas l’aspect le plus important de l’affaire du jour.

Le paradoxe, avec Teva, c’est que cette firme spécialisée dans le médicament générique réalise en réalité la plus grande partie de son bénéfice avec l’un de ses très rares produits « princeps », autrement dit un produit sur lequel il conserve une exclusivité, Copaxone*.

Traitement de certaines formes de la sclérose en plaques (SEP), Copaxone* a généré l’an dernier des ventes de plus de 4 milliards de dollars, et procuré à la firme plus de bénéfices que les centaines de génériques de l’ensemble de sa gamme.


Comment Teva y parvient-il ? Grâce à des prix de vente incroyablement élevés de Copaxone*, dont le traitement annuel dépasse les 50.000 € par malade aux Etats-Unis (et environ 10.000 € en France, intégralement pris en charge par l’assurance maladie).

On comprend dans ces conditions que Teva se batte bec et ongles pour maintenir son monopole sur Copaxone*, un médicament pourtant ancien, et tente d’interdire l’arrivée sur le marché de compétiteurs génériques.

Mais un tribunal américain a statué lundi que les brevets d’invention dont se réclamait Teva pour son Copaxone*, pour lesquels le laboratoire revendique une protection exclusive jusqu’en 2030, n’étaient pas sérieux.

Ainsi, alors que les brevets protégeant la forme classique d’administration du médicament –à savoir, l’injection de 20 mg une fois par jour- sont tombés dans le domaine public et connaissent déjà une concurrence générique, Teva avait cru pouvoir prolonger l’essentiel de son monopole en commercialisant une nouvelle présentation, à raison de 40 mg mais trois fois par semaine.

Malgré l’avantage apporté au patient (3 piqures par semaine au lieu de 7), cette modification du protocole d’utilisation ne constitue pas pour autant une innovation, et les brevets ne sont donc pas valides, a tranché le tribunal. La décision de justice a donc ouvert la voie à la concurrence par génériques également sur les seringues remplies à 40 mg.

Il s’en est suivi un effondrement de la valeur de Teva sur les places boursières (à New-York et Tel-Aviv), l’action de l’entreprise atteignant son cours le plus faible depuis dix ans.

Teva a eu beau déclarer aussitôt qu’il ferait appel de la décision du tribunal de l’Etat du Delaware, cela n’a pas réussi à rassurer les analystes financiers.

Ces derniers se demandent notamment comment l’entreprise israélienne, dont la croissance s’est faite par une boulimie d’acquisitions à crédit (les produits Theramex et ratiopharm, par exemple), va pouvoir rembourser sa dette géante de 36 milliards de dollars, soit plus que la valeur en bourse de tout le groupe (sa « capitalisation boursière », comme on dit).

Ajoutez à cela les 500 millions de dollars d’amende que vient de prendre le laboratoire dans une affaire de pots-de-vin, ainsi que l’annonce de poursuites par plusieurs Etats des USA pour entente sur les prix avec d’autres génériqueurs, et vous aurez une idée des perspectives plutôt sombres qui attendent le chouchou de Netanyahou et sa bande.

Quand on sait que cette firme profite pleinement de l’occupation criminelle des territoires palestiniens, en imposant ses produits à un marché captif sans même se donner la peine de traduire ses notices en arabe, on ne s’en plaindra pas.


CAPJPO-EuroPalestine


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