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18 février 2017

La colonisation, « crime contre l’humanité » selon une majorité de Français

La colonisation est effectivement un crime contre l’humanité et le gouvernement « devrait présenter des excuses officielles pour les meurtres et exactions commis durant la colonisation », estiment une majorité de Français sondés au lendemain des déclarations d’Emmanuel Macron sur le sujet.





Comme nous l’avons écrit il y a deux jours, Macron, en dénonçant la colonisation française à l’occasion d’un déplacement en Algérie, n’a pas d’autres visées qu’électoralistes. Car ce même individu, capable de fustiger le colonialisme de la France aux XIXème et XXème siècle, applaudit en même temps le gouvernement israélien dont la colonisation sanglante de la Palestine a lieu, tous les jours, sous nos yeux, et en toute impunité.

Il n’empêche que le candidat « En Marche » a peut-être plus de flair politique que ses concurrents, car plus de 50% des sondés par l’institut IFOP se déclarent d’accord avec son discours à la télévision algérienne.

C’est le cas de 65 à 70% des sondés se situant « à gauche » (Front de Gauche, Parti Socialiste) et des jeunes de moins de 35 ans. Mais on constate également que près d’un tiers des sympathisants du Front National estiment eux aussi, n’en déplaise à leur leader Marine Le Pen, que la colonisation est un crime contre l’humanité.

Le « coup médiatique » de Macron a en outre eu pour effet de mettre au jour les positions pour le moins douteuses, sur la question coloniale, des deux concurrents situés théoriquement à sa gauche, que sont Mélenchon et Hamon. L’un et l’autre sont issus, soit dit en passant, de ce parti « socialiste » dont les responsabilités criminelles pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie furent écrasantes.

La palme, dans cette polémique de la campagne présidentielle, revient à Jean-Luc Mélenchon.

Invité à réagir au discours de Macron, le candidat de la « France insoumise » a commencé par tourner autour du pot avec un très général « nous condamnons tous la colonisation ».

Mais ce fut pour aussitôt faire marche arrière : la colonisation de l’Algérie, voyez-vous "c’est un sujet très douloureux », à propos duquel « on ne doit pas dire de bêtises », et qu’il faut au final « laisser aux historiens ».

Benoît Hamon n’a pas été plus brillant. Plutôt que d’inviter Macron à débattre du colonialisme aujourd’hui (après tout, l’un et l’autre aspirent à diriger les affaires de la France), Hamon a cherché à noyer le poisson.

Après avoir qualifié les propos de Macron de « confus et indécis », ce qu’à l’évidence ils n’étaient pas, Hamon a fini par lâcher le morceau : « « Je considère que sur cette question, avant de dire que c’est un crime contre l’humanité, il faut dire que l’on en assume les conséquences. Je ne sais pas si Emmanuel Macron les assume mais moi je me refuse à m’aventurer sur ce terrain-là », a-t-il déclaré.

En somme, Hamon et Mélenchon ont sur la question coloniale des positions incontestablement plus rétrogrades que celles de leurs propres électeurs, ou électeurs potentiels. Qu’ils ne viennent pas se plaindre si ces derniers en tirent les conséquences.

CAPJPO-EuroPalestine


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