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19 février 2017

L’impunité face aux violences sexuelles policières lors des contrôles d’identité

Après l’affaire Théo, les langues se délient, et Mediapart publie un reportage édifiant, montrant que les violences à caractère sexuel exercées par les policiers lors des contrôles d’identité sur des Noirs et des Arabes, au moyen de palpations et de paroles, dans un but d’humiliation et de démasculinisation, sont une pratique courante.


La France a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour des sévices sexuels perpétrés par les policiers. Si le viol est un acte assez rare, on ne peut en dire de même d’actes moins médiatisés, et dont les jeunes n’osent pas parler.

Mediapart a recuelli des témoignages auprès d’avocats, d’animateurs de quartiers, et auprès de certains jeunes qui n’osaient pas en parler à des tierces personnes.

Il apparait que les fouilles avec des arrêts prolongés au niveau des parties génitales, ainsi que des doigts glissés le long de la raie des fesses, sans pénétration, sont ainsi une pratique plus fréquente que les coups.

"Ce n’est pas fait pour faire mal, c’est une violence psychologique, pour humilier, attaquer sur les éléments sensibles dans la culture et la psychologie des jeunes des quartiers. » rapporte
Issa, 36 ans, qui dit s’être lui-même fait contrôler plus d’une centaine de fois dans sa vie.

Ce sont les jeunes de 14 à 20 ans qui sont le plus l’objet de ce type d’attouchements, même si les contrôles peuvent intervenir dès l’âge de 10 et 11 ans, et dans des situations où la sécurité n’est pas en jeu.

Alors, à quoi bon parler de ces humiliations, disent ces jeunes ? « Même quand il y a des violences, des traces, des preuves, les jeunes n’arrivent à rien en justice ». À Aulnay, il a d’ailleurs fallu l’affaire Théo et son immense retentissement pour que Mohamed K. raconte avoir été tabassé par un des policiers ayant agressé le même Théo, comme l’a révélé L’Obs.

Dans ces conditions, pourquoi faire état d’un « simple » attouchement, qui ne laisse aucune trace, et qui risque d’attirer plus de moqueries que de compassion ? Que vaudra la parole d’une victime face à celle des policiers ? « Les jeunes savent bien que s’ils protestent lors d’un contrôle, on va leur coller un outrage, qu’ils passeront du statut de victime à coupable. »

Omer Mas Capitolin, éducateur et président de l’association MCDS, a recueilli d’autres témoignages rapportant des pratiques de harcèlement sexuel policier, dans les XIe et XIXe arrondissements de Paris, à Conflans, à Saint-Denis, Aubervilliers ou encore Saint-Ouen.

« Quand j’étais jeune, raconte-t-il, on nous demandait de baisser notre froc et de nous pencher pour voir notre trou de balle version panoramique. Mais sans attouchements. C’était déjà humiliant. Depuis les années Sarko, les jeunes subissent des palpations pour voir s’ils n’ont pas quelque chose de planqué, et hop, je te glisse le doigt dans la raie des fesses. C’est régulier, et ça devient systématique. Ça fait partie du cérémonial et c’est accompagné de paroles du genre “T’es une tafiole ?”, “Tu fais le malin, petite fiotte ?”. » Ou encore, comme le rapporte l’avocat Slim Ben Achour, des propos visant à humilier au sein d’un groupe : « Alors Mohamed, qu’est-ce qui t’arrive quand je te touche ? Ce serait pas une érection ? »

Et l’impunité est non seulement garantie aux policier, mais les jeunes qui protestent risquent de se voir embarqués et condamnés pour outrage à agents ou rébellion.

D’ailleurs, après l’agression de Théo, « la seule proposition de loi qui touche de près ou de loin aux contrôles actuellement [celle qui assouplit les règles de légitime défense pour les policiers – ndlr] vise à durcir les peines pour outrages aux forces de l’ordre. Alors qu’aucune politique publique ne s’attaque à la question des contrôles abusifs ».

Lire l’article intégral sur Médiapart

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