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12 mars 2017

A Bethléem, la police de Mahmoud Abbas tire sur la foule palestinienne

La police de l’Autorité Palestinienne a pris le relais de l’armée israélienne en ouvrant le feu, dimanche soir, sur des manifestants dans le camp de réfugiés de Deheisheh (Bethléem), rapporte l’agence de presse Maan News.

Des centaines de Palestiniens, principalement jeunes, avaient formé un cortège, dans le courant de l’après-midi, pour protester contre le maintien, par l’appareil judiciaire, d’un procès intenté à 6 militants, dont l’un, Basel al-Araj, a été assassiné la semaine dernière par l’armée israélienne, et 4 des 5 autres sont actuellement emprisonnés par Israël !

Les manifestants entendaient également dénoncer la violente répression d’une manifestation, plus tôt dans la journée à Ramallah, où avait lieu la parodie d’audience judiciaire à l’encontre des 6 (au cours de cette première manifestation à Ramallah, au moins 11 Palestiniens ont été blessés par les sbires de Mahmoud Abbas, dont plusieurs journalistes ainsi que l’un des frères de Basel al-Araj).



(Basel al-Araj : torturé par "l’Autorité", assassiné par Israël)

L’agence Maan, qui travaille généralement avec prudence, notamment lorsque l’Autorité Palestinienne est mise en cause, fait état de témoignages concordant sur l’emploi, non seulement de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, mais aussi de tirs à balles réelles, contre les manifestants, qui jetaient pierres et bouteilles incendiaires en direction des policiers.

Dans cette courte vidéo, on peut entendre les coups de feu tirés par la police de Mahmoud Abbas, indique l’agence de presse Maan News.

Basel al-Araj, Mohamed Harb, Haitham Siyaj, Mohamed al-Salamin, Seif al-Idrissi, et Ali Dar al-Sheikh, avaient été arrêtés puis torturés par l’Autorité Palestinienne au printemps 2016, sous l’accusation de détention d’armes, Mahmoud Abbas revendiquant fièrement la mesure, au nom d’une impérieuse « coordination sécuritaire israélo-palestinienne ».

Pour autant, malgré la torture et les mauvais traitements directement inspirés par leurs maîtres israéliens, les flics du Pétain palestinien se montraient incapables de monter un dossier de mise en examen.

Et les 6 décidèrent d’entrer en grève de la faim, un mouvement héroïque qui amena l’Autorité Palestinienne à les libérer en septembre 2016.

L’ignoble « coopération sécuritaire » avec Israël joua aussitôt : 4 des 6, Harb, Siyaj, al-Salamin et al-Idrissi furent immédiatement « cueillis », à la sortie de leur prison palestinienne, par Israël, qui les détient toujours (en détention dite « administrative », c’est-à-dire sans jugement ni même mise en examen).

Al-Araj parvint à se cacher pendant plusieurs mois, mais, sans doute « donné » par Abbas ou d’autres collaborateurs, il a été assassiné il y a quelques jours par l’armée d’occupation. Agé de 31 ans, Basel al-Araj était très populaire auprès de la jeunesse palestinienne, en tant que « combattant de la liberté, intellectuel, et théoricien », écrit la rédaction de Maan News.

C’est pourquoi le comportement du tribunal de Ramallah, qui se proposait de juger dimanche Araj et ses camarades pour « menace d’attentat contre Israël », a particulièrement choqué l’opinion palestinienne.

L’avocat des 6, M° Muhannad Karaja, avait préalablement demandé à la cour de renoncer aux poursuites, mais le magistrat présidant l’audience a eu l’obscénité d’exiger que pour ce faire, il lui fallait « la preuve documentée » que Harb, Siyaj, al-Salamin et al-Idrissi étaient effectivement détenus par Israël.

Qu’à cela ne tienne ! M° Karaja a produit les documents requis. Mais le juge a persisté, et seulement renvoyé l’audience au 30 avril prochain. « Peut-être bien qu’à cette date, les 4 auront été libérés par Israël », a-t-il osé. Quant au renoncement des poursuites contre Basel al-Araj, il n’a été acté qu’après présentation de son Acte de décès par l’avocat.

Un porte-parole de l’Autorité, Adnan al-Dmeiri, a justifié la sanglante répression en disant que les manifestations étaient le fait « d’agents de l’étranger ». Terme que ce triste individu n’emploie évidemment jamais pour désigner l’armée d’occupation.

Source : http://www.maannews.com/Content.aspx?id=775918

CAPJPO-EuroPalestine


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