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11 avril 2017

Présidentielle : les candidats et la Palestine

Sur les onze candidats à la présidentielle, rares sont ceux tels Philippe Poutou ou François Asselineau, qui se prononcent pour le respect des droits du peuple palestinien par l’adoption de sanctions contre l’Etat d’Israël tant que celui-ci pratiquera l’occupation coloniale ; plusieurs autres, notamment François Fillon, Emmanuel Macron, ou Marine Le Pen, ont manifesté à maintes reprises leur alignement sur le régime d’apartheid, notamment lorsqu’ils étaient au gouvernement pour les deux premiers. Jean-Luc Mélenchon propose la reconnaissance par la France de l’Etat palestinien dans les frontières de 1967, sans en dire beaucoup plus. Enfin, quelques uns sont muets ou presque sur le dossier.

Jean-Luc MELENCHON :


Dans le programme l’Avenir en Commun (https://laec.fr/section/61/agir-pour-une-paix-juste-et-durable-entre-israel-et-la-palestine), l’équipe du candidat écrit :
"Les conditions d’une paix juste et durable au Proche-Orient sont connues. Elles sont inscrites dans les résolutions de l’Onu depuis 1967. Il manque la volonté politique de les faire appliquer. La France doit reconnaître l’État palestinien et prendre une initiative pour la paix entre cet État et Israël.

"Nous proposons de réaliser les mesures suivantes :

Reconnaître l’État palestinien
Appuyer la solution à deux États coexistant pacifiquement par l’application pleine et entière des résolutions de l’Onu (reconnaissance du droit souverain du peuple palestinien à disposer d’un État viable et indépendant, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem Est pour capitale et dans le respect du principe du droit au retour des réfugiés)".

Par ailleurs, sous la plume de l’une des responsables de sa campagne électorale, le candidat s’est engagé, s’il est élu, à faire abroger la circulaire dite "Alliot Marie" enjoignant les parquets d’engager des poursuites contre les militants appelant au boycott des produits dits israéliens
(http://www.plateforme-palestine.org/IMG/pdf/ra_c_ponse_jlm2017_plateforme_des_ong_franapaises_pour_la_palestine_080217.pdf)

Cependant, Jean-Luc Mélenchon ne reprend pas, dans sa plate-forme électorale, le soutien à la campagne BDS (Boycott - Désinvestissement - Sanctions), que son parti, le Parti de Gauche, avait signé il y a quelques années.

François ASSELINEAU :

Axant l’essentiel de son discours sur le "Frexit" (la sortie de la France de l’Union Européenne), François Asselineau prend quand même position sur d’autres sujets, dont le dossier Israël/Palestine. C’est à voir dans la vidéo ci-dessous.

Philippe POUTOU :


Sur son site de campagne, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) Philippe Poutou, se prononce clairement pour l’adoption de sanctions contre Israël tant que cet Etat foulera au pied les droits élémentaires du peuple palestinien. A lire, ci-dessous, son interview :

Les déclarations du candidat Philippe Poutou sur la Palestine

1. Considérez-vous que l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, tout comme le blocus depuis 10 ans de la Bande de Gaza, constituent des obstacles majeurs à la paix ?

Bien entendu. La politique de l’État d’Israël, faite d’expansion territoriale, de dépossession et d’enfermement des Palestiniens, est contradictoire avec toute idée de « paix ». C’est une guerre coloniale qui est menée contre le peuple palestinien, fondée sur la négation de leurs droits nationaux (et du droit international). La « paix » ne sera possible que lorsque les droits des Palestiniens seront satisfaits : cela implique de renverser la tendance actuelle et de s’opposer à toutes les illusions générées par le soi-disant « processus de paix » qui n’est que la poursuite de la guerre coloniale par d’autres moyens.

2. Reconnaissez-vous au peuple palestinien le droit de revendiquer la fin de l’occupation et de la colonisation, le démantèlement du Mur et la levée du blocus de Gaza, l’égalité des droits des Palestinien-ne-s d’Israël et le droit au retour des réfugié-e-s palestinien- ne-s, conformément à la résolution 194 du Conseil de Sécurité de l’ONU ?

Oui ! Et nous ne sommes pas les seul-e-s... Ces revendications sont non seulement légitimes, mais elle sont qui plus est consacrées et reconnues par le droit international. Ce sont ceux qui les contestent ou les combattent qui sont hors-la-loi !

3. Êtes-vous d’accord pour estimer, comme Mme Federica Mogherini, représentante de l’Union Européenne pour la politique internationale, que le mouvement BDS relève de la liberté d’expression contre un État et ses représentant-e-s qui ne respectent pas le droit international et les droits humains universels ?

Tout à fait ! Critiquer un État qui méprise le droit international et les droits des peuples est parfaitement légitime, et le mouvement BDS se contente de revendiquer l’application des droits nationaux du peuple palestinien. Exiger des sanctions contre Israël relève également de la liberté d’expression : c’est une revendication politique de bon sens.

4. Choisirez-vous de défendre cette liberté d’expression et le droit des citoyen-ne-s d’appeler au boycott, en décidant l’abrogation des circulaires Alliot-Marie et Mercier qui demandent aux procureurs de poursuivre les militant-e-s en justice ?

Oui. Ces dispositifs qui criminalisent le mouvement BDS sont une honte pour ceux qui les ont mis en place. C’est le monde à l’envers : on poursuit en justice ce qui demandent... la justice et l’application du droit, et on se refuse à adopter des sanctions contre un État qui bafoue le droit.

5. Que ferez-vous pour contraindre Israël à respecter les droits du peuple palestinien, le droit international et les résolutions de l’ONU ?

Il semble évident qu’Israël ne comprend rien d’autre que le rapport de forces. Les « négociations » mises en scène depuis 25 ans le démontrent amplement. Il s’agit donc aujourd’hui de développer des mécanismes contraignants : sanctions économiques, embargo sur les armes, rupture des relations diplomatiques, suspension de l’accord UE-Israël, exigence du remboursement des infrastructures financées par l’UE et détruites par Israël (comme
l’aéroport de Gaza), exclusion d’Israël des fédérations et compétitions sportives internationales, etc. Dans le même temps, nous devons apporter un soutien concret aux Palestiniens qui tentent malgré tout de continuer à vivre dignement.

6. Vous engagez-vous à mettre en place des sanctions contre l’État israélien comme l’embargo sur les armes, et à intervenir pour que l’Union Européenne décide la suspension de l’accord d’association UE-Israël ?

Oui. (voir réponse précédente)

source : https://poutou2017.org/programme/palestine

Nathalie ARTHAUD :

Dans sa brochure programmatique d’une quarantaine de pages, la candidate de Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud dénonce les menées guerrières de l’impérialisme, et notamment celles de l’impérialisme français, mais ne consacre pas une ligne à la situation du peuple palestinien.

Son programme : http://www.nathalie-arthaud.info/sites/default/files/documents/faire-entendre-le-camp-des-travailleurs-1702.pdf

Marine LE PEN :

Contrairement à certaines idées reçues, la dynastie Le Pen, Jean-Marie puis Marine, a pratiquement toujours su concilier, au fil des décennies, antisémitisme et soutien à l’Etat d’Israël. C’était incontestable du temps de Jean-Marie, qui applaudissait depuis les années 1950 les agressions israéliennes contre des pays arabes et pratiquait lui-même la torture des résistants algériens, tout en recrutant chez les nostalgiques de Vichy et multipliant lui-même les éructations anti-juives.

Sa fille Marine vient de faire un petit coup « à la papa » en affirmant, contre toute évidence, que « la France » n’était pas responsable de la grande rafle dite « du Vel d’Hiv » de juillet 1942 à Paris, lorsque plus de 13.000 juifs, hommes, femmes et enfants, furent arrêtés par des policiers bien français avant d’être livrés à la machine d’extermination nazie et déportés dans les camps de la mort. Mais parallèlement, Fifille Le Pen, gardienne des valeurs de « l’Occident » et apôtre d’une croisade contre « l’islamisme », fait les yeux doux à Israël et au lobby israélien. En 2014, elle prend position pour les fascistes de la « Ligue de Défense Juive », tandis que cet hiver, elle envoie un de ses lieutenants en Israël y rencontrer des dirigeants politiques de ce pays.

Emmanuel MACRON :

Dès le début de sa campagne, Macron a multiplié les gages en direction des dirigeants du régime d’apartheid, « Il n’est pas souhaitable, a-t-il dit, de mettre la pression sur l’État hébreu ». Autrement dit, il convient de laisser faire la colonisation de la Palestine. Et au cas où les choses ne seraient pas assez claires, le candidat a condamné comme il se doit la campagne citoyenne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). Rappelons également que Macron était bien l’un des ministres de Hollande en juillet 2014, lorsque ce dernier a donné sa bénédiction à Netanyahou pour massacrer la population de Gaza, et qu’on ne l’a pas entendu émettre la moindre réserve.

François FILLON :

Des 11 candidats, François Fillon a été le seul à diriger un gouvernement, et on peut donc le juger sur ses actes et pas seulement sur ses paroles. Premier ministre pendant 5 ans sous la présidence Sarkozy de 2007 à 2012, Fillon a ainsi fidèlement accompagné les agissements du régime d’apartheid tout au long de son mandat.

Benoit HAMON :

Au cours des débats de la primaire socialiste, Benoît Hamon avait été le seul à se prononcer, à la télévision, pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine, à la différence de son concurrent Manuel Valls, l’homme qui se proclame « éternellement attaché à Israël ».

Mais dès le lendemain de sa victoire à la primaire, Hamon a multiplié les signes d’allégeance au lobby israélien, avec pas moins de deux visites au CRIF en l’espace d’une semaine. Pas sûr que cela lui ait profité, à voir sa dégringolade dans les sondages.

Jacques CHEMINADE :

Rien sur la situation au Proche-Orient dans le « projet » de Jacques Cheminade, si ce n’est une approbation des opérations militaires françaises dans la région. Et si le candidat se prononce pour une sortie de la France de l’OTAN, c’est pour réclamer une augmentation de la panoplie guerrière de la France, notamment de son armement nucléaire !

Nicolas DUPONT-AIGNAN :

Dans son projet (http://www.nda-2017.fr/theme/affaires-etrangeres),

Une généralité qui ne mange pas de pain :

"Veiller à la reconnaissance d’Israël par tous les Etats de la région et permettre la création d’un Etat palestinien viable », où l’on remarque quand même qu’un préalable, la reconnaissance d’Israël par tous les Etats de la région », est exigé avant l’éventuelle émergence d’un "Etat palestinien viable ».

Jean LASSALLE :

Rien sur Israël/Palestine dans le projet de Jean Lassalle. Le candidat demande par ailleurs le retrait "des "forces françaises impliquées dans des guerres en Orient, au Mali…, ainsi que la sortie du commandement intégré de l’OTAN, mais aussi un sensible renforcement de la marine de guerre.

CAPJPO-EuroPalestine


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