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4 août 2017

Alstom et Systra, deux entreprises françaises qui participent à l’expropriation des Palestiniens

L’association israélienne Whoprofits, qui enquête sur la colonisation et documente régulièrement les violations du droit international, vient de publier un rapport accablant sur les responsabilités des firmes françaises Alstom et Systra dans l’annexion de territoires palestiniens, via le tramway qui relie Jérusalem aux colonies israéliennes de la Cisjordanie occupée.



Il apparait dans ce nouveau rapport qu’Alstom, dont l’Etat français est le premier actionnaire, s’ll a bien vendu ses actions dans l’exploitation du tramway, continue plus que jamais à fournir ses services et passer des contrats pour l’extension et la maintenance de cette entreprise coloniale qui renforce l’apartheid israélien.

"De même, Systra, société détenue par la RATP (42 %), et par la SNCF (42 %) , ainsi que par des banques françaises, "joue un rôle essentiel dans le planning et l’exécution de l’expropriation des terres palestiniennes" souligne Whoprofits.

"Alors que le Mur et les checkpoints continuent à priver les Palestiniens de leur liberté de circulation, un système de tramways conçu pour les colons leur assure la possibilité de circuler à leur aise des deux côtés de la Ligne Verte. Et les firmes étrangères portent une lourde responsabilité dans cette situation, puisqu’Israël, en l’absence d’expertise dans ce domaine, n’aurait pu le construire sans elles", écrit Whoprofits.

Pour relier Jérusalem Est, qui rappelons-le n’appartient pas à Israël, aux colonies illégales de Cisjordanie, il faut en effet exproprier de nombreux propriétaires palestiniens, et fragmenter un peu plus la population palestinienne de Jérusalem Est.


Ainsi, plus de 81.600 m2 de terres palestiniennes ont été expropriés à Jérusalem Est, sans compter, ce qu’Israël avait déjà confisqué avant le lancement du tramway, qui est venu s’ajouter aux routes de contournement et bus rapides réservés aux colons.

Après un appel d’offres lancé en 2000, la construction de ce tramway, qui ne pouvait se passer d’opérateurs étrangers, a commencé en 2006 et la première ligne a été mise en service en 2011. Dès que les travaux complémentaires seront terminés, elle transportera 100.000 colons par jour.

De nombreuses objections ont été déposées par les résidents palestiniens dès le départ, mais elles ont été écartées, Israel assurant que le tramway serait utile à tous les usagers, y compris les Palestiniens.

En réalité, sur les 23 arrêts que compte cette première ligne, seuls 3 desservent des quartiers à population majoritairement palestinienne. Et pour ce qui de la 2ème ligne en projet, une seule station sur 40 sera située dans un quartier intéressant les Palestiniens de Jérusalem Est.

L’UNESCO a fait remarquer de son côté que les rails du tramway, trop proches des murs de la Vieille Ville, menaçaient son intégrité, en plus de dénaturer le paysage. Mais il n’en a aucunement été tenu compte.

"Les colonies israéliennes, souligne le rapport de Whoprofits, sont construites de manière à empêcher toute continuité entre les quartiers palestiniens de Jérusalem et à couper ces derniers de la Cisjordanie".

"Les 263.000 habitants palestiniens de Jérusalem Est ont un statut de résidents mais pas de passeport israélien. Normalement, il s’agit d’un statut de résidents permanents, mais Israel a déjà réussi à en expulser 14.000 depuis 1967."

" Depuis cette même date, précise le rapport, Israel a confisqué 38,3 % des terres palestiniennes de Jérusalem-Est pour construire des colonies aux plus de 200.000 colons qui s’y sont installés, tandis que 10,8 % supplémentaires étaient "gelés" et 14,7 % déclarés "zone non constructible. Il ne reste donc que 13,8 % de leurs terres aux Palestiniens de Jérusalem-Est pour se loger".

"Entre 2010 et 2015, indique Whoprofits, la municipalité de Jérusalem a donné des permis de construire pour 11.603 appartements, dont 878 seulement à des Palestiniens. Et dans le même temps, elle a fait démolir plus de 2000 maisons palestiniennes pour "défaut de permis". Et cette entreprise de démolition des maisons s’est terriblement accélérée ces derniers mois".


Pourtant, fait remarquer le rapport, les colonies implantées à Jérusalem Est sont illégales au regard de l’article 49 de la Convention de Genève.

Mais cela ne semble pas troubler Alstom qui s’est impliqué en connaissance de cause dans l’amplification de ces violations, avec la construction du tramway, la livraison de nouveaux wagons, et un contrat de maintenance de tout ce matériel pour une durée de 22 ans !

"Alstom fait peu de cas de ses engagements envers le United Nations Global Compact, souligne l’association israélienne, rappelant que la firme française a signé, dans ce cadre, des clauses concernant le respect des droits de l’Homme".

Alstom a même remis le couvert en décembre 2016, en s’associant à la firme israélienne Mobileye pour un projet pilote concernant de nouvelles lignes de ce tramway, qui relieront Jérusalem-est à d’autres colonies.

On peut "féliciter" son PDG, Henri Poupart Lafarge, et l’Etat français, pour avoir aussi bien intégré le mépris qui caractérise Israël en matière de droit international et de droits de l’Homme.

Même chose pour la RATP et la SNCF, principaux détenteurs de Systra, qui affirme pourtant dans sa charte "promouvoir les droits de l’Homme" et "placer l’éthique au coeur des relations commerciales". (Cf : https://www.systra.com/en/systra-group/responsibility/article/responsibility)

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source et rapport intégral : https://www.whoprofits.org/content/tracking-annexation-jerusalem-light-rail-and-israeli-occupation

CAPJPO-EuroPalestine


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