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3 août 2017

Gaza : Les femmes enceintes et leurs nouveaux-nés contaminés par les métaux lourds liés aux attaques israéliennes

La revue scientifique de référence British Medical Journal (BMJ Open) vient de publier une étude menée à Gaza sur 502 femmes enceintes au moment de l’attaque israélienne de 2014, montrant un taux élevé de contamination de leurs cheveux exposés aux métaux lourds, ainsi que des cheveux des enfants auxquels elles ont donné naissance.


Les métaux lourds utilisés pendant les guerres, contiennent des éléments toxiques, tératogènes et cancérigènes. Ils sont connus en tant que perturbateurs endocriniens. Ils s’incrustent dans l’environnement, s’accumulent dans les corps, et leurs effets sur les êtres vivants persistent d’autant plus que ces métaux lourds ne sont pas retirés de l’environnement (armes, éclats d’obus, de missiles, ruines contaminées...). Des chercheurs italiens, finlandais et gazaouis viennent de montrer qu’ils constituent un risque présent pour la santé pour les femmes enceintes et leurs enfants, y compris à long terme.

Ces chercheurs ont analysé les quantités de 23 sortes de métaux dans les cheveux de Palestiniennes de Gaza, enceintes à l’été 2014, ainsi que dans ceux des enfants qu’elles ont mis au monde par la suite, et ils les ont comparées avec la teneur en métaux dans les cheveux des femmes en dehors de zones de guerre.

Ils ont également étudié la transmission in utero des métaux lourds, ainsi que l’hypothèse d’une transmission sans rapport avec la guerre.

Ils ont utilisé pour cela la spectométrie couplée Plasma-Mass (ICP-MS) et effectué des comparaisons avec des groupes exposés à des produits chimiques domestiques et agricoles.

Leurs conclusions font apparaître une charge en métaux lourds nettement plus élevée sur les femmes exposées aux attaques militaires, ainsi que sur leurs nouveaux-nés, plus fréquemment affectés par des malformations ou par une naissance prématurée, chez lesquels ont été retrouvés des taux plus élevés que la normale de mercure et de sélénium, ainsi que de barium et d’étain.

Ils ont également documenté que la fréquence de l’exposition aux attaques militaires était d’environ 70% des cas parmi l’échantillon aléatoire de 502 mères, ce qui suggère une contamination globale de l’ensemble de la population.

Ils recommandent "la surveillance, le bio-monitoring et une recherche plus poussée sur ce sujet d’intérêt public", pour lequel, soulignent-ils, "on ne peut écarter le risque de mutations génétiques transgénérationnelles", d’autant que des malformations à la naissance ont été constatées de manière plus fréquente chez les nouveaux-nés irakiens et gazaouis exposés à des attaques militaires (notamment après l’attaque israélienne sur la bande de Gaza de 2008-2009).

Auteurs de la recherche : Paola Manduca, Safwat Y Diab, Samir R Qouta, Nabil Albarqouni, Raiija-Leena Punamaki

Avec l’aide de Fabrizio Minichilli, et Fabrizio Bianchi, Directeur de l’Unité de recherche en épidémiologie environnementale, Institut de Physiologie Clinique de Pise (Italie), pour l’analyse statistique.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source et article intégral ici : http://dx.doi.org/10.1136/bmjopen-2016-014035

CAPJPO-EuroPalestine


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