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5 septembre 2017

Mahmoud, 13 ans : Après avoir tiré sur lui, l’avoir blessé et arrêté, ils tentent d’en faire un "informateur"

L’armée la plus morale a tiré sur Mahmoud Qaddumi, 13 ans, près de Qalqilya,en Cisjordanie, puis l’a arrêté et soumis à un interrogatoire destiné à le convaincre de devenir un infomateur de l’armée d’occupation, rapporte l’ONG Defense Children International (DCI).



Mahmoud Qaddumi (Photo : DCIP)

Cela s’est passé le 23 juillet dernier, et la fameuse "police des frontières" —de l’Etat qui ne s’en reconnait pas— a tiré une balle dans chacune des jambes de Mahmoud, alors qu’il était chez lui à l’est de Jayyus, près du Mur de l’apartheid et de l’annexion.

"L’un des militaires m’a ordonné de m’arrêter et je me suis aussitôt arrêté, sans faire un seul geste", a témoigné sous serment le jeune garçon. "Malgré cela, l’un d’entre eux m’a tiré une balle réelle dans une jambe, et lorsque j’ai essayé de partir en courant, il m’en a logée une deuxième dans l’autre jambe."

Mahmoud a également été blessé par des fragments d’une 3ème balle tirée tout près de lui, alors qu’il était à terre, et il a perdu beaucoup de sang.

Cette unité bien connue pour sa brutalité et les atrocités qu’elle a commise — ce qui n’empêche aucunement Arnaud Klarsfeld de se vanter d’en avoir fait partie —l’a embarqué dans un véhicule militaire et Mahmoud s’est réveillé le lendemain dans un service de soins intensifs à l’hôpital, encadré par deux soldats.

Pendant son hospitalisation, il a été interrogé sans la présence d’un avocat ni d’un membre de sa famille et a été fortement incité à devenir informateur au service d’Israël, rapporte DCI.

A l’hôpital, Mahmoud a reçu une transfusion sanguine et a été opéré. Mais cela n’a pas empêché les agents israéliens de poursuivre les interrogatoires dès le 27 juillet. Il a été accusé d’avoir jeté des pierres, ce qu’ila nié, mais il n’a pas été informé de ses droits et a signé une déclaration en hébreu sans la comprendre.

Puis l’agent qui l’interrogeait lui a offert 200 shekels (50 euros) et un téléphone portable, "en échange d’informations".

"‘Tiens ce téléphone est à toi, et l’argent aussi, mais dès que tu seras de retour chez toi, tu vas te mêler aux enfants qui jettent des pierres et troublent l’ordre public, et tu nous passe un coup de fil pour nous dire leurs noms".

Mahmoud a refusé.

Ses parents n’ont pu le voir à l’hôpital. ET c’est seulement le 31 juillet que Mahmoud a compris qu’il n’était plus en détention, car les agents israéliens avaient disparu de sa chambre d’hôpital. Un tribunal militaire a néanmoins réclamé 4000 shekels, soit plus d’un millier d’euros, et une caution de 5000 shekels (1300 euros) pour que sa famille ait le droit de venir le voir.

Mahmoud est toujours traité à l’hôpital Meir en Israël. Il fait partie des 500 à 700 enfants détenus et traduits devant des tribunaux militaires israéliens chaque année, souligne DCI.

"Nombreux parmi eux sont soumis à ce chantage afin qu’ils acceptent de devenir des informateurs, ce qui est interdit par le droit international qui prohibe l’utilisation des enfants dans les conflits armés, mais quand il s’agit d’Israël, personne ne dit rien", déclare Ayed Abu Eqtaish, directeur de DCI.

“Il est également courant, ajoute-t-il, que l’armée israélienne tire sur des Palestiniens en l’absence de toute menace, blessant ou tuant des enfants. Dans un contexte où l’impunité est la norme, un enfant peut se conformer aux ordres des militaires et être néanmoins visé, blessé et parfois handicapé à vie".

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Defense Children International : https://www.facebook.com/DCIPS/videos/1641208639284322/

  • (avec vidéo de Mahmoud sous-titrée en anglais)

Contact : advocacy dcips.org

CAPJPO-EuroPalestine


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