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21 septembre 2017

A qui profitent les guerres : Comment Lafarge a alimenté les caisses de Daech

Le cimentier Lafarge aurait versé plus de 20.000 euros par mois pendant 2 ans à Daech pour pouvoir maintenir son usine et ses bénéfices en Syrie, en "mettant en danger l’intégrité physique de ses salariés et en les exposant au pire", révèle l’enquête en cours pour "financement d’entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie d’autrui". Et il semblerait que l’Etat français ait fermé les yeux sur cette situation...



Gageons que les médias ne nos parlerons pas beaucoup de la manière dont le gouvernement entend "déradicaliser" Lafarge et tous les profiteurs de guerre, qui viennent ensuite verser des larmes de crocodile sur les victimes d’attentats.

On peut se demander également à quoi servent "l’état d’urgence" et la "lutte anti-terroriste" si des firmes qui ont pignons sur rue peuvent alimenter le terrorisme avec une telle facilité ?

Trois ex-salariés syriens ont été entendus et un rapport des douanes conclut que la direction en France a validé "des paiements aux groupes djihadistes" pour continuer à travailler dans le pays en guerre.

Les juges d’instruction chargés de cette affaire très sensible tentent de déterminer les liens qu’a pu entretenir le géant du ciment notamment avec l’organisation Etat islamique (EI), pour faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit, la cimenterie de Jalabiya (nord du pays).

L’enquête porte aussi sur la connaissance qu’auraient eu des responsables du groupe en France de ces agissements et du danger qu’ils ont pu faire courir aux employés sur place.

Un informaticien, un ingénieur et un employé chargé des emballages, venus de Syrie pour répondre à la convocation des magistrats, ont été entendus cette semaine, a appris l’AFP de source proche de l’enquête. "Ils ont confirmé le caractère accablant des éléments qui pourraient être retenus contre Lafarge", a indiqué à l’AFP leur avocate Marie Dosé.

Dans son rapport, dont l’AFP a eu connaissance, les magistrats concluent que Lafarge a "effectué des paiements aux groupes djihadistes" via un intermédiaire pour que la cimenterie continue à fonctionner. Et la direction des douanes révèle que la direction française du groupe Lafarge, qui a fusionné en 2015 avec le suisse Holcim, "a validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables".

Lafarge est aussi soupçonné d’avoir acheté du pétrole à des groupes djihadistes, là encore pour que ces derniers lui permettent de poursuivre son activité.

L’enquête suggère aussi que la décision du cimentier de rester en Syrie a reçu l’aval des autorités françaises. "Le gouvernement n’a jamais incité Lafarge à partir de Syrie", a souligné M. Herrault, tandis que M. Jolibois a relevé avoir été "régulièrement en contact avec le Quai d’Orsay et la DGSE".

"La seule gestion de Lafarge était une gestion financière en dehors de tout critère humanitaire : le groupe n’a pas hésité à mettre en danger l’intégrité physique de ses salariés et à les exposer au pire", a déploré Me Dosé.

L’EI avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014. Ce jour-là, d’après "le Monde", la direction n’a pas prévenu les employés de l’imminence d’un raid, et ils avaient dû se sauver par leurs propres moyens.

Source : L’Obs avec AFP

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