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15 novembre 2017

Teva et Altice (SFR) s’effondrent en bourse : complot antisémite ?

La Bérézina continue pour le fabricant israélien de médicaments génériques Teva, rejoint cette semaine dans la débâcle par la société Altice, maison-mère de l’opérateur de télécoms SFR du financier franco-israélien Patrick Drahi.



(le "prince de la finance" Drahi, lors de l’introduction d’Altice à la bourse de New-York ; un peu "marteau", non ?)

Des sites israéliens, jamais avares de compliments pour vanter les prouesses de leur « start-up nation », ont, sans surprise, crié à des « manœuvres antisémites » pour expliquer la déconfiture.

La réalité est plus prosaïque.

Teva et Altice ont en effet ceci en commun d’avoir manifestement eu les yeux plus gros que le ventre, en multipliant les acquisitions au prix d’un endettement insensé, dont le remboursement semble de plus en plus compromis.

Teva, enfant chéri du gouvernement israélien et gros profiteur de l’occupation des territoires palestiniens, qui représente pour lui un marché captif non négligeable, affiche ainsi une dette de plus de 30 milliards d’euros, alors que sa principale « vache à lait », le traitement de la sclérose en plaques Copaxone*, se voit à présent concurrencé, par une version générique du même produit.

La situation est particulièrement ironique quand on sait que Teva a fondé son développement sur la vente de médicaments génériques, alors même que ses profits proviennent principalement de son seul gros produit de marque, Copaxone*, et que ce dernier est rattrapé à son tour par le générique d’un autre laboratoire pharmaceutique !

Le cours en bourse de Teva a ainsi chuté de 70% au cours des douze derniers mois, au point que la valeur théorique du laboratoire ne dépasse pas cette semaine les 10 milliards d’euros, trois fois moins que sa dette.

Et ce n’est apparemment pas fini : l’agence de notation Fitch vient de dégrader la crédibilité des emprunts de Teva, les ravalant au rang « d’obligations pourries », manière de dire que les prêteurs ne sont pas sûrs de récupérer leur mise quand ces emprunts arriveront à échéance. Pour noircir encore un peu plus le tableau, un analyste boursier de la banque HSBC estime que le cours de bourse de Teva, 10 € ces jours-ci, est encore deux fois trop cher.

La perspective n’est pas plus réjouissante pour le groupe de Patrick Drahi : ce dernier a acquis en moins de trois ans plusieurs poids lourds des télécoms, dont le français SFR, en promettant aux banques qui lui prêtaient l’argent qu’il allait en « dégraisser » les effectifs et ainsi pouvoir les rembourser rapidement. Drahi, en même temps qu’il se constituait un empire dans les médias (chaîne israélienne I24news, BFMTV, Libération, L’Express), a effectivement supprimé des milliers d’emplois à SFR, mais cela a eu pour effet, outre d’augmenter le chômage, d’endommager gravement le fonctionnement de l’opérateur de téléphonie : les clients sont partis en nombre à la concurrence (Orange, Bouygues, Free), et la rentabilité du groupe en a été affectée, entrainant à son tour une chute sans précédent du cours boursier.

Le titre a perdu la moitié de sa valeur depuis le début du mois, sa capitalisation boursière ressortant à 12 milliards d’euros, à comparer à une dette de plus de 50 milliards d’euros, 4 fois plus !

Selon des rumeurs rapportées par la presse financière spécialisée, la panique serait telle que Patrick Drahi aurait vendu une partie de ses propres actions Altice, ce qui ne peut qu’amplifier le mouvement de spirale baissière dans un univers financier lui-même complètement fou.

CAPJPO-EuroPalestine


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