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14 décembre 2017

Birmanie/Myanmar : des milliers de Rohyngas assassinés, avec la bénédiction des dirigeants israéliens

Près de 7.000 membres de la minorité musulmane des Rohyngas, en Birmanie (Myanmar), ont été massacrés au cours du seul mois de septembre 2017 par l’armée de ce pays, a annoncé jeudi l’ONG Médecins sans Frontières.


Rappelons que les militaires au pouvoir en Birmanie sont notamment armés par Israël qui refuse de respecter l’embargo sur les exportations d’armes vers ce pays décrété par les Nations-Unies.

Il y a deux mois, alors qu’une pétition avait été lancée en Israël pour dénoncer ce scandale criminel, le ministère israélien de la Défense y avait opposé une fin de non recevoir, déclarant cyniquement qu’il n’avait pas l’intention d’arrêter ses ventes, dès lors « qu’il y avait des violences des deux côtés » !

Aucune confirmation officielle de l’arrêt de fournitures aux tueurs n’a été annoncée. Apparemment, Israël n’est pas le seul Etat à armer la junte birmane, mais c’est le seul qui ne peut pas s’empêcher de s’en vanter. La firme israélienne Tar Ideals Concept vient ainsi de se féliciter d’un contrat passé pour la vente et l’entrainement des « forces spéciales » de la junte à l’utilisation de son fusil « à tirer dans le coins », le CornerShot, et son système de visée à angle de 90° !

(le "Cornershot" israélien : tuer sans prendre de risques)

(le Super Dvora israélien livré aux génocidaires : impeccable pour mitrailler en zones aquatiques)

Alors que 640.000 musulmans rohingyas ont trouvé refuge au Bangladesh pour fuir ce que l’ONU qualifie d’« épuration ethnique », Médecins sans frontières dresse un bilan alarmant sur le degré de violence subie par ces populations apatrides.

Selon les estimations les plus prudentes, au moins 6.700 Rohingyas, dont 730 enfants de moins de cinq ans, ont été tués uniquement lors du premier mois d’une campagne militaire dans l’ouest de la Birmanie entre le 25 août et le 24 septembre, a estimé ce jeudi Médecins sans frontières, qui a mené une étude dans les camps de réfugiés au Bangladesh.

Pour cette période d’un mois, dans l’Etat d’Arakan en Birmanie où se déroulent les violences, l’ONG a enregistré des taux de mortalité pour les Rohingyas près de dix fois supérieurs à ceux de la période allant du 27 mai au 24 août. En cause, les violences qui sont à l’origine de 71% des plus de 9000 décès enregistrés dans cette partie de la Birmanie qui jouxte le Bangladesh.

Mais « le nombre de décès est vraisemblablement sous-estimé », a précisé le Dr. Wong de MSF, qui a interrogé plus de 11.000 réfugiés au Bangladesh. L’étude de MSF n’a en effet porté que sur 80% des réfugiés nouvellement arrivés. « Si nous appliquons [ces taux de mortalité] à l’ensemble de la population [déplacée récemment], environ 11.393 personnes sont mortes, dont 1.713 enfants de moins de cinq ans. Parmi ces décès, 8170 l’ont été à la suite de violences, dont 1247 enfants », précise l’ONG qui estime que les chiffres sont probablement plus élevés encore dans la mesure où l’étude ne prend pas en compte les personnes qui n’ont pas pu fuir la Birmanie, ou les familles dont tous les membres ont été tués.

Des familles entières mortes à l’intérieur de leurs maisons incendiées

L’exode se poursuit encore aujourd’hui et les personnes qui fuient « disent avoir subi des violences ces dernières semaines », rappelle MSF. Un bilan très loin des chiffres fournis par l’armée birmane qui a jusqu’ici évoqué environ 400 morts du côté des « terroristes » rohingyas,

Pour l’ONG, « l’ampleur et la nature des violences mises au jour sont effroyables ». « Nous avons entendu des personnes raconter que des familles entières avaient péri après que les forces armées les ont enfermées dans leurs maisons avant d’y mettre le feu », raconte le Dr. Wong. Sur l’ensemble des 6.700 morts par violence, les enquêtes montrent que 69% ont été tués par balles, 9% à la suite de brûlures mortelles, 5% de tabassages, 2.6% après des violences sexuelles.

La campagne de répression de l’armée birmane entamée le 25 août faisait suite à des attaques de postes de police par les rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA). Les généraux birmans restent très puissants malgré la dissolution en 2011 de la dictature militaire qui a joué sur la peur de l’islamisation de la Birmanie pendant ses décennies au pouvoir.

(cohorte de réfugiés fuyant le génocide)

Critiquée pour sa passivité, la dirigeante Aung San Suu Kyi est restée très en retrait depuis le début de la crise alors que les violences et discriminations contre cette minorité musulmane se sont intensifiées ces dernières années.

CAPJPO-EuroPalestine


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