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31 décembre 2017

Famille Tamimi : « Ils nous accuseraient bien du crime d’être nées Palestiniennes »

Ci-dessous un compte rendu de l’audience pourrie (voir le traducteur d’hébreu en arabe !) qui a eu lieu le 28 décembre au tribunal militaire israélien d’Ofer, où comparaissaient à tour de rôle Ahed Tamimi, sa mère Narriman, et sa cousine Nour. Procès renvoyé au premier janvier. Soyons prêts pour une mobilisation ! En attendant la pétition d’Avaaz pour leur libération avait dépassé les 233.000 signatures dimanche matin.


Ahed Tamimi au tribunal militaire d’Ofer, le 28 décembre 2017

Le soir du jeudi 28 décembre, la famille et les amis de Nariman, Ahed et Nour Tamimi se sont assemblés dans la salle d’audience du camp militaire d’Ofer, dans l’attente du dernier verdict concernant les trois femmes.

L’armée israélienne avait arrêté Ahed et Nour, après la publication d’une vidéo où on les voit taper et chasser les soldats armés, de leur cour. On a arrêté Nariman Tamimi - la mère d’Ahed - quand elle s’est rendue au commissariat de police de Binyamin pour prendre des nouvelles de sa fille âgée de 16 ans et être là comme tutrice, du fait qu’Ahed est mineure.

Pendant l’audience de jeudi, on a amené Nour, jeune fille fluette, âgée de 20 ans, menottée, entourée de quatre gardiennes de prison. Tandis qu’elle essayait de communiquer avec ses parents, placés au fond de la salle, le parquet a réclamé une prolongation de cinq jours de sa détention. Plus tard, six jours pour Nariman et sept pour Ahed.


Nariman Tamimi et Nour Tamimi au tribunal militaire, le 28 décembre 2017

Il n’y a pas encore d’accusation officielle contre les femmes de la famille Tamimi. Nariman est soupçonnée de coups et blessures sur un soldat et d’avoir provoqué et entravé un soldat » et d’avoir aussi pris part à des « émeutes ». De même, Ahed Tamimi aussi détenue sous prétexte d’avoir « agressé » et « insulté » des soldats.

Nawal Tamimi, la tante d’Ahed, a déclaré à Mondoweiss : « Pour tout dire, c’est l’occupation. S’ils le pouvaient, ils nous accuseraient officiellement du crime d’être nées Palestiniennes ».

La mère de Nour, Boshra Tamimi, essaye de garder son sang-froid, non loin de sa fille. Nour et Nariman sont escortées jusqu’à la sortie. Dehors, Boshra essaye d’oublier sa frustration : « C’est une parodie de tribunal ». Lorsque l’audience d’Ahed va commencer, elle soupire : « Retour dans cet asile de fous ».

L’audience d’Ahed se passe dans le désordre et le procès se fait en hébreu, tandis qu’un interprète traduit mal la discussion. À un moment donné, l’interprète des Tamimi semble s’endormir, à un autre, il sort, l’air de rien, avec son téléphone.

Quand Ahed est amenée, son père, Bassem lui parle de ses frères et sœurs : Ils vont bien. Sa tante lui dit qu’elle l’aime.

Le parquet commence à formuler les accusations contre Ahed, tandis qu’elle essaye de comprendre ce qu’on dit. Elle avait exercé son droit au silence durant l’interrogatoire, bien que les israéliens l’aient malmenée : longues heures sans manger dans de terribles conditions, selon Bassem.

Dans la salle d’audience, Ahed est assise, vêtue d’un gilet de prison marron deux fois trop grand, mais elle sourit et envoie des baisers. Non, le parquet se trompe, sa fille n’est pas un épouvantail, selon Bassem.

Gaby Lasky, l’avocat des Tamimi, rappelle au tribunal « le droit de résister à l’invasion de son chez-soi » et « le droit de s’opposer à l’occupation ».
Alors que les accusations que fait le parquet contre les Tamimi sont celles d’agression, de provocation et de violence, on ne dit mot, au cours du procès, sur la violence du soldat et sur le fait qu’on se trouve sur une terre jugée occupée, selon le droit international. À la fin de l’audience, Bassem est pessimiste : « Je pense qu’elles seront condamnées à la prison ».

Tandis qu’Ahed et Nariman peuvent s’attendre à une sévère condamnation à la fin de l’audience, le juge pense qu’il est possible que Nour soit relâchée sous caution en début de semaine, si le parquet ne fait pas appel. Toutefois, Ahed et Nariman doivent être détenues jusqu’au début de la mise en examen. La prochaine audience aura lieu le 1er janvier 2018.
À la fin de l’audience d’Ahed, celle-ci est escortée jusqu’à la sortie et son père a peur. Nawal pleure : « On t’aime, sois forte ».

Dehors, les membres de la famille reprennent leurs affaires et partent en voiture vers la prison d’Ofer. Nawal et Boshra s’inquiètent du cousin de Nariman, Manal Tamimi. Peu de temps avant le procès, elle aussi a été arrêtée par l’armée israélienne, alors qu’elle soutenait les prisonniers devant les portes d’Ofer.
À Nawal de plaisanter : « À mon avis, Israël s’apprête à ouvrir une section spéciale pour nous, les femmes de la famille Tamimi ». On parle de l’audience et on prend des renseignements sur Manal : « Celle-ci ira à Hasharon ».

« On continue à se faire arrêter par l’occupant, au nom de la justice » …
Retour au village de Nabi Saleh, vers les maisons silencieuses, vides de mères et de filles.

Relaté par Mariam Barghouti, journaliste basée à Ramallah

(Traduit par Chantal C. pour CAPJPO-EuroPalestine)

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