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15 janvier 2018

Rassemblements à Paris et en province pour la libération d’Ahed et de tous les prisonniers palestiniens

Dans plusieurs villes, dont Paris, Marseille, Lyon et Nîmes, se tiendront ce week-end des rassemblements pour réclamer la libération d’Ahed Tamimi, de sa mère, de son cousin et de tous les prisonniers politiques palestiniens, dont les 350 enfants détenus par l’occupant israélien !
Dans la capitale, nous vous attendons nombreux pour soutenir la résistance palestinienne, à partir de 14 H ce samedi 20 janvier, à la Fontaine des Innocents (Sortie du Forum des Halles).

Premiers rassemblements annoncés :

  • VENDREDI 19 JANVIER A MARSEILLE

Rassemblement à 17h30

Sur le Vieux Port, à proximité de l’Ombrière

  • SAMEDI 20 JANVIER A LYON

RV à15 H PLACE DE LA REPUBLIQUE

  • SAMEDI 20 JANVIER A NÎMES

RASSEMBLEMENT SUR L’ESPLANADE CHARLES DE GAULLE

DE 14 H à 17 H 30

  • SAMEDI 20 JANVIER A PARIS

RV à 14 H À LA FONTAINE DES INNOCENTS

METRO-RER : CHÂTELET-LES HALLES

  • Les commentaires de Jonathan Cook en direct de Nazareth :

"Ahed Tamimi, âgée de seize ans, n’est peut-être pas ce que les Israéliens avaient en tête quand, pendant de nombreuses années, ils avaient reproché aux Palestiniens de ne pas avoir produit un Mahatma Gandhi ou un Nelson Mandela.

Finalement, les peuples colonisés mettent au premier plan une figure à même de remettre en question les valeurs pourries qui sont au cœur de la société qui les opprime. Ahed est bien qualifiée pour cette tâche.

Elle a été accusée d’agression et d’incitation après avoir giflé deux soldats israéliens lourdement armés qui refusaient de quitter la cour de sa maison familiale dans le village de Nabi Saleh, près de Ramallah, en Cisjordanie. Sa mère, Nariman, est en détention pour avoir filmé l’incident. La vidéo est rapidement devenue virale.

Les commentateurs occidentaux ont largement refusé à Ahed le genre de soutien enflammé réservé aux manifestants pour la démocratie dans des endroits comme la Chine et l’Iran. Néanmoins, cette écolière palestinienne – qui risque peut-être une longue peine de prison pour avoir défié ses oppresseurs – est rapidement devenue une icône des médias sociaux.

Pendant des années, elle et d’autres villageois se sont affrontés chaque semaine avec l’armée israélienne qui impose la domination des colons juifs sur Nabi Saleh. Ces colons se sont emparés de force des terres du village et de l’ancienne source, une source d’eau vitale pour une communauté qui dépend de l’agriculture.

Avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus perçants, Ahed a souvent été filmée depuis son enfance, affrontant des soldats qui se dressent au-dessus d’elle. Non seulement elle défie les stéréotypes israéliens sur les Palestiniens, mais elle a porté un coup à l’illusion d’une culture fortement militarisée et masculine au sein de la population occupée.

Elle a également donné un visage aux enfants palestiniens maintenus dans l’anonymat, qu’Israël accuse de lancer de pierres. Chaque année, des centaines de personnes passent par les prisons israéliennes, accusées d’avoir jeté des pierres. Avec des taux de condamnation supérieurs à 99 % dans les tribunaux militaires israéliens, la culpabilité et l’incarcération de ces enfants sont une conclusion inéluctable.

Ceux-là ont peut-être de la chance. Au cours des 16 dernières années, l’armée israélienne a tué en moyenne 11 enfants par mois.

Comme on pouvait le prévoir, les politiciens israéliens sont furieux. Naftali Bennett, le ministre de l’Education, a appelé Ahed à « mettre fin à sa vie en prison ». La ministre de la Culture, Miri Regev, une ancienne porte-parole de l’armée, a déclaré qu’elle se sentait personnellement « humiliée » et « anéantie » par Ahed. Mais le plus troublant c’est qu’un débat médiatique a qualifié de « honte nationale » l’échec des soldats à frapper Ahed en réponse à ses gifles. Le vénérable animateur de télévision Yaron London a exprimé son étonnement que les soldats « se soient abstenus d’utiliser leurs armes » contre elle, se demandant s’ils « hésitaient par lâcheté ». Les menaces de Ben Caspit, un des principaux analystes israéliens, étaient encore plus sinistres. Dans une colonne en hébreu, il a dit que les actes d’Ahed ont fait « bouillir le sang de chaque Israélien ». Il a proposé de la soumettre à la vengeance « dans le noir, sans témoins ni caméras », ajoutant que sa propre forme de vengeance le conduirait directement en prison.

Ce fantasme – de violer de sang-froid une enfant incarcérée – aurait dû écœurer chaque Israélien. Et pourtant, Caspit est toujours en sécurité dans son travail.

Ahed a mis en lumière la maladie d’une société accro à la déshumanisation et à l’oppression des Palestiniens, y compris des enfants, alors que le droit international est clair. Les Nations Unies ont déclaré que les personnes sous occupation sont autorisées à utiliser « tous les moyens disponibles », y compris la lutte armée, pour se libérer.

Selon le commentateur israélien Gideon Levy, le cas d’Ahed démontre que les Israéliens refusent aux Palestiniens le droit non seulement d’utiliser des roquettes, des fusils, des couteaux ou des pierres, mais même ce qu’il appelle ironiquement un “soulèvement des gifles”.

Ahed et Nabi Saleh ont montré que la résistance populaire non-armée – si elle doit gêner Israël et le monde – ne peut se permettre d’être passive ou polie. Elle doit être intrépide, antagoniste et perturbatrice. Surtout, elle doit tenir un miroir à l’oppresseur. Ahed a démasqué le tyran armé qui se cache dans l’âme de trop d’Israéliens. C’est une leçon digne de Gandhi ou de Mandela.

Version originale : http://www.redressonline.com/2018/01/ahed-tamimi-offers-israelis-a-lesson-worthy-of-gandhi/

Traduction : Avic

CAPJPO-EuroPalestine


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